Réflexion

Le Bonheur est un Chat

Bonsoir à tous !

Ce soir, c’est une ode aux chats que je m’apprête à écrire.

Eux, qu’Annie Duperey qualifie de « personnes félines » (et ô combien elle a raison) ; ces « chats, puissants et doux, orgueil de la maison » que Baudelaire magnifiait dans ses poèmes, sont des créatures aussi merveilleuses que fascinantes.

Délicatesse, mystère, indépendance, tendresse, caractère sont des mots qui décrivent parfaitement les chats.

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Malgré la mauvaise réputation qui leur collait à la peau au Moyen-Âge, réputation de sorcellerie, de bêtes du diable ou d’animaux de mauvais augure (d’où le parfum de superstition qui s’attache toujours aux chats noirs…) ils ont acquis un statut honorable de nos jours ; comme quoi, aucun préjugé n’est bon…

J’ai toujours vécu entourée de chats, d’aussi loin que je m’en rappelle. Et toutes ces petites personnes félines ont toutes vécu des histoires fantastiques…

Aussi, pour moi, chat est synonyme de bonheur. Eux et moi avons tendance à nouer de profondes relations, basées sur la confiance ; et comme par hasard, la plupart du temps, lorsque je croise un chat dans la rue (surtout un chat roux ; ils sont tellement affectueux !), ils viennent me dire un petit bonjour.

Actuellement, nous avons cinq chats à la maison, deux femelles et trois mâles. Et l’arrivée, l’année dernière, d’un chaton squelettique, malingre, infesté de puces, difficile d’approche, a signé le commencement d’une magnifique histoire, entre lui et moi.

Vous voulez que je vous raconte ?

La première fois que je l’ai vu, c’était dans un éclair de poils gris et blanc ; une petite ombre qui fuyait en courant. Pour moi, c’était une pauvre créature abandonnée et je n’ai eu de cesse, à partir de ce moment, de  souhaiter le revoir. Ma mère et moi avions ménagé des points de ravitaillement dans le jardin, avec de l’eau fraîche, du lait, des croquettes. Évidemment, nos autres chats ainsi que ceux du quartier, devaient également en profiter ; mais l’essentiel était de l’attirer, de le fidéliser…

Finalement, fin août, une cage prêtée par une association nous a permis en deux jours, de l’attraper, après plusieurs semaines d’approche silencieuse et de le mettre à l’abri à l’étage, dans une pièce  consacrée aux chats. La méthode est brutale, je le concède. Toutefois, il était malade, clairement infesté de parasite et nous ne voulions pas risquer qu’il attrape le coryza, dont il ne réchapperait peut-être pas…

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Pourtant, nous ne l’approchâmes pas avant deux semaines. Il fuyait sous un meuble sitôt qu’il nous apercevait. Tous les jours, ma mère et moi, restant à l’entrée de la pièce, près de la porte, venions lui parler et lui mettre à manger. Il semblait écouter et clignait des yeux en croisant notre regard, parfois, du haut de l’arbre à chat sur lequel il se réfugiait…

Comme vous le voyez, l’apprivoiser semblait ardu. Même le vétérinaire doutait que nous réussissions.

Au bout de deux semaines, il tolérait que nous jouions ensemble ; j’agitais un bâton sur lequel il se plaisait à sauter – mais toujours avec tant de réserve ! Il guettait mes réactions avec crainte… Ce n’est qu’au bout de presque un mois que ma mère et moi avons pu le toucher. Il aimait infiniment les caresses que nous lui prodiguions mais ne s’y abandonnait qu’avec circonspection. Tobin – nous l’avons baptisé ainsi à cause des Royaumes de Tobin, une série de fantasy que j’avais lue au cours de l’été – avait gardé son allure de chaton dégingandé et maigrichon. Mais au moins, il était sain, dépourvu de parasites et de plaies, Au fil du temps, il s’est adapté à notre présence mais restait méfiant à l’égard des étrangers, voire des autres animaux de la maisonnée. Les chiennes, qui le guettaient depuis le rez-de-chaussée, le terrifiaient littéralement ! Pendant longtemps, il n’osait pas descendre… Ce n’était pas grave, il avait tout le confort dont il rêvait à l’étage. Et puis, il y avait ma chambre… Ma chambre, qui, depuis, est devenue un peu la sienne aussi, puisqu’il y passe le plus clair de son temps à dormir, ronronner, câliner, flemmarder…

Que je sois en train de lire, de faire mes devoirs, de méditer ou de faire du yoga, il est là, présence discrète et réconfortante… Le lien qui s’est tissé entre nous est un peu magique et une profonde affection nous lie. Il accourt depuis le champ lorsque je l’appelle, me suit partout, où que j’aille – y compris dans la salle de bain… J’irai jusqu’à dire que nous sommes un peu fusionnels. Le savoir près de moi est un baume pour le coeur et ses ronronnements sont une mélodie qui berce mon quotidien et dont je ne pourrais me passer…

Cette histoire avec Tobin est particulière et merveilleuse. Je n’ai pas le même feeling, la même relation avec mes autres chats, que j’aime pourtant énormément. Ils sont tous différents et en conséquence, nos liens sont uniques. On ne peut pas les comparer les uns aux autres. J’adore avoir autour de moi cette petite communauté féline ; nous avons entremêlé les fils de nos existences pour le meilleur, et il en résulte beaucoup de bonheur.

Puck, le rouquin un peu farceur, est un râleur impatient, qui n’hésite pas à tout casser (!) si une de ses demandes (sortir, manger, jouer…) n’est pas satisfaite sur le champ, quand Maïzy est une sauvageonne indépendante un peu asociale. Quant à Kira, elle aime passionnément le lait, et les câlins, quand elle veut ; sinon elle adore la chasse et nous ramène chaque jour de charmants « cadeaux »… Enfin, Fitz, le petit dernier, est un concentré d’énergie et de tendresse. Trouvé à un mois, nous avons dû le biberonner. Il a gardé de cette époque l’habitude de nous téter les oreilles et les  doigts…

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J’ai connu beaucoup d’autres chats, à commencer par Miss qui nous a quitté à l’âge de 19 ans en 2014. Trouvée et ramenée par Mordred, le matou de mes grands-parents, alors qu’elle attendait quatre chatons (Pastel, Lucifer, Ninon et Satan), elle a partagé notre vie, fidèlement, pendant beaucoup d’années, trouvant refuge dans notre foyer comme ses quatre fils, qui vivaient dehors, la maltraitaient et la persécutaient, dès qu’elle sortait. Il y a eu Shady, une petite comète, arrivée chez nous en août 2011, morte en février 2012 d’un lymphome foudroyant. Son souvenir est toujours teinté de mélancolie. Elle était la gentillesse faite chat et elle ne méritait guère de souffrir autant, à même pas un an…

Ces petits fragments d’existence, ces belles histoires de chat accompagnent ma vie et la rendent plus douce. A tel point que je ne m’imaginerai pas vivre sans eux… Décidément, le bonheur est un chat…

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