Développement personnel, Réflexion

Un petit matin de pluie…

Ce matin, c’est le ronronnement de la pluie qui m’a réveillée. Des nuages gris planaient dans le ciel, lambeaux d’une aube ayant oublié sa gaieté lors d’un petit matin pressé. La nuit avait été douce, reposante, mais une tension venait de s’inviter à l’endroit habituel, entre les deux omoplates, douloureux souvenir d’une semaine un peu difficile.

Le regard se perd sur les branches étincelantes de gouttes d’eau, s’oublie dans un chant d’oiseau.

Les matins de pluie sont d’une poétique mélancolie.

Loin du soleil qui adoucit les humeurs chagrines, il est parfois un peu difficile de sourire, de rester positif.  La veille, tout était si simple ! Musarder au soleil de mars, sourire aux passants, s’émerveiller du parfum des violettes qui montait en spirale jusqu’à mes narines. Observer la vie qui palpite autour de soi…

Pourtant, la pluie nourrit la nature, gorge de jus les doux fruits et brille sur les corolles des fleurs humides.

Sans la pluie, il n’y aurait pas ces doux moments de recueillement entre soi et soi, une tasse de thé à la main, niché sous un plaid. Sans la pluie, il n’y aurait pas d’arc-en-ciel. Sans la pluie, les moments de bonheur nous paraîtraient creux et superficiels.

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Accoudée à la fenêtre, une brise fraîche s’enroulant autour de mon cou, c’est à ça que je pensais, tâchant de dissoudre ce parfum de tristesse qu’apportait la pluie, avec les souvenirs gris. Dans mon cœur, il y avait un jardin plein de roses et de carillons, de rires d’enfants et de cerises. C’est une vision d’idylle, une vision d’enfance. Pourtant, je ne peux y penser sans un peu de douleur. C’est un hommage à quelqu’un que j’ai perdu dimanche dernier, le jour de l’équinoxe. Un hommage à son rire et à sa force, à cette personnalité solaire ; un peu de lumière pour combattre l’amertume des larmes et la béance de la perte.

Parfois, quand on voudrait voir un sourire, les nôtres n’y sont pas réceptifs non plus ; et ce matin, en descendant, c’est à la mauvaise humeur de mes parents que je me heurtais.

C’est donc, un peu morose, je m’installais dans le salon. Glouglou de l’aquarium. Silence étrange des oiseaux, dont le manque de luminosité prolonge le sommeil.

La tension allait s’accroissant et je sentais vaguement que les larmes n’étaient pas loin. La semaine n’avait pas été facile, après tout. Un deuil met longtemps à cicatriser dans un cœur…

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Puis, je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. J’ai souri, à la tristesse qui montait comme une vague, au jour sombre et venteux, aux arbres qui murmuraient et psalmodiaient, au printemps assoupi, se délectant de la pluie.

Après tout, le soleil n’est jamais que derrière les nuages…

J’ai souri, et j’ai lâché prise.

Lorsque guette la mélancolie, mieux vaut prendre soin de soi, l’accepter, peut-être. Peut-être qu’il s’agit d’un signe, d’une opportunité de se recentrer, de se reposer et de refaire ses forces.

Plonger dans la vie, accepter ses rythmes, ses relâchements et ses reflux. Chevaucher la vague, comme une longue respiration du monde et de l’univers, s’inscrire dedans.

Toujours garder un sourire dans son cœur, même au creux de la tempête.

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