Contes & histoires, Lectures, Romans

Chronique : La couleur de l’aube + Imaginales 2016

Imaginales 2016.

Un pur bonheur.

Connaissez-vous ce festival, qui débute le dernier jeudi de mai et se prolonge le Week-End ? Son nom est prometteur. Ce festival des mondes et des littératures de l’imaginaire prend place à Epinal chaque année, depuis 15 ans, maintenant. Il rassemble des auteurs français de science-fiction, des illustrateurs, tels que la très talentueuse Maryline Weyl, mais aussi des sommités mondiales de la fantasy ! Citons entre autres, la merveilleuse Robin Hobb (dont je vous parle ici de son chef d’œuvre !) qui est venue à l’édition de 2015, Christopher Priest, Pierre Bordageet bien d’autres encore.

On y retrouve encore des libraires, des éditeurs, des bijoutiers, des artistes de toute sorte…

Et puis, surtout, on y fait de belles rencontres.

Quand nous sommes arrivés, ma tante, mon oncle et moi, le temps était radieux. La chaleur nous enveloppait agréablement d’un manteau très doux de parfums et de sons. Nous avons longuement flâné dans le parc, beaucoup ri au stand des Steampunks complètement foufous qui présentaient leurs inventions (mention spéciale au Radis-ateur. Qu’est-ce que j’ai ri…), tel que le Téléphone qui permet de communiquer avec l’éther. Des stands de créations de bijoux ont magnétisé mon regard, après avoir admiré des combats d’épée et d’escrime à la mode du Moyen-Âge. Terra Nostra et ses pendentifs réversibles me faisaient très très envie…

Les belles rencontres débutent en croisant un ami Viking-Meusien, puis de charmants bijoutiers qui m’offrent une pierre venue du Mexique, aux propriétés saisissantes. Une Euléxite, pour le petit nom !

Puis, le cœur battant, j’entre dans la grande tente où se trouvent les auteurs…

Une chaleur infernale y règne. Il faut tracer son chemin à force de patience, et parfois de coups de coudes, tant la foule qui s’y presse est dense. Du coup, on ne peut pas musarder autant que l’on veut. Il faut y aller au coup de cœur, quand on aperçoit un titre ou une couverture qui nous fait envie, par-dessus les épaules des badauds.

Evidemment, je craque. Et même à plusieurs reprises. L’intégrale de Ki & Vandien de Robin Hobb, des bouquins d’occasion (bonjour Le Guide Galactique et La Louve et l’Enfant !) et puis…il y a les auteurs.

Depuis mon arrivée, un titre qui me fait de l’œil. La couleur de l’aube. J’aime cette poésie…mais j’ai peur que ça sente l’eau de rose à plein nez. Je me méfie, refais un tour…retombe sur ce titre. Décidément, il faut que je creuse cette affaire-là. Par bonheur, c’est le dernier des livres restant en stock que j’achète, après l’avoir feuilleté…et on m’annonce que l’auteur est en dédicace !

Vite, je file la trouver.

La couleur de l'aube par Marot

Agnès Marot est juste charmante. Son sourire est adorable, un vrai soleil. Quand on la voit sourire, on ne peut pas s’empêcher de sourire en retour. Surtout quand elle nous note une dédicace aussi jolie et gentille et pleine d’espoir…

Je suis rentrée à la maison épuisée mais ravie de cette sortie, avec plein de livres et de souvenirs dans ma besace.

Le premier de ma pile « Imaginales » que j’ai lu, était donc La Couleur de l’Aube.

Je l’avais emmené avec moi en Week-end à Paris, en fidèle compagnon du voyage en TGV et des trajets en métro. J’ai bien fait ! Pendant ces trois jours, je l’ai dévoré !

La plume d’Agnès Marot est délicate, fluide et emplie de poésie. J’ai énormément apprécié cet aspect, cette qualité d’écriture qui nous transporte dans un monde coloré et sensoriel. L’héroïne, Alya, est une princesse à qui l’on a bandé les yeux jusqu’à sa majorité. Elle est touchante de naïveté. J’ai beaucoup apprécié son personnage, aussi frais qu’une bouffée de printemps, même si je dois dire que je ne me suis pas du tout identifié à elle. En revanche, mon avis sur le personnage principal masculin est plus mitigé. Uh. A baver tout le temps sur la princesse, je le trouvais assez agaçant, en fait. Si un gars m’avait tourné autour de cette façon-là, je crois que c’est mon poing sur le nez, qu’il aurait récolté.

Et ce qui m’a le plus déçue, c’est que le récit tourne principalement autour de leur romance. J’ai un petit cœur sensible et je suis (très) fleur bleue. En revanche, si je suis accroc à Jane Eyre ou Autant en Emporte le Vent, l’archétype de la romance, je trouve dommage quand l’histoire et l’intrigue qui existent autour des personnages ne sont pas assez développés. C’est un peu le cas ici, avec un matériau formidable de ces Villes qui absorbent la vitalité de la planète et de la nature par leurs sentiments négatifs, mais qui passe clairement au second-plan. Il y aurait eu plein de rebondissements, la misère du peuple, le comportement des habitants des autres villes, qui aurait gagné à être développé, je pense. Les protagonistes sont tous les deux très mignons, mais leurs « je t’aime », « est-ce que tu m’aimes aussi ? », « tu es sûre ? » sont un peu lassants, par moments.

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Autrement, cette histoire a bien égayé mon séjour parisien et j’ai trouvé la fin rafraîchissante, quoiqu’assez convenue. Mais-euh, je suis heureuse quand il y a des happy end, moi ! (juste en haut, vous pouvez m’apercevoir en plein délit de dégustation de matcha glacé chez Toraya, en train de lire, mwahaha)

Ah, et j’ai trouvé que l’alternance des points de vue était également une riche idée.

Donc, voilà, si vous cherchez une jolie lecture pour passer l’été, les doigts de pied en éventail dans votre jardin, en admirant les roses, lisez La Couleur de l’Aube ! Mais pas si vous n’aimez pas les romances et cherchez quelque chose de sérieux et de plus politique…

Un petit synopsis ?

La Couleur de l’Aube, par Agnès Marot, aux éditions L’Armada, 2014.

Moi, Doha, le monde-nature, je protège les hommes depuis toujours. Mais je meurs.

Les Villes ont accaparé mes protégés, elles les manipulent en influençant leurs émotions jusqu’à la folie. Tout n’est plus que haine, hypocrisie, jalousie, luxure et colère ; et moi, je ne peux rien faire, incapable d’atteindre le coeur des hommes. Des nuages recouvrent le ciel, chaque jour plus épais, volant mes couleurs pour ne laisser que celles des Villes : gris, marron, noir.

Je n’ai plus de forces…

Mon seul espoir réside en une jeune princesse, Alya. Elle pourrait résister, si seulement elle s’ouvrait à moi. Si seulement elle retrouvait l’espoir, pour le propager parmi les hommes.

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Les dîners du chat, Recettes magiques, Repas des elfes

La reine des crêpes à la courgette

Ma maman est la reine des crêpes à la courgette.

Quand j’étais petite et que la journée était chaude, très chaude, que je sortais épuisée d’un bain de soleil et de joie dans la piscine, je lui demandais toujours de réaliser cette recette gourmande. Sur la pointe des pieds, je mussais mon petit nez près du plan de travail pour la regarder râper les courgettes l’une après l’autre. Balancier hypnotique… Puis elle y ajoutait de la farine, du sel, du poivre, une généreuse pincée de muscade, des œufs et une savoureuse huile d’olive.

Je continuais d’observer la cuisson des crêpes qui rôtissaient dans leur huile, le nez envoûté, charmé, par ces parfums qui montaient de la poêle…

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Je savais que je pouvais mordre dans ces délices les yeux fermés… Le même bonheur à chaque fois, à chaque bouchée, généreusement recouverte de Ketchup, d’une petite sauce au yaourt de soja ou juste nature…

Aujourd’hui, le temps a passé et j’adore toujours autant la cuisine de ma maman. J’ai beau suivre ses recettes à la lettre, ses plats gardent ce goût inimitable. Ses fondues d’oignons sont les meilleures du monde, et loin de moi l’idée de réussir à les imiter… Quel est son ingrédient secret ? Je suis sûre que si je l’interrogeais, elle me répondrait de son air mystérieux. Une pincée d’amour, peut-être ?

Sauf qu’aujourd’hui, eh bien, je suis intolérante aux œufs. Une bonne partie de ma famille aussi (mon papa, ma sœur) et de toute manière, nous faisons le choix de ne pas en manger. Adieu petites crêpes charmantes !

Ou bien…on s’amuse à les végétaliser ?

Autant vous dire que cette recette, je l’ai parcourue en long, en large et en travers. Et que je n’ai jamais tout à fait réussi à donner à ces crêpes le goût de mon enfance. Snif. Mais j’ai trouvé, à force de jouer à l’alchimiste en cuisine, un dosage qui approche cette texture que j’aime tant et ces parfums de courgettes à l’huile d’olive, délicieusement enrobées de pâte…

Et comme, des courgettes, on en a souvent trop, si le potager donne bien, n’hésitez pas à préparer cette recette en été !

Elle s’accommode à merveille d’une salade verte bien assaisonnée, d’une petite sauce à la Sojade (deux yaourts de soja nature, du sel, du poivre, une cuillère à soupe d’huile d’olive et des herbes du jardin – menthe, origan, basilic) et sera parfaite pour un repas du soir léger, à regarder le soleil se coucher, les doigts de pied en éventail…

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Crêpes de courgettes (sans gluten, végane)

  • 400g de courgette râpée (soit trois petites, deux moyennes ou une trèèèèès grosse)
  • 100g de farine de pois-chiche
  • 50g de farine de sarrasin
  • 50g de farine de maïs (ou de riz)
  • 30g de farine de lupin
  • 20g de fécule de maïs
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive + pour la cuisson
  • 300g de Sojade nature
  • 20cl d’eau
  • sel, poivre, ail semoule et muscade râpée

Comment procéder ?

Commencez par râper vos courgettes dans un saladier.

Une fois ceci fait, ajoutez à vos courgettes la Sojade et l’huile d’olive. Mélangez bien, réservez.

Dans un cul de poule, mélangez vos farines avec la fécule, les épices (muscade, ail, poivre) et le sel.

Unissez les deux préparations en mélangeant soigneusement. La pâte doit être assez épaisse, à ce stade. Sachez que vous pouvez faire cuire les crêpes ainsi. Il faudra juste bien les aplatir dans la poêle au moment de les retourner, pour qu’elles cuisent à cœur.

Ajoutez au mélange les 20cl d’eau, progressivement, en battant bien.

Faites chauffer une poêle avec un petit fond d’huile d’olive.

Faites cuire vos petites crêpes. Quand le dessus est sec, vous pouvez les retourner. N’hésitez pas à presser les crêpes avec la spatule pour qu’elles cuisent bien à cœur.

Note : Vous pouvez les laisser dans un four préchauffé à 70°C pour qu’elles restent au chaud le temps qu’elles cuisent, ou les manger froides. Nous, on adore les manger le lendemain à l’apéritif ou en petits dés dans une lunch box.

Note 2 : vous pouvez aussi réaliser cette recette avec de la farine de blé T65 (T80 pour qu’elle soit plus nutritive, ou même T110 !) ou d’épeautre.

Voilà, n’hésitez pas à me faire part de vos impressions !

Have a nice and sunny day, everybody !

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Beauté, Réflexion

Faut-il manger des œufs ?

Est-ce parce que je suis végéta*ienne et que mon intérêt pour la nutrition s’en est trouvé accru, qu’il me semble entendre autant de bêtises sur les œufs, autour de moi ?

« Pas plus de deux par semaine, c’est mauvais pour la santé. » ; « Évitez d’en consommer, ça augmente le cholestérol. » ; « Des œufs ? Oui, tous les jours ! » ; « Que au petit-déjeuner. » ; « Le blanc est allergisant, il faut éviter de le consommer… » ; « C’est une bonne source de vitamines et de protéines. » ; « Non, jamais le jaune d’œuf, que le blanc, sinon ça fait grossir. » ; « C’est écologique et naturel. » ;  » Si j’achète des œufs de poules élevées en pleine air, c’est bon pour la planète. »

Bref, un joli ramassis d’assertions contradictoires, dont certaines fausses.

Bon, commençons par le plus simple, le plus élémentaire :

Que sont les œufs, et d’où proviennent-ils ?

Un œuf, c’est le produit de l’ovulation de la poule ; cela fait partie de son « cycle menstruel », si vous voulez. Biologiquement parlant, ce ne sont pas les règles des poules, puisque l’ovulation se distingue des mentruations, mais le sketch d’Insolente Veggie m’a bien fait rire ; et puis, le principe est là. A l’âge adulte, la poule possède des milliers d’ovocytes ; chaque jour, l’un d’eux se développe jusqu’à former un jaune d’œuf : c’est ce qu’on appelle le vitellus. Autour de ce vitellus, va se former le blanc, ou albumen, puis la coquille calcaire, à partir de minéraux. Chaque jour, un œuf est donc pondu. Rappelons que les œufs que nous achetons ne sont pas fécondés par un coq ; il ne peuvent donc pas donner de poussins.

Sur le plan purement biologique, voilà donc ce qu’est un œuf. Voyons voir, maintenant quelle est la composition de ce produit qui paraît si anodin qu’il est devenu un incontournable de la cuisine occidentale et de la pâtisserie, telle que nous la concevons.

Un œuf frais, soit un œuf consommé dans les vingt-huit jours consécutifs à la ponte, est composé de plus de 70% d’eau, de protéines hautement digestibles (après tout, l’œuf doit aider au développement du poussin ; il doit y trouver la nourriture et les nutriments qui lui permettront de grandir et de se former comme il faut). On remarque qu’un œuf contient les huit acides aminés essentiels que notre corps ne peut produire et doit donc trouver dans l’alimentation (tryptophane, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, valine, leucine, isoleucine et histidine) – pour schématiser, car la réalité est évidemment un peu plus complexe. Le jaune d’œuf contient également des lipides, dont des acides gras saturés, du cholestérol et des acides gras insaturés (dont des omégas 6). Voilà pour le profil purement diététique. Ajoutons qu’un œuf est également une bonne source en vitamines D, A (à la fois sous forme de rétinol et de carotène), E et B et de minéraux en concentrations plus (fer, phosphore et potassium) ou moins (magnésium, calcium, cuivre) importantes.

L’albumine, une protéine concentrée dans le blanc d’œuf a une réputation très allergisante ; le potentiel allergisant disparaît cependant à la cuisson. L’ovomucoïde, quant à elle, une autre protéine constituant le jaune d’œuf, résiste à la température de la cuisson, mais a aussi un potentiel allergisant.On peut donc être allergique à la fois au blanc d’œuf et au jaune d’œuf.

Voilà comment cela se présente, sur le plan diététique et biologique

Lorsque vous avez un œuf en main, voilà ce qu’il contient. Oui, certes. Mais de quelle manière sont traitées les poules qui les pondent ? Voilà un sujet que tous les gens qui consomment des œufs devraient un tant soit peu connaître…

Les élevage en batterie, tout le monde connaît, évidemment, mais l’image qu’on en présente édulcore bien souvent la vérité.

Qu’est-ce qu’un élevage en batterie ?

Un hangar noir. Un surpopulation de volailles, qui ne disposent pas d’assez d’espace pour seulement se tourner ou se retourner sur elles-mêmes. Elles ne voient jamais la lumière du jour.

Les chiffres sont absolument consternants (je ne les sors pas de nulle part, mais de http://www.l214.com/) : 70% des poules pondeuses, sur une population globale de 47 millions en France, sont parquées dans des cages. Les 30% restants se répartissent ainsi : tandis que 25% sont élevées dans des volières comportant un accès à un enclos (qu’on peut détailler en 7% en bio et 13% en plein air, le reste étant les animaux « label rouge »), 5% sont élevées dans des volières sans accès vers l’extérieur (élevage au sol). Autant dire ce qui est : dans une prison. Lorsque vous achetez des œufs, vous avez déjà certainement constaté que sur chacun des œufs est inscrit un chiffre. Ce chiffre est déterminant et indique de quel mode d’élevage votre œuf est issu. Le code 3 concerne l’élevage en batterie, soit la majeure partie des œufs vendus. Le code 2, c’est l’élevage au sol. Le code 1, c’est l’élevage en plein air. Enfin, le code 0, c’est le bio.

On peut sans peine imaginer que la situation des animaux élevée est plus ou moins bonne selon le mode d’élevage. On serait tenté de raisonner ainsi, mais ce n’est pas tout à fait le cas…

Je vous renvoie à l’article d’Antigone XXI, à ce sujet.

A quoi ressemble la vie d’une poule pondeuse ?

A un cauchemar.

Dans la majeure partie des cas (élevages en batterie), les poules sont dans un état de stress permanent dû à la promiscuité des congénères. Pour limiter les dégâts et les manifestations d’agressivité, on leur lime le bec au laser ; les poules, en effet, sans place suffisante, vivent dans un enfer de coups de becs, où le cannibalisme n’est pas absent… Dès 18 semaines, les poulettes commencent à pondre. La production intensive commence pour elles : en un an, elles vont pondre près de 300 œufs (les poules pondent en général un œuf par jour, sauf pendant certaines périodes de l’année où elles entrent en « pause », pendant l’hiver, notamment, alors que les jours ont raccourcis. Il faut aussi savoir que les races de gallinacées modernes ont été sélectionnées pour leur performance et leur productivité. Les poules de nos grands-parents ne pondaient pas tant…). Puis, une fois leur mission effectuée, comme un objet obsolète, elles finissent dans un abattoir, où elles seront découpées en morceaux bas de gamme et serviront à confectionner des poules au pot.

Chicken Farm

Malheureusement, la vie d’une poule pondeuse « bio », n’est pas plus reluisante. Sans compter que ces élevages pratiquent également la technique du sexage : par ce nom, on désigne le broyage systématique des poussins mâles (dans certains cas, ils sont gazés), dont l’existence est considérée comme indésirable : ils ne servent à rien dans ce monde de femelles exploitées pour leurs ovaires.

Non seulement la manière dont ces pauvres oiseaux sont traités est honteuse, mais de plus, on ne peut pas dire que les œufs qu’elles produisent dans ces conditions soient réellement « bons », pour la santé. Dans 70% des cas, les poules reçoivent des doses massifs de médicaments, d’anabolisants ainsi qu’une nourriture peu appropriée (des tourteaux de soja). Les plus chanceuses bénéficient d’une adjonction de graines de lin dans leur ration quotidienne ; leurs œufs seront vendus à prix d’or, car plus riches en omégas 3 que les autres. L’état psychologique de stress chronique dans lequel les poules se trouvent, leur mauvaise santé, m’ont déterminée à bouder les œufs. De toute manière, j’y suis intolérante. J’invite quiconque se soucie du bien-être animal à méditer ces paroles et à considérer le sort de ces pauvres animaux.

Pour autant, je ne suis pas totalement opposée aux œufs. Bon, vous me direz, actuellement, la question ne se pose pas trop pour moi. Mais ça ne m’empêche pas de réfléchir et de voir plus loin que ma petite personne.

La mode des poules adoptées comme animaux domestiques a des avantages comme des revers. Néanmoins, on peut espérer qu’elles sont en général bien mieux traitées que dans les élevages et disposent d’un jardin pour s’ébattre, et d’une nourriture de meilleure qualité. Un véritable attachement peut lier leur propriétaire à ses animaux et elles ne finiront certainement pas en chair à pâtée au bout d’un an de loyaux services… Donc, pourquoi pas ? Bien-être animal et qualité nutritionnelle supérieure des œufs sont réunis. En revanche, je proteste très vivement contre les élevages industriels, même biologiques, de poules pondeuses.

egg-laying hens in the yard

Si j’ai décidé d’écrire cet article, c’est aussi pour briser certains mythes à propos des œufs ; mythes pourtant très populaires…

Le mythe du cholestérol

– Les œufs donnent du cholestérol : je vous invite à lire les articles de Michel de Lorgeril. (www.michel-delorgeril.info/) Ce médecin cardiologue, chercheur au CNRS, remet complètement en cause la dangerosité de cet acide gras et renverse le postulat qui consistait à dire que l’excès de cholestérol sanguin est hautement néfaste et doit être contré par la prise de statines. Au contraire, il présenterait plutôt un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires (!) Plutôt qu’une graisse dangereuse de laquelle il faut à tous prix se méfier, le cholestérol est un lipide constituant notre organisme, nécessaire à notre santé. Il n’y a pas non plus de « bon » et de « mauvais » cholestérol, comme on l’explique souvent. Le cholestérol est une seule et même molécule. Ce qu’on désigne sous le nom de « cholestérol HDL » et cholestérol « LDL » réfère en vérité aux molécules qui transportent le cholestérol dans le sang… Le LDL, le « mauvais », qu’on accuse de se déposer sur les artères et de les boucher est bel et bien un des constituants des plaques d’athérome qui se forment. A hauteur de 10%… Il n’est pas le seul. Et la faute n’est pas à attribuer au cholestérol en lui-même, mais à un phénomène d’oxydation dudit cholestérol. Notre approche est trop manichéenne, et aucune des deux lipoprotéines, de haute et de basse densité, n’est à incriminer en elle-même.

Non, le cholestérol a en vérité plusieurs rôles fondamentaux à jouer dans la santé de notre précieux organisme…

il permet la synthèse de neurotransmetteurs et donc, contribue à la propagation des influx nerveux ;

il est précurseur de la synthèse de nombreuses hormones, dont le cholécalciférol, le doux nom de la vitamine D3 ;

il est un composant majeur de la membrane de nos cellules.

En outre, l’absorption du cholestérol alimentaire, principalement présent dans la viande, les œufs, ne joue qu’un rôle très mineur dans l’augmentation du cholestérol sanguin… Vous voyez où je veux en venir ? L’interdiction de manger des œufs pour raison de trop fortes concentrations de cholestérol sanguin…est un mythe. Ce n’est pas une raison pour subitement se mettre à en consommer en grandes quantités, hein ! Mais, vous voyez, l’important, c’est la parcimonie. En tout. L’équilibre. Et le respect… De toute vie, comme de tout ce que l’on mange. Ne nous comportons pas en consommateurs aveugles et bornés, mais plutôt en êtres vivants sensibles, censés, qui respectons la vie et ce que Dame Nature nous offre…

Et non, un œuf ne fait pas grossir. Pas plus qu’un autre aliment. Du moment qu’il est consommé en respectant ses besoins…

Si, plus tard, j’ai l’occasion d’avoir des poules (et que mon petite ventre un peu fragile se sera remis !), je pense que je consommerai occasionnellement des œufs. Avec respect pour la poule, comme de l’ingrédient.Lisez donc Le Poil et la Plume, d’Annie Dupeyret. L’actrice et auteure n’est ni végétarienne, ni végane. En revanche, elle a un profond amour pour les gallinacés, qui font partie de son quotidien. Elle nous fait découvrir leur petit monde avec un infini respect et beaucoup de malice. A lire, pour voir les poules avec un autre regard, infiniment plus frais et émerveillé !

Mais pour le moment, nous n’avons pas de poule, je présente une intolérance assez sévère aux œufs, et je refuse de toute manière de consommer un aliment qui a été produit dans un manque de respect total de l’animal, de sa vie et de son organisme. C’est un produit mort, néfaste, même « bio ». On commence seulement à comprendre les impacts que le stress des animaux traumatisés dans les abattoirs ont sur la viande. Alors, sur les œufs aussi, forcément… Est-ce qu’une femme dépressive et carencée mettra au monde un enfant sain ?

A chacun son choix, et que la tolérance de la vie régisse ces choix, autant que possible. Malheureusement, l’argent peut aussi être un frein au respect de nos beaux idéaux ; et il est tout simplement injuste que la liberté et le bien-être animal impliquent de la part du consommateur une plus grande dépense. A l’inverse, on paie un moindre prix pour la monstruosité.

Sur ces mots,

Passez une très belle et douce journée !

 Affectueusement vôtre,

Eve ♥

(Je tire mes images des sites suivants : http://www.deviantart.com/art/Chicken-136293932 ; http://www.deviantart.com/art/Mythic-Chicken-192180759 ; http://www.deviantart.com/art/Chicken-Egg-with-Smiley-faces-165007432 ; Fotolia)

 

Contes & histoires, Lectures, Romans

L’Assassin Royal, par Robin Hobb

Aujourd’hui, causons littérature ! Et le premier qui me dit que ni la fantasy, ni la science-fiction ne peuvent être considérées comme de la littérature… grrr ! Écoutez un peu feu Terry Pratchett, qui nous dit très justement que la fantasy, en tant que littérature de l’imaginaire, était l’un des premiers genres littéraires. Ou, toujours ce même génial écrivain, lors d’une interview, qui explique que l’imaginaire nous permet tout simplement d’accéder à de très nombreux pans de la réalité qui nous seraient autrement cachés ; écrire de la fantasy, c’est ouvrir le champ des possibles, nous permettre une exploration de notre monde, de parties insoupçonnées du réel…

Bref, revenons à nos moutons…euh, livres.

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L’Assassin Royal est une trilogie écrite et publiée par Robin Hobb à la fin des années 1990. Elle est rapidement complétée par une trilogie se déroulant dans le même univers, avec des personnages communs, mais une intrigue bien différente, Les Aventuriers de la Mer, puis par une troisième trilogie, The Tawny Man. Enfin, Robin Hobb a décidé de compléter ce monument de la fantasy en publiant en 2014, la suite de l’Assassin Royal, dont le dernier tome est prévu pour 2017. Autant vous dire que j’ai très très hâte de retrouver ces personnages avec lesquels j’ai grandi ! Même si je suis un peu triste d’imaginer que ce sera la fin de cette aventure… Avez-vous déjà ressenti cela ? Cet absurde pincement de cœur à l’idée de quitter des personnages adorés ?

Lorsque j’ai découvert cet univers, je sortais d’une période un peu délicate de ma vie. La rencontre avec Fitz et son extraordinaire loup, Œil-de-nuit, m’a marquée, bien plus que je ne saurais le dire… A ce moment, je lisais beaucoup. Le mois de cours que j’avais manqué en mai (j’étais très malade…), avait été passé à lire, lire, lire, énormément. Près d’une quinzaine d’ouvrages en un mois, allant de A la Croisée des Mondes (Philip Pullman)  à Stardus (Neil Gaiman)t, en passant par Ambre (Kathleen Winsor) ou Sarn (Mary Webb). Tous ces monuments de l’imaginaire étaient des ouvrages dont les personnages me fascinaient. Ma mère ne cessait de m’exhorter à les lire, espérant que cela suscite en moi un sursaut de combativité ; après tout, les héroïnes de chacun de ces ouvrages, traversaient, par la seule force de leur caractère, des difficultés invraisemblables… Peut-être sauraient-elles m’inspirer, dans ma propre vie. Et en effet, lors de ce mois de mai un peu spécial, combien de rencontres j’ai faites ! On peut parler de rencontres, car j’avais la sensation, seule à la maison avec mes animaux, toute la journée durant, de communier avec ces personnalités singulières…

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Je n’ai commencé la lecture de l’Assassin Royal qu’une fois l’été et les grandes vacances venues, mais ce temps reste à jamais gravé dans mon esprit. Ces chaudes journées, où le moindre souffle d’air me faisait frissonner de faiblesse, mes allées et venues dans le jardin, les soirées que je passais à lire, assise au bord de la porte fenêtre fraîchement aménagée à l’étage, les jambes pendant dans le vide. La lumière baissait, mais je m’enivrais des moindres mots que je lisais. Histoires de dragons, d’étranges magies, d’assassins…

Fitz et Œil-de-Nuit sont presque devenus des amis, maintenant. Je ne peux mesurer tout ce que j’ai appris en les lisant, ces moments passés à mouiller de larmes le livre, à rire, ou à frémir. (Fitz, depuis, est aussi devenu le prénom d’un de mes chats, mais c’est une autre histoire…)

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(l’Assassin Royal a aussi été adapté en BD !)

Un petit synopsis pour vous mettre en haleine ? Je ne vous confie que celui du tout premier tome, L’Apprenti Assassin, afin que vous fassiez connaissance avec cet univers formidable, et ce pauvre Fitz, auquel il arrive décidément bien des malheurs, depuis sa naissance, et tout au long de son adolescence…

«  le jeune Fitz est conduit à la cour des Six-Duchés, il ne sait pas encore que sa vie – et celle du royaume tout entier – va s’en trouver bouleversée. Le roi-servant Chevalerie, père de cet enfant illégitime, devra renoncer au trône pour ne pas entacher la réputation de la famille royale… Et nombreux sont les prétendants à la succession… Fitz se retrouve isolé au centre d’un univers qu’il ne connaît pas. En quoi le Vif, cette étrange magie qu’il découvre et qui lui permet de communiquer avec les animaux, est-elle si dangereuse ? Et pour quelle raison le roi Subtil fait-il appel à lui pour lui enseigner une forme étrange de diplomatie : l’art de tuer ? Poisons, magies et lames effilées vont bien vite devenir le quotidien du jeune bâtard princier… »

En mai 2015, j’ai eu la chance infinie de pouvoir me rendre aux Imaginales, à Epinal, et de rencontrer Robin Hobb. Autant vous dire que j’en étais ravie ! Simplement, j’aurais aimé pouvoir échanger un peu plus longtemps avec elle, mais la (très) longue file de personnes venues quêter une dédicace me l’a défendu… Une prochaine fois ?

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J’espère vous avoir donné envie de lire ce roman, et de vous lancer dans cette grande aventure, qui se poursuit sur 14 tomes en français (!), mais « seulement » 6 en anglais (je n’ai jamais compris cette manie de fractionner les livres en plusieurs tomes en France… encore une manipulation pour gagner de l’argent sur le dos des pauvres consommateurs…).

Have a nice week-end, everybody !