Contes & histoires, Lectures, Romans

Chronique : La couleur de l’aube + Imaginales 2016

Imaginales 2016.

Un pur bonheur.

Connaissez-vous ce festival, qui débute le dernier jeudi de mai et se prolonge le Week-End ? Son nom est prometteur. Ce festival des mondes et des littératures de l’imaginaire prend place à Epinal chaque année, depuis 15 ans, maintenant. Il rassemble des auteurs français de science-fiction, des illustrateurs, tels que la très talentueuse Maryline Weyl, mais aussi des sommités mondiales de la fantasy ! Citons entre autres, la merveilleuse Robin Hobb (dont je vous parle ici de son chef d’œuvre !) qui est venue à l’édition de 2015, Christopher Priest, Pierre Bordageet bien d’autres encore.

On y retrouve encore des libraires, des éditeurs, des bijoutiers, des artistes de toute sorte…

Et puis, surtout, on y fait de belles rencontres.

Quand nous sommes arrivés, ma tante, mon oncle et moi, le temps était radieux. La chaleur nous enveloppait agréablement d’un manteau très doux de parfums et de sons. Nous avons longuement flâné dans le parc, beaucoup ri au stand des Steampunks complètement foufous qui présentaient leurs inventions (mention spéciale au Radis-ateur. Qu’est-ce que j’ai ri…), tel que le Téléphone qui permet de communiquer avec l’éther. Des stands de créations de bijoux ont magnétisé mon regard, après avoir admiré des combats d’épée et d’escrime à la mode du Moyen-Âge. Terra Nostra et ses pendentifs réversibles me faisaient très très envie…

Les belles rencontres débutent en croisant un ami Viking-Meusien, puis de charmants bijoutiers qui m’offrent une pierre venue du Mexique, aux propriétés saisissantes. Une Euléxite, pour le petit nom !

Puis, le cœur battant, j’entre dans la grande tente où se trouvent les auteurs…

Une chaleur infernale y règne. Il faut tracer son chemin à force de patience, et parfois de coups de coudes, tant la foule qui s’y presse est dense. Du coup, on ne peut pas musarder autant que l’on veut. Il faut y aller au coup de cœur, quand on aperçoit un titre ou une couverture qui nous fait envie, par-dessus les épaules des badauds.

Evidemment, je craque. Et même à plusieurs reprises. L’intégrale de Ki & Vandien de Robin Hobb, des bouquins d’occasion (bonjour Le Guide Galactique et La Louve et l’Enfant !) et puis…il y a les auteurs.

Depuis mon arrivée, un titre qui me fait de l’œil. La couleur de l’aube. J’aime cette poésie…mais j’ai peur que ça sente l’eau de rose à plein nez. Je me méfie, refais un tour…retombe sur ce titre. Décidément, il faut que je creuse cette affaire-là. Par bonheur, c’est le dernier des livres restant en stock que j’achète, après l’avoir feuilleté…et on m’annonce que l’auteur est en dédicace !

Vite, je file la trouver.

La couleur de l'aube par Marot

Agnès Marot est juste charmante. Son sourire est adorable, un vrai soleil. Quand on la voit sourire, on ne peut pas s’empêcher de sourire en retour. Surtout quand elle nous note une dédicace aussi jolie et gentille et pleine d’espoir…

Je suis rentrée à la maison épuisée mais ravie de cette sortie, avec plein de livres et de souvenirs dans ma besace.

Le premier de ma pile « Imaginales » que j’ai lu, était donc La Couleur de l’Aube.

Je l’avais emmené avec moi en Week-end à Paris, en fidèle compagnon du voyage en TGV et des trajets en métro. J’ai bien fait ! Pendant ces trois jours, je l’ai dévoré !

La plume d’Agnès Marot est délicate, fluide et emplie de poésie. J’ai énormément apprécié cet aspect, cette qualité d’écriture qui nous transporte dans un monde coloré et sensoriel. L’héroïne, Alya, est une princesse à qui l’on a bandé les yeux jusqu’à sa majorité. Elle est touchante de naïveté. J’ai beaucoup apprécié son personnage, aussi frais qu’une bouffée de printemps, même si je dois dire que je ne me suis pas du tout identifié à elle. En revanche, mon avis sur le personnage principal masculin est plus mitigé. Uh. A baver tout le temps sur la princesse, je le trouvais assez agaçant, en fait. Si un gars m’avait tourné autour de cette façon-là, je crois que c’est mon poing sur le nez, qu’il aurait récolté.

Et ce qui m’a le plus déçue, c’est que le récit tourne principalement autour de leur romance. J’ai un petit cœur sensible et je suis (très) fleur bleue. En revanche, si je suis accroc à Jane Eyre ou Autant en Emporte le Vent, l’archétype de la romance, je trouve dommage quand l’histoire et l’intrigue qui existent autour des personnages ne sont pas assez développés. C’est un peu le cas ici, avec un matériau formidable de ces Villes qui absorbent la vitalité de la planète et de la nature par leurs sentiments négatifs, mais qui passe clairement au second-plan. Il y aurait eu plein de rebondissements, la misère du peuple, le comportement des habitants des autres villes, qui aurait gagné à être développé, je pense. Les protagonistes sont tous les deux très mignons, mais leurs « je t’aime », « est-ce que tu m’aimes aussi ? », « tu es sûre ? » sont un peu lassants, par moments.

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Autrement, cette histoire a bien égayé mon séjour parisien et j’ai trouvé la fin rafraîchissante, quoiqu’assez convenue. Mais-euh, je suis heureuse quand il y a des happy end, moi ! (juste en haut, vous pouvez m’apercevoir en plein délit de dégustation de matcha glacé chez Toraya, en train de lire, mwahaha)

Ah, et j’ai trouvé que l’alternance des points de vue était également une riche idée.

Donc, voilà, si vous cherchez une jolie lecture pour passer l’été, les doigts de pied en éventail dans votre jardin, en admirant les roses, lisez La Couleur de l’Aube ! Mais pas si vous n’aimez pas les romances et cherchez quelque chose de sérieux et de plus politique…

Un petit synopsis ?

La Couleur de l’Aube, par Agnès Marot, aux éditions L’Armada, 2014.

Moi, Doha, le monde-nature, je protège les hommes depuis toujours. Mais je meurs.

Les Villes ont accaparé mes protégés, elles les manipulent en influençant leurs émotions jusqu’à la folie. Tout n’est plus que haine, hypocrisie, jalousie, luxure et colère ; et moi, je ne peux rien faire, incapable d’atteindre le coeur des hommes. Des nuages recouvrent le ciel, chaque jour plus épais, volant mes couleurs pour ne laisser que celles des Villes : gris, marron, noir.

Je n’ai plus de forces…

Mon seul espoir réside en une jeune princesse, Alya. Elle pourrait résister, si seulement elle s’ouvrait à moi. Si seulement elle retrouvait l’espoir, pour le propager parmi les hommes.

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