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13 idées reçues sur le végétarisme

Depuis que je suis devenue végétarienne, j’entends beaucoup de choses – plus ou moins pertinentes, d’ailleurs. Et surtout, des clichés. Qui reviennent. Que je m’étonne à entendre de la part de personnes proches, de personnes chères, de ma famille, d’amis, souvent pas dans le but de blesser, d’ailleurs… même si ça peut être mal reçu. On a l’impression qu’il faut à tout prix nous piéger parce que nous faisons mal. Et cela me désole de voir que les végétariens sont toujours aussi sujets à des préjugés et des stéréotypes.

Voici donc un florilège de ces « idées reçues », « paradoxes » et bêtises courantes sur le végétarisme, auquel je réponds de mon mieux ^^ Que vous soyez omnivore ou végétarien, prenez le temps de lire, cela peut vous donner des idées/arguments à utiliser 🙂

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  1. Les animaux ne sont pas les seuls à souffrir quand on les mange, les végétaux aussi !

Que voulez-vous répondre à ça ? La question typique du « cri de la carotte » qui vous prend toujours au dépourvu.

Si on part de ce principe, autant se tuer tout de suite, car notre seule existence génère la mort de centaines d’organismes microscopiques que nous ne pouvons voir ! Faut-il se comporter comme ces Brahmanes d’Inde qui balaient systématiquement devant eux avant de faire le moindre pas, pour être certain de ne pas tuer quelque être que ce fut ? Partant de ce constat…nous ne pouvons vivre qu’en minimisant la souffrance et les troubles des autres êtres de la planète. Vivre en harmonie et en contribuant à préserver cette harmonie en la créant autour de soi. Le végétarisme est une solution toute trouvée, car elle permet d’épargner la vie de centaines d’animaux chaque année ! Tout en ne cautionnant pas des conditions d’élevage scandaleuses d’inhumanité…

De plus, j’ajouterai qu’une plante, si elle respire, si elle est vivante…ne possède pas de système nerveux central lui permettant de ressentir la souffrance avec la même acuité d’un animal, qui croyez-moi, se sent mourir, sinon il ne serait pas aussi stressé avant d’arriver à l’abattoir… Manger des végétaux, n’est donc pas une nouvelle façon subtile de torturer la nature… Nous ne sommes pas (encore), pour peu que ça arrive un jour, aussi évolués que ce peuple mystérieux qu’on trouve dans La nuit des temps de Barjavel, et auquel il répugne de manger plantes, animaux, fleurs…car ils ne se nourrissent que d’énergie.

  1. Oui, mais manger des animaux est naturel et fait partie du cycle de la vie ! Manger, être mangé, c’est ainsi qu’est conçue toute la chaîne alimentaire...

Alors, oui, je suis d’accord, mais ça, ne croyez-vous pas que c’était valable il y a des siècles et des siècles ? L’être humain ne peut-il pas évoluer en conscience, se rendre compte que, pour sa santé et celle de la planète, il peut manger seulement des végétaux ? Il n’est pas resté coincé au stade du chasseur-cueilleur et la sécurité alimentaire dans nos pays est largement assurée ! Nous avons le choix…alors…pourquoi pas ? Les animaux n’ont pas besoin d’être mangés par nous pour que la chaîne alimentaire soit complètement bouclée, les populations sont naturellement régulées par les prédateurs qui se trouvent dans la nature… (c’était du moins le cas, avant que l’humain n’intervienne dans les milieux naturels et ne les chamboulent complètement)

  1. Nous sommes omnivores, nous mangeons de la chair animale, des légumes, des fruits, des céréales, des produits laitiers.

Evoluer, c’est s’adapter à son milieu. Au cours de l’évolution, il nous a été nécessaire, pour survivre, de manger de tout. Mais qui dit omnivore, dit aussi et surtout qu’on peut manger de la viande, tout à fait…mais qu’on peut aussi manger autre chose, tout simplement. Surtout lorsque l’on sait que notre colon est beaucoup (beaucoup…) plus long que celui d’un prédateur, dont la taille courte permet à la viande de ne pas stagner et pourrir dans les intestins. Notre dentition est tout sauf celle d’un carnivore (regardez un peu celle de votre chat ou chien et comparez avec la vôtre…), tandis que notre flore intestinale est plus adaptée à la digestion de végétaux que de produits carnés… Nous avons un appareil digestif qui se rapproche de celui d’un herbivore et frugivore. Et je rappelle que nous n’avons pas les bonnes bactéries destinées à digérer les produits laitiers à l’âge adulte, sauf quelques rares populations (essentiellement du Nord ou de l’Inde), grâce à une mutation génétique.

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  1. Et la B12, alors ? (dit votre interlocuteur, certain de vous coincer) On ne la trouve que dans les produits animaux, aucun élément du règne végétal n’en contient !

Haha ! C’est vrai. Mais ça ne l’a pas toujours été…

Qu’est-ce que la B12 ? Cette charmante vitamine du groupe B, répondant au petit nom de cobalamine, a une origine bactériologique. Que signifie ceci ? Que ce sont des bactéries, par la consommation de cobalt, qui permettent de la produire. Ces bactéries, présentes sur les sols et les herbes des prés, ont été décimées par l’usage massif dans l’agriculture des pesticides et autres intrants. Résultat ? Le bétail et les animaux, qui faisaient leurs réserves de B12 en broutant l’herbe, sont aujourd’hui en état de carence, s’ils ne reçoivent pas des suppléments de B12 fabriqués massivement en Chine. Les mêmes qu’on trouve dans les compléments de B12 pour véganes. Bref, la prétendue origine animale de la B12 est en réalité synthétique, chimique. Les omnivores sont eux-aussi réduits à consommer de la B12 par le biais de compléments – même indirectement.

La nature a tout pour nous nourrir. Sauf que l’homme a brisé son fragile équilibre…

  1. Les protéines végétales ne sont pas équivalentes et aussi complètes que les protéines animales.

Les protéines animales contiennent les neuf acides  aminés dits essentiels – que le corps ne sait pas produire. Quand vous mangez une portion de viande ou d’oeufs, d’accord, vous avez tous les acides aminés essentiels.

En revanche, il vous suffit d’associer du riz à des lentilles, du maïs à des haricots rouges, pour que vous retrouviez cette idéale combinaison. Sinon, mangez du quinoa, du sarrasin, ou même des plantes sauvages comme les orties, qui se distinguent par leur exceptionnelle richesse en protéines complètes ! Eh oui !

Mais, ce qu’on sait moins, c’est que pour bien assimiler ces neuf acides aminés essentiels, il faut respecter un ratio précis. Comprenez bien que si vous consommez trop de lysine, et pas assez de méthionine, par exemple, l’assimilation de la lysine ne se fera pas, car les deux-là sont assimilées ensemble (je schématise, la réalité étant beaucoup plus complexe…). Or, la viande de bœuf, pour reprendre cet exemple, est trop riche en méthionine, beaucoup plus qu’en d’autres acides aminés…ce qui empêche leur bonne assimilation.

  1. De toute façon, il est déjà mort, alors…

Oui, il est mort, peut-être. Mais est-ce que cela signifie qu’il faut réagir avec fatalisme, se résigner à ne pas changer la situation et continuer à consommer de la viande, en se cachant derrière des excuses comme celles-ci ? Je crois profondément que le consommateur, dans notre société, a le pouvoir de faire évoluer la situation. Ne dit-on pas que les offres s’adaptent au consommateur ? Oui, il est déjà  mort, et il faut le déplorer. Agir et se mobiliser pour changer la situation.

  1. Et le poisson, ce n’est pas vraiment un animal, si ?

Eh bien, si le poisson est un animal ! A ceux qui pensent que les végétariens (sauf les pesco-végétariens), consomment du poisson, c’est faux. Le poisson est un animal sensible, qui ressent la douleur et les méfaits du stress, mais que, sous prétexte d’une intelligence moindre, on continue à traiter comme une vulgaire marchandise. Il suffit de regarder la façon dont les fonds marins sont pillés et les poissons pêchés, sans respect, la plupart du temps…

  1. Moi, j’ai connu des végétariens qui souffraient de carences, étaient complètement déprimés, sujets à des malaises… DONC, toi aussi ?

DONC, non, pas moi aussi. Et la majeure partie des végétariens et végétaliens que je connais sont dans une forme éblouissante ! En revanche, nous aussi, nous sommes humains, et à nous aussi, il nous arrive d’être malade et surmené.

En revanche, je m’oppose fermement au dogme du végétarien maladif : un omnivore qui mange de manière déséquilibrée, beaucoup de plats préparés et de junk-food a plus de chance d’être malade et de souffrir de carences insidieuses qu’un végétarien, pour peu qu’il soit formé un minimum à la diététique.

Biryani végétariens, des bougies, de l'encens et des symboles religieux à célébrer Diwali sur la table Banque d'images - 45388769

  1. Les végétariens embêtent le monde à ne pas manger la même chose que tout le monde, c’est contraire à tout principe de convivialité.

Savez-vous que ce principe de « convivialité » si cher à notre société est un héritage du christianisme ? Une vision purement apostolique des choses. Les apôtres devaient partager leur repas, le corps et le sang du Christ. Cette pratique est depuis entrée dans les mœurs à travers des repas où on partage la nourriture autour d’une même table. Or, vous seriez surpris de constater que ceux qui vous sortent ce genre de remarque ne sont pas souvent les plus fervents pratiquants (je précise que je n’ai rien du tout contre les chrétiens, bien au contraire…) !

Au contraire, une notion importante de la convivialité, est, je pense de partager. Partager ses opinions, sa manière de voir et d’envisager le monde, et faire connaître ce qui fait battre notre cœur. Pourquoi est-ce qu’un végétarien parmi ses amis omnivores devrait nécessairement vivre le repas comme un moment d’ostracisme ? Pourquoi ne pas en profiter pour faire goûter et découvrir de nouvelles saveurs, toujours avec bienveillance, un sourire et de la tolérance ? Au moins, on aura essayé, même si ça ne plaît pas, et c’est là l’essentiel…

  1. Les champignons ne font pas partie du règne végétal, donc un végétarien ne devrait pas en manger !

La question des champignons…

Je rappelle que les champignons, quoique n’étant pas des végétaux à part entière, sont des organismes unicellulaires ou pluricellulaires. Ils constituent un règne à part des algues et des plantes. Certains botanistes les rapprochent d’ailleurs plus du règne animal que du règne végétal (!).

En revanche, quoique leur manière de « s’alimenter », de se reproduire soit différente, il n’est pas prouvé qu’on fasse souffrir le champignon quand on le mange… Surtout que ce que l’on appelle « champignon » est en réalité une fructification temporaire et invisible, qu’on nomme le « sporophore » et que l’organisme qui le produit est en réalité souvent invisible à l’œil nu, qu’on appelle le macromycète, et qu’on ne consomme pas. Si je peux me permettre la comparaison, le champignon serait comme une sorte de fruit…

  1. Les insectes ne sont pas des animaux, pas vraiment, alors je ne vois pas pourquoi il ne faudrait pas en manger… C’est la protéine du futur…

Ce n’est pas parce que c’est petit, repoussant (pour certains), et inutile (toujours pour certains), que « ça » ne ressent rien.

Les insectes sont des animaux dont l’utilité au sein de la nature est reconnue. Qu’ils fécondent, transportent le pollen, dégradent les déchets et le bois mort, participe à la santé du biotope… Tous ont un rôle bien défini. Jean Claude-Ameisen, qui présente chaque samedi matin une émission sur France Inter, Sur les épaules de Darwin, a déjà expliqué que les mouches et les mouches à vinaigre éprouvent des sentiments maternels pour leurs petits, et que les abeilles ont développé une société très développée, ainsi qu’une importe hiérarchie. Toutes ces petites « bêtes » ont une forme d’intelligence bien à elle, qu’il ne nous revient pas de maîtriser, sous prétexte que nous sommes meilleurs, plus grands, « maîtres et possesseurs de la nature » (n’est-ce pas Descartes ?) L’homme doit-il encore et toujours se comporter comme un être prétendument supérieur, qui s’occupe de détruire son environnement, au lieu de le respecter ? On n’a pas besoin de manger des insectes pour avoir notre quantité journalière de protéines… On n’a pas besoin d’asservir de nouvelles espèces pour combler nos besoins, alors que la nature nous offre tout, là, sous la main. Encore faudrait-il arrêter de l’exploiter, apprendre à respecter ses trésors, et surtout, s’en contenter…

  1. Le végétarisme fait maigrir.

Eh bien, excusez-moi, mais…non ! Être végétarien, ce n’est pas manger deux feuilles de salade sans vinaigrette. Être végétarien, ce n’est pas forcément manger super sain ; on peut aussi manger gras, de manière malsaine, tout dépend de la personne… Il existe aussi de la junk food végane et végétarienne ! Toute alimentation bien menée et équilibrée aide à entretenir et garder la ligne, en revanche. Que l’on soit végéta*ien, omnivore, flexitarien, pesco-végétarien, frugivore, etc, l’alimentation est un moyen quotidien de prendre soin de soi, de nourrir son âme, son corps, et son cœur. Mais…ne devenez pas végétarien si vous avez l’intention de maigrir.

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  1. Les femmes enceintes risquent la vie de leur enfant et du fœtus en développement.

Encore une fois, c’est davantage pour les femmes enceintes qui consomment des pizzas, du MCDo et des plats préparés industriels que je m’inquiéterai de risques de carences en B9, en fer…!

Un régime végétarien, bien mené, avec attention, apportera tous les nutriments essentiels au bébé, et à la future maman, que ce soit avant la conception, pendant la grossesse, puis l’allaitement. Pour autant, il est sain et intelligent de commencer à faire des bilans sanguins dès qu’on se préoccupe de concevoir un enfant, que l’on soit omni, végé ou autre régime, pour voir quelles sont les éventuelles carences à combler (dans nos sociétés stressées, on manque souvent de magnésium et vitamines B, ainsi que vitamine D, sous nos latitudes) et prendre (éventuellement) des compléments vitaminiques. Il n’est pas toujours aisé d’avoir une alimentation idéale quand on ne mange pas chez soi, le midi, par exemple…

 Images : fr.123rf.com/

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