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Amour d’automne (et de chocolat)

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Je lui ai souri et j’ai fermé les paupières, enveloppée par sa présence et ses parfums entêtants.

Ce matin, il avait tout juste déposé ses valises que j’accourais, pieds nus, pour le retrouver.

Qu’importe la pluie qui m’avait tirée du sommeil ; qu’importe ce chant cristallin contre les vitres. Tout cela ne faisait que rehausser encore son charme… Ensemble, nos souffles à l’unisson, nous avons admiré les rubans de brume planer sur les champs. Le silence faisait partie de sa nature et nous le savourions comme un nectar.

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Douceur des chants d’oiseau, cette mélancolie qui perce l’aube grise et timide ; parfums de terre humide et feuilles écarlates. Main dans la main, nous nous promenions, un vague sourire sur les lèvres, admirant l’arrondi des coings mûrissant ou les baies noires des ronces.

Je n’avais qu’une envie : me blottir contre lui, dans ses parfums et dans sa générosité. Parler, de cette voix douce qui ressemble au murmure crépitant du feu, de ce qui compte vraiment pour lui, pour moi – pour nous.

Ces promenades où nos pas flânent sur l’humus et s’émerveillent du passage d’une mésange, bec rougi du sang des baies ; nos soirées, lové l’un contre l’autre ; ces potirons qui serpentent sur l’herbe verte, cultivés avec tendresse, et que l’alchimie de la cuisine transforme en philtre d’amour orange.

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Les plaids, si moelleux et leur caresse de laine sur la peau, quand Dame nuit s’en vient à pas de velours et étend sa cape sur le ciel. Ces lectures, voyages dans un fauteuil, mots susurrés d’âme à âme, qui allongent les soirées. Les rires et les courses sous les gouttes perlées, les flaques qui trempent vêtements et pantalons, et le bonheur de retrouver la chaleur de la cuisine. La tasse, si chaude, nichée dans les paumes. Les lèvres brunies par le cacao, ses saveurs épicées se prolongeant sur la langue. Les mains sont collées à la vitre ; la buée dessine cœurs et étoiles magiques sur les carreaux ; papa nous grondera plus tard, mais ce n’est pas grave. La nature frémit et soupire sous la main de la pluie.

Son parfum se fait plus présent encore et j’en hume toute la puissance, avec ce vague sourire sur les lèvres. Le sien. Celui qu’il ne manque jamais de m’arracher – de bon cœur.

Les écharpes, comme un talisman contre l’âpreté du vent, et ma main dans la sienne, qui réchauffe mes doigts gelés.

Les yeux émerveillés, les souffles calmes en volutes ; la forêt devient ce sanctuaire aux vitraux de pourpre et d’or, que l’on parcoure avec un sentiment de respect perdu.

Nous sommes uns, murmure la brise. Le cœur de la terre bat ce tambour sacré, celui de la vie, auquel mon propre cœur fait écho. Si j’avais l’ouïe du renard roux qui folâtre dans les taillis, je percevrais les minuscules pulsations de vie des rongeurs et des oiseaux. Staccato de la musaraigne, andante du merle ou pianissimo de l’ours, déjà en quête de la chaude tanière où il hibernera.

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Les sentiers s’enfoncent au milieu des mousses facétieuses et des fougères graciles. La végétation frôle les jambes. Les doigts écartent les branches du passage. Les fées ont-elles dansé, cette nuit, sous la lune rousse ? Dans nos rêves, nous les avons rejointes, les pieds menus frappant le sol, les esprits ivres d’une musique qu’ils n’entendent pas.

Oui, je lui souris, et je ferme les yeux. Automne. Comment prendre dans les bras et étreindre tout ce que tu es ? Amant mystique des saisons, couleurs évanescentes, parfum d’enfance et bonbons d’Halloween.

Automne, je t’aime.

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(merci à Guilaine pour la photo, ainsi que celle de couverture ♥)

~ • ♥ • ~

Je n’oserai point vous demander si vous aimez le chocolat chaud. Je pense que oui ?

Depuis que j’ai goûté un chocolat maya à Paris, dans la merveilleuse boutique de Chocolatitude, je rêve d’épices et de cette langueur qui tapisse les papilles.

Bonheur.

C’était une après-midi de juin magique, passée à errer, le pas libre et la tête folle, au milieu du Marais. La presse nous environnait de partout, mais j’étais heureuse. Je souriais. Ma tante et mon oncle s’émerveillaient des robes (pour ma tante) dans les vitrines, ou de cette ritournelle volée à ces artistes de rue (pour mon oncle). Jazz et rockabilly, les talons battent la mesure sur le sol, et la démarche se calque sur les rythmes de la musique.

Fatigués d’avoir marché à travers Paris, nous avions déniché cet endroit adorable. Et ces chocolats, souvent véganes, que Laurence Alemanno, la créatrice, partait chercher au Guatémala elle-même. Ces boissons avaient une saveur de voyages, de terres rouges et chaudes, et de cabosses dorées…

Je crains de ne parvenir à reproduire cette recette exactement, mais j’essaierai – encore et encore. Me suivez-vous en cuisine ? L’appel de l’automne et du cocooning est trop fort pour y résister… N’est-ce pas ? :3

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Pour 4 tasses (et quatre gourmands qui ont besoin de réchauffer corps et âme à la tiédeur parfumée des épices) :

  • 1l d’eau filtrée ou minérale (ou 400ml d’eau minérale et 600ml de lait de noisettes/amandes/riz/cajou, mais le chocolat maya, selon la recette traditionnelle, se faisait à l’eau, mes chéris !)
  • 4 cuillères à soupe rases de cacao non sucré (cru, pour moi)
  • 8 carrés de chocolat noir à 70% de cacao (facultatif)
  • 2 bâtons de cannelle
  • 10 clous de girofle
  • 10 gousses de cardamome verte
  • 1 petit morceau de gingembre frais
  • 20 grains de poivre noir (ou poivre rose du Mexique)
  • 5 étoiles de badiane ou d’anis étoilé
  • une pincée de piment de Cayenne
  • 1 pincée de fleur de sel
  • 6 cuillères à soupe rases de miel de châtaigner (ou de fleur d’oranger, tellement doux) OU 6 cuillères à soupe rases de sucre de coco

Je préciserai que, oui, je consomme du miel, bien que je me considère comme végétalienne. Je ne pense pas que ce soit un crime, si on choisit son miel chez de petits producteurs, qui ont à cœur la santé et le bien-être de leurs abeilles. J’ajouterai en outre que les abeilles produisent en général trop de miel pour elles-seules, et que récolter le surplus (en leur en laissant bien assez pour vivre) ne va nuire à personne. Du moment que l’on fait du miel une consommation prudente et raisonnable… Mais sentez-vous surtout libre de le remplacer ; chacun son opinion, et c’est ce qui fait la merveilleuse diversité de l’humanité ! ♥

Faire chauffer l’eau (et/ou le lait) dans une petite casserole, avec toutes les épices. Laisser bouillir 5min, puis laisser infuser 10min supplémentaires.

Retirer les épices et filtrer.

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Ajouter le cacao au fouet, puis le miel et la fleur de sel. Fouetter vigoureusement. Ajouter les carrés de chocolat en fouettant bien.

Le résultat, selon le cacao utilisé, peut être assez amer. Soyez libres de rectifier la quantité de sucre ! J’aime le chocolat amer, personnellement. (et la recette maya mettait justement cette amertume en valeur)

N’est-ce pas le meilleur des goûters du monde, à savourer avec un bon livre ?

Que votre automne soit doux ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

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