Contes & histoires, Lectures, Projets de roman(s), Réflexion

Ecrire à la main clarifie la pensée

Plutôt plume ou clavier ?

Une question qui ne se discute pas : à chacun sa sensibilité.

La lumière de l’écran et le « tap-tap » de vos doigts sur le clavier ou bien le crissement du stylo contre le papier : des sons ô combien rassurants quand on plonge dans les mondes de l’imaginaire ! Les uns disent que les idées coulent plus librement au fil de la plume ; d’autres ont besoin du recul que leur offre la page Word déployée devant eux. Aucune méthode ne se critique ! De toute façon, il faut bien passer par un ordinateur pour (re)taper ses textes, si l’on a la moindre prétention de les envoyer à une maison d’édition, ou tout simplement à des amis.

Rassurez-vous, cet article ne se revendique pas comme un plaidoyer anti-technologie !

Pourtant, la plume a largement ma préférence sur l’ordinateur. Le charme de sentir le poignet travailler et la main former les lettres, la couleur somptueuse de l’encre et la sobriété du papier. Guère besoin d’équipement encombrant : juste son petit carnet, quelques feuilles et un stylo (VOTRE stylo, celui, vous savez, qui ne vous quitte plus depuis des années, avec lequel vous avez passé tous vos examens, dont la seule idée de le perdre vous rend soudain maussade, triste ou malade d’angoisse…) et les phrases qui s’enfilent comme les perles sur un collier, dans un train, sur le coin d’une table, au café ou dans votre chambre. Couché, assis, débout ? Toutes les fantaisies sont permises !

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Pour être honnête, je trouve que le fait d’écrire sur papier a un charme redoutable et quelque peu désuet. C’est aussi doux et romantique qu’une journée aux champs, au milieu des fleurs sauvages. Et voilà que les paysages et les lumières de la campagne anglaise défilent devant mes yeux ; je revois les images de Bright Star et de l’idylle tendrement nouée entre John Keats et Fanny Browne, leurs mains qui se nouent dans l’air scintillant… BREF. (promis, j’arrête avec les images de ce film…)

John Keats:

Savez-vous qu’écrire à la main permet de mieux former sa pensée ? Vos mains symbolisent votre intention et votre potentiel créateur. Elles aident à construire votre réflexion et votre récit ; les mots et les scènes conçues par votre imaginaire prennent vie dans votre réalité ! Et tout cela grâce à cette mimine que vous serrez autour de votre tasse de thé (ce n’est pas un reproche, c’est très bien de siroter un thé en lisant ♥) ou avez posée nonchalamment sur la souris. En effet, le fait d’écrire stimule plusieurs zones de votre cerveau impliquées dans l’apprentissage et la création : le cortex moteur et le cortex somato-sensoriel. Tout à fait normal, me direz-vous, mais savez-vous que le fait de taper un texte à l’ordinateur n’a pas les mêmes effets sur votre cerveau ? On peut dire que l’écriture manuelle fait appel à vos mouvements et à vos sensations ; et n’est-ce pas ce que vous cherchez à communiquer à un lecteur ? (surtout si vous donnez dans l’épique, la fantasy, et que vos personnages ont une fâcheuse propension à se défier de la pointe du mousquet)

 my pen exploded... by Horace-Bulregard

(image )

Au-delà de ces considérations, écrire à la main a un côté tendre et un peu secret. C’est drôle, j’ignore à quoi vous ressemblez, lecteur, mais je vous imagine avec un carnet à la main, l’air rêveur ; vous pressez ce feuillet empli de vos songeries et de vos histoires contre votre cœur. Elles sont là, elles vivent tout contre vous, tracées par votre main… Vous pouvez humer le papier, enluminer les marges, vous permettre de petites fantaisies touchantes, des étoiles sur les i, pourquoi pas ? Voilà qui est autrement plus personnel que cette page blanche de Word, que tous ceux qui écrivent pour leur travail ou leurs projets personnels, contemplent chaque jour. Une feuille a un vécu ; elle fût arbre, et elle est aujourd’hui l’outil et la matière principale de votre création. ♥

https://i1.wp.com/orig08.deviantart.net/c277/f/2010/097/f/1/snail_mail_pen_pals_by_itsjessdarling.jpg

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Vous l’aurez deviné, je préfère largement écrire à la main.

Ma méthode n’a rien d’exemplaire, mais elle me convient tout à fait : après avoir écrit d’un trait le premier jet à la main (souvent en cours, d’ailleurs…), je le tape à l’ordinateur, au propre. Cette phase me permet de redécouvrir mon récit d’un œil neuf : quelles tournures de phrase sont à améliorer, quelles scènes à retravailler… En général, je ne change pas grand-chose, sauf si j’en ai l’inspiration et l’envie sur le moment, mais je NOTE sur le fichier Word quels changements et dans quel sens (ré)orienter les péripéties. Une fois le gros bébé entièrement rédigé sous Word, commence la phase la plus merveilleuse boring (en vrai, j’adore ça) : j’ai nommé : relecture et corrections !

Parfois, je laisse un peu de temps s’écouler entre le moment où j’ai tapé le récit et le moment où je le relis. Cela permet d’avoir du recul et d’avoir laissé le cerveau travailler à certains points. Souvent, j’ouvre mon fichier Word et m’écris « Eurekâ ! » face à certains passages qui m’avaient posé difficulté quelques semaines auparavant…

Mais, oui, ces moments à écrire dans ma chambre, avec une jolie musique et de l’encens, sont absolument précieux. Je ne sais pas vous, mais je ne retrouve pas toujours le même plaisir devant l’ordinateur…

Et vous ? Comment concevez-vous l’écriture ?

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Contes & histoires, Développement personnel, Projets de roman(s), Réflexion

J’écris, donc je suis

Février 2016. Une année toute jeune des célébrations passées. Le froid qui scintille dans l’air et les arbres qui balancent, tout doucement, nus encore, par la fenêtre.

Un cours de TD comme un autre, en médiévale. Un autre exposé que je n’écoute pas. Et les mots qui cherchent, qui balancent, qui tâtonnent sur une feuille blanche.

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C’était le 9 février, le jour où j’ai fait connaissance avec une sorcière étrange. Elle est devenue, au fil des mots, puis des pages, une amie précieuse, un double magique et plein de force d’âme. Elle est devenue le pilier de trois romans, celle par qui mes tourments sortaient et s’évadaient. Jodie.

Avant que je puisse relever la tête des séances en apnée qui se suivaient les unes aux autres, jour après jour, l’écriture avait pris une place importante dans ma vie ; celle que le vide et la tristesse occupaient avant. Le 9 mai, j’avais fini de rédiger sept cent vingt-trois pages de bonheur – un roman tout entier, qui est toujours mon petit bébé. J’écris comme je respire – et ceux qui me connaissent sauront que le souffle me manque parfois, parce que je suis asthmatique. Je ne sais pas ce que je serai sans les syllabes qui s’égrènent les unes après les autres, ces inspirations salvatrices dans le tourbillon de la vie.

Est-ce que cela vous dirait que je vous parler davantage d’écriture, ici ? D’écriture au quotidien, de mes projets que je garde timidement secrets, là, nichés dans mon cœur ? D’écrivains qui m’inspirent ? D’habitudes et de rituels d’écriture ? De pourquoi écrire ? De petits articles, des tranches de vie, servies crues ou à peine accommodées ?

Dites-moi, dites-moi tout, surtout… ♥

C’est un peu douloureux, d’arracher ces petits bouts de moi pour en parler – c’est intime, secret, caché ; j’écris parce que je suis, blessures comme joies – un être humain. C’est un peu douloureux, d’écrire, de pleurer les mots et de tirer l’encre à ses propres failles. Mais c’est tellement bon de sortir ce qui ne peut l’être autrement !

J’aimerais concevoir cette nouvelle série d’articles, si elle voit le jour, comme une suite d’échanges avec ceux qui écrivent aussi, comme autour d’un thé convivial : quelles sont vos pratiques, vos habitudes, vos envies, vos rêves… ? N’hésitez pas à vous exprimer…prenez la plume en commentaire ♥

Cet article n’était pas prévu et a germé au milieu d’une scène du tome 3 ; grand froid, âtre qui crépite et suave voix des bardes. Alors, je vous laisse et retourne à mes personnages ; mais j’attends vos réactions avec impatience…

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Que votre nuit soit douce, étoilée et pleine de rêves…

Tendrement vôtre,

Eve.

Chocolat & compagnie, Douceurs enchantées, Recettes magiques

Fudges véganes : attention, danger d’addiction !

Une aube cristalline à l’horizon, et voilà mon humeur soudain légère ! Les nuages ont tendance à peser sur mon âme ; rire devient difficile ; je suis morose, tracassée d’un rien. Je suis aussi versatile que le temps en montagne. Il suffit d’un rayon de soleil pour que tout soit facile à nouveau. La magie de la lumière !

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Dans ces cas-là, si le soleil (ou mon adorable petit -grand, monsieur fait ses 8kg !- chat) vient me tirer du sommeil, je serai capable de bondir par-delà une montagne. Mais avant le grand saut, il faut prendre des forces, vous êtes d’accord ? C’est pourquoi j’ai joué dès huit heures à l’alchimiste dans la cuisine.

De quoi a-t-on besoin, avant d’accomplir un exploit, qu’il soit physique ou intellectuel ? De bon glucose pour nourrir nos petites cellules grises, évidemment. Mais aussi de lipides, car notre cerveau en raffole ! Saviez-vous que notre cerveau était tout simplement l’organe le plus gras de notre corps ? Privez-le d’omégas 3 et d’acides gras essentiels, et votre mémoire rechignera ! Que l’on soit étudiant, chercheur, professeur, femme enceinte, sportif…nous avons, contrairement aux idées reçues, besoin de graisses. Et elles ne font pas grossir, bien au contraire ! (le paradigme médical a changé depuis des années, mais il semble que les mentalités aient du mal à suivre…) Après, je vous le concède, il y a graisse et graisse.

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Dans ces gourmandises absolument décadentes, nous trouvons ainsi de l’huile de noix de coco, si délicieuse au palais, et pour notre petit organisme ! Elle renferme des acides gras à chaîne moyenne, qui sont indirectement bons pour la ligne (leur énergie se délivre dans le temps) et de l’acide laurique, un acide gras présent dans le lait maternel, et qui renforce nos capacités cognitives. En outre, elle fait une jolie peau, douce et lustrée. Alliée au beurre de noix de cajou, un délice empli de magnésium, calcium et cuivre en quantités intéressantes, vous aurez fait le plein de bons nutriments et de vitamine E ! Les dattes sucrent tout naturellement la friandise. Malgré leur indice glycémique élevé (à ne pas consommer trop souvent, donc), elles sont une bonne source de potassium, et, ici, la présence de lipides ralentit la libération des sucres dans le sang. Enfin, nous avons la poudre de cacao crue. Non seulement elle donne un parfum riche et succulent à mes pâtisseries, mais en outre, elle fera du bien à votre moral, en ces jours gris : du magnésium et du fer, de la théobromine pour donner un petit coup de fouet avant une épreuve (ou pas), du calcium… La vanille est là pour arrondir et ajouter de la douceur ; le sel, parce que c’est plus gourmand ainsi (et parce que le sel gris de l’Atlantique est une source intéressante de minéraux aussi.)

Enfin, je vous aurais presque fait passer une gourmandise pour un encas sain, non ? Eh bien, c’est le cas, alors…pas de complexes ! La nutrition, c’est un peu de la magie, vous savez.

En revanche, prenez garde. Une fois les ingrédients assemblés, vos doigts risquent de plonger tout seuls dans la pâte obtenue… Les effluves montent à votre nez, et vous êtes comme ensorcelés. Pour peu que vous soyez sensible aux bonnes choses, vous n’en ressortirez pas indemne !

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Mes fudges véganes sont le fruit d’une expérience et d’un assemblage d’ingrédients au pif. J’avais déjà testé la recette d’Ophélie, du blog Antigone XXI, mais, quoi ce fut un délice, la consistance, trop ferme et compacte avec les flocons d’avoine, manquait à mon avis de fondant.

Alors, exit les flocons d’avoine ! Un peu plus d’huile de coco, des dattes…et c’est une merveille qui vous fond dans la bouche. Elle peut se déguster juste sortie du réfrigérateur (texture légèrement croquante, puis moelleuse et fondante) ou à température ambiante (on dirait une ganache, une sorte de débauche chocolatée)

A mon avis, cette recette s’accommode très bien des ingrédients que vous avez au placard. L’huile de coco peut se remplacer par moitié par du beurre de cacao (mais attention ! La texture finale sera plus dure), le cacao, par de la mesquite et de la lucuma, le beurre de cajou par un mélange noisette-cajou, ou cacahuète-amande, noisette grillée, purée de pépin de courge-cajou si vous êtes un aventurier du goût… Des épices peuvent s’ajouter à la pâte : un soupçon de cannelle et de poivre de Sichuan ; un peu d’eau de fleur d’oranger ou de rose ; 10 gouttes d’huile essentielle d’orange ou 8 d’orange et deux de mandarine pour un parfum de Noël… Sentez-vous libres d’essayer, et faites-moi part de vos investigations culinaires.

Et surtout…régalez-vous, mes gloubinours ♥

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Décadence chocolatée : fudges véganes dangereusement addictifs :

Pour une vingataine de fudges, ou un petit plat carré de 20x20cm :

  • 20 dattes Mazafati (pour leur parfum naturel de caramel et leur moelleux ; vous pourrez utiliser en remplacement des Medjool, une quinzaine, ou des Deglet Nour, dans les 25 si elles sont petites, que vous aurez réhydratées dans de l’eau chaude pendant 15min)
  • 100g d’huile de noix de coco en pommade (ou 50g huile de coco et 50g beurre de cacao fondus pour un rendu final plus ferme ; je vous déconseille pur beurre de cacao ; la texture sera alors très ferme, voire dure)
  • 150g de beurre de noix de cajou (ou 80g cajou et 70g noisette (noisette grillée étant le meilleur des beurres d’oléagineux du monde ♥) ; 150g de beurre d’amande blanche ; 100g amande blanche et 50g noisette ; 150g noisette…)
  • 4 cuillères à soupe rases de poudre de cacao cru (si votre poudre est du simple cacao non sucré, ajoutez-en davantage)
  • 1 cuillère à soupe de Mesquite du Pérou (facultatif ; donne un goût biscuité et renforce le parfum de chocolat) ou de Maca (soyez prudent ; trop de maca rend le résultat un peu immangeable – à mon palais, du moins)
  • 1 généreuse pincée de sel
  • 1 pointe de couteau de vanille en poudre
  • Ingrédients facultatifs, selon que vous souhaitiez des : Fudges de Noël (cannelle, gingembre, 10 gouttes d’huile essentielle d’orange et 2 de mandarine rouge), Fudges pralinés (mesquite, cacao cru, noisettes), Fudges croquants (éclats de noix, de noix de pécan et de macadamia), Fudges chics (+ 1 cuillère à soupe de thé matcha et saupoudrés de pistaches concassées), Fudges bohèmes (éclat de pistaches et eau de fleur d’orange – PAS arôme fleur d’orange, mais bien un hydrolat pour la cuisine) ; des Fudges mystérieux (cacao cru, amande blanche et 5 gouttes d’huile essentielle de bergamote et 2 d’ylang-ylang)

D’autres propositions ? ♥

Comment procéder ?

Commencez par mettre les dattes dans le bol du mixeur, égouttées, ou avec deux cuillères à soupe d’eau pour faciliter le mixage, puis ajoutez : l’huile de noix de coco, le beurre de cajou (si possible, bien fluide, pas un fond de pot tout sec ! Si tel est le cas, ajoutez un tout petit peu plus d’huile de coco), la vanille, le cacao et le sel, ainsi que des les ingrédients supplémentaires, s’il y en a.

Puis…mixez !

Je précise : la pâte étant assez compacte, vous risquez de devoir racler les bords du mixeur, s’il n’est pas assez puissant, assez régulièrement.

Sinon, vous pouvez procéder ainsi : mixer les dattes avec l’huile de coco en pommade (!) et le beurre de cajou, puis ajouter les poudres (vanille, sel, cacao), à part, dans un saladier, à la cuillère (et vous risquez de devoir y mettre les mimines pour que le mélange soit bien homogène).

Ensuite, évitez de tout manger quand c’est encore dans le mixeur et étalez la pâte dans un petit plat carré, que vous mettrez au réfrigérateur pour une heure.

(mais oui, vous avez le droit de lécher la cuillère pour patienter !)

Une heure plus tard, sortez les friandises, découpez-les en carrés et mettez-les dans une boîte en fer, où elles devraient se conserver pendant une bonne semaine au réfrigérateur. (honnêtement, je ne suis pas certaine qu’elles tiennent une semaine. Vous savez, il y a tant de bonnes excuses pour manger des fudges… avant le sport… au goûter… avant un exam… parce que j’ai envie… trop de bonnes excuses, je vous dis !)

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Même mon chat en voudrait ! Ou du moins, il est le gardien de ma gourmandise… (les feuilles de figuier font de très belles assiettes, vous ne trouvez pas ?)

Tendrement vôtre,

Eve.

Développement personnel, Douceurs enchantées, Elixirs de longue vie, Nature & balades, Réflexion, Recettes magiques

Rituels & recettes de Samhain

Ici, on l’appelle Halloween, oubliant souvent que cette fête ne vient pas des Etats-Unis, mais bien de chez nous. Ses origines plongent dans les racines et l’humus odorant des vieilles forêts qui ont jadis recouvert l’Europe et la Gaule. Samhain. Provinces celtiques, frissonnement des frondaisons et druides récitant de vieilles incantations dans des sanctuaires aujourd’hui oubliés de tous… C’est ce côté que j’aime et retiens d’Halloween. Les pieds ancrés dans la terre et les yeux clos, j’aime à imaginer ce passé, à ressentir dans mes gênes un héritage lointain. Quand mes paupières s’entrouvrent, c’est la lumière somptueuse d’une après-midi orangée qui m’enveloppe. Les parfums des coings, un concentré d’enfance. Les feuilles mortes dans lesquelles on court et virevolte. Le bleu du ciel, insolent, contre la bauche colorée des forêts.

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L’automne est une de ces petites morts dont la vie est semée. Un dernier flamboiement, avant l’extinction de l’hiver. Quand on croit que le désespoir s’est installé, les bourgeons se gonflent de sèves sur les branches nues, et la nature est prête à revivre.

Cette année, Samhain s’est présenté de manière bien étrange à nous. Le cycle s’achève dans la maladie et l’angoisse, mais espérons que cela présagera une renaissance d’autant plus douce et jolie…

Octobre était un mois quelque peu particulier, pour les Celtes, qui calquaient leur année sur un calendrier lunaire. Il existait ainsi un treizième mois, d’une durée anecdotique de trois jours ; ce mois prenait place à la fin d’octobre et achevait l’année sur les célébrations de Samhain. Cette période particulière offrait l’opportunité de faire un bilan de l’année écoulée, de décider de quelles vieilles énergies abandonner et de comment orienter sa vie. L’hiver permettait de méditer ces décisions et de prendre le repos nécessaire, avant d’épanouir ses projets au printemps prochain.

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On disait que les voiles entre monde des vivants et des morts s’amenuisaient, et que les deux réalités s’intriquaient… Période privilégiée pour se concilier de bonnes influences et prier les esprits, pour renouer avec la dimension de l’invisible… On ne chemine jamais vraiment seul. Il y a la famille et les amis, mais aussi tous ceux qui comptent mais auxquels on songe moins : compagnons animaux, gardiens intangibles. Ou simple impression d’être entouré… Je suis sûre que vous avez tous déjà eu cette sensation : que tel ou tel hasard n’aurait pu arriver sans une aide extérieure, un compagnon discret comme une ombre. Et vous savez quoi ? Le hasard n’existe pas.

Le 30 octobre, la forêt a accueilli nos pas. Une mousse vert jade s’affaissait sous nos semelles tandis que nous nous enfoncions au plus profond des bois. Champignons féériques, chanson de l’eau, tourbillons écarlates des feuilles et prêle aux proportions gigantesques qui s’incline à notre passage, reine des sous-bois. Là, au creux de la nature, nous avons chacun écrit sur une petite feuille ces vieilles habitudes de pensées, ces idées obsédantes, ces choses qui entravent notre évolution. La feuille a fini enfouie dans la terre. J’ai pensé très fort à tout ce que j’abandonnais là, en conscience, puis je me suis relevée, avec un merci pour cette nature qui prenait en son sein mes chagrins et mes joies. Quelque part, j’étais plus légère. Je sais que ce ne sera que le début du travail, mais je crois que la terre saura purifier ce que j’ai trop longtemps gardé en moi.

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Le 31 octobre, pour la nouvelle lune, ma maman était hospitalisée. Ce n’est pas la plus belle des façons de commencer un nouvel cycle, mais j’espère que cela lui donnera l’opportunité d’abandonner, elle-aussi, plusieurs fardeaux, et de guérir son esprit en même temps que son corps. Chaque jour, je pense à elle et lui envoie mille attentions. Je sais que cela marche ; je sais que la pensée est une force créatrice et qu’elle a un pouvoir, même minime, et aussi étrange que cela puisse vous paraître. Je ne pense pas que cette maladie soit tout entière négative… Elle a des enseignements à lui apporter ; à nous apporter, à tous, pour nous montrer que nous avions fait fausse route et que la voie de l’énervement et de l’agressivité ne gagne jamais.

Ce fut donc une bien étrange fête d’Halloween, ma tante et moi attablées dans la pénombre du salon autour d’un pumpkin spice latte et de mon jeu de runes, attendant des nouvelles, que papa rentre, et échangeant nos impressions.

Pourtant, j’ai la sensation d’entrer dans une nouvelle période de mon existence. Des problématiques anciennes qui se débloquent, des envies nouvelles, des projets qui se tissent et des amitiés merveilleuses qui se nouent… Tout n’est pas gagné, cependant.

Nous verrons où la vie me mènera. En attendant, je cultive patiemment le jardin de mes rêves : j’y sème de précieuses songeries, des fantasmes un peu fleur bleue et des aspirations profondes. Je prends soin de la vie de mes rêves et apprend à jeter un regard créateur sur mon quotidien. J’ai envie d’être l’artiste de ma vie. Et d’être libre, enfin libre : de mon corps, de mon esprit et de mes émotions. Plus d’être coincée dans l’exiguïté de schémas de pensées et d’obligations caduques. D’être moi. D’aider, d’aimer…

D’être.

Je vous inviterai donc, parce qu’il n’est pas trop tard, à quelques rituels de Samhain, pour aborder la nouvelle année celtique en toute sérénité. Profitez de la période de l’automne, puis de l’hiver, pour prodiguer du repos et de l’attention à votre corps. Chouchoutez-vous, chouchoutez ceux que vous aimez, vos compagnons animaux et vos amis ; enduisez amoureusement votre peau d’huiles nourrissantes et de parfums d’épices. Faites de longues promenades sous les gouttes de pluie scintillantes.

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Le premier rituel sera simple : confiez à la terre vos soucis et ce qui vous encombre l’esprit. Enfouissez-les dans le terreau noir et laissez la magie de la transformation opérer… Ou, si vous vous sentez plus proche de l’élément feu, écrivez une lettre à ce qui vous embarrasse, vous pèse, puis brûlez-la. Dans votre jardin, sur une assiette, par-exemple, ou dans une coupelle métallique. Admirez la flamme qui transforme vos soucis en quelque chose d’inoffensif, qui nourrira la terre et le sol, puis dispersez les cendres au pied d’un arbre que vous aimez…

Puis prenez un temps, pieds fermement ancrés dans le sol, pour imaginer votre vie délestée de ces fardeaux, de ces rancunes, ces vieilles colères, ou ces habitudes obsolètes. Ces obsessions, ces schémas de pensées qui vous empêchent d’être vous et de progresser. Visualisez dans tous les détails. Imaginez-vous heureux, léger, la démarche enthousiaste, marcher vers votre nouvelle maison, ou vous épanouir dans ce nouveau travail. Imaginez que vous décorez toute votre maison après y avoir fait le tri. Imaginez que vous commencez enfin cette nouvelle activité ou que vous prenez ce temps pour vous… Ou imaginez simplement votre quotidien sans ces ruminations

incessantes à propos de ce corps que vous n’aimez pas, etc.

Imaginez-vous en action, épanoui dans le changement, puis laissez-faire la vie. Laissez ces nouvelles pensées germer en vous, jusqu’à s’épanouir dans vos actes du quotidien. Croyez-y de tout votre cœur, arrosez ces précieuses pensées chaque jour et cultivez une attitude ouverte de gratitude envers la vie. N’ayez crainte : soyez vous-mêmes. C’est la meilleure chose qui puisse vous arriver ♥

Peut-être qu’un oiseau s’est mis à chanter, au loin, une chanson un peu triste. Peut-être que vous rouvrez les yeux sur le jabot de feu du rouge-gorge venu chaparder quelques graines, ou que le soleil filtre à travers les feuillages dorés. Peut-être que l’immobilité vous a donné froid…

Alors, rentrez-vous réchauffer autour d’une belle tisane aux épices pour stimuler votre feu digestif et vous donner le pouvoir de concrétiser vos envies.

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Ou savourez un pumpkin latte en souriant à votre chat ou à votre tendre moitié. La vie est belle, non ?

Une tasse de chaï pour après-midi de grisaille :

Pour 2 gourmands (si votre chat ou votre moitié ne goûte pas les épices, vous avez le droit de tout boire, promis) :

  • 300ml de lait d’amande (ou de lait végétal)
  • 4 cuillères à soupe de crème de coco cuisine (ou lait de coco)
  • 2 cuillères à soupe de sirop d’érable (facultatif)
  • 1 bâton de cannelle
  • 1 petit morceau de gingembre
  • 10 grains de poivre noir
  • une pointe de couteau de vanille en poudre
  • 5 clous de girofle
  • 7 gousses de cardamome
  • 1 pointe de couteau de piment fumé (facultatif)
  • 2 étoiles de badiane

Versez le lait dans une petite casserole avec les épices et faire chauffer à feu doux. Laisser cuire 5min, puis laisser infuser 10min.

Filtrer. Ajouter la crème de coco puis le sirop d’érable et verser dans des tasses.

Déguster ♥

Pumpkin latte végane :

 Pour 4 gourmands :

  • 150g de potimarron cuit (j’ai fait cuire un potimarron entier au four la veille au soir, puis ai prélevé le lendemain la quantité de chair dont j’avais besoin. Le reste a fini en délicieuse purée !)
  • 50g de purée de noix de cajou
  • 4 cuillères à soupe de sirop d’érable
  • 500ml d’eau
  • 2 bâtons de cannelle
  • 1 petit morceau de gingembre
  • 15 grains de poivre noir
  • une pointe de couteau de vanille en poudre
  • 10 clous de girofle
  • 12 gousses de cardamome
  • 1 pointe de couteau de piment fumé (facultatif)
  • 4 étoiles de badiane

Dans une casserole, verser l’eau avec les épices, faire chauffer le tout jusqu’à ébullition. La maintenir 5min, puis laisser infuser de 10 à 15min.

Filtrer

Ajouter le potimarron, la purée de noix de cajou et le sirop d’érable, puis mixer le tout soigneusement.

Si vous voulez un mélange un peu plus épais, vous pouvez remettre sur le feu et laisser cuire 10min en remuant, pour éviter que le fond n’attache. Et servir de suite ! ♥

Les gourmands pourront rajouter un voile de cannelle, ou un peu de crème fouettée de noix de coco ou de chantilly de soja.

Ou savourer ce breuvage exquis tel quel, avec un petit carré de chocolat, peut-être ?

Douce Samhain, et, puisqu’elle est déjà passée, douce plongée au cœur des mois sombres de l’année. Ne perdez jamais de vue la lumière, car elle est en vous.

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Tendrement vôtre,

Eve.