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Faut-il avoir peur du soja ?

Entre le tofu, le tempeh, le lait de soja et les protéines de soja, le marché est envahi de produits dérivés de ce petit haricot nommé soja. Il s’agit d’une plante cultivée et consommée depuis des millénaires et qui, cependant, passionne aujourd’hui les foules.

Dans le milieu de la cuisine saine, on vante les vertus du tofu ; il est décrié à la télévision, brandi comme un pâle cliché du végétarisme.

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Bref, une légumineuse sujette à de nombreuses polémiques. Glycine max, prosaïquement nommé « soja jaune » (à ne pas confondre avec le haricot mungo (Vigna radiata), la plante que l’on fait germer pour obtenir les fameuses « pousses de soja » qui…ne sont pas du soja !) était déjà considéré en Chine comme l’une des cinq plantes sacrées, près de trois millénaires avant notre ère. Soja, riz, blé, orge, millet étaient alors la base de l’alimentation chinoise.

Depuis, la petite graine a fait son chemin dans le monde entier, s’implantant peu à peu dans le reste de l’Asie, jusqu’à être introduite dans la gastronomie traditionnelle de nombreux pays. Son arrivée aux Amériques et en Europe s’avère relativement récente, car le soja n’est apparu sous forme de préparations diététiques ou de boissons infantiles qu’à l’extrême-fin du XIXème siècle (voire début XXème).

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De nos jours, une très large partie de la production de soja est destinée à nourrir le bétail, sous forme de tourteaux. Une autre partie, transformée et achetée sous forme fermentée de miso, de tempeh ou de tofu, est destinée à l’alimentation humaine. Sa richesse en protéines complètes (elles renferment les huit acides aminés que le corps ne sait pas synthétiser), en lipides (oméga 6) et sa relative pauvreté en glucides en font un aliment de choix pour remplacer les produits carnés, lorsque l’on est végétarien ou végétalien, ou simplement quand on souhaite diminuer ses apports de viande ou de poisson. Son profil nutritionnel est tout à fait équilibré ; en plus de contenir des nutriments intéressants, le soja est également riche en vitamines et oligo-éléments.

Pourquoi cette crainte de consommer du soja, alors ?

Les coupables sont une substance retrouvée dans la fève de cette légumineuse, les fameuses phyto-hormones dont vous avez forcément déjà entendu parler.

Futura-science donne la définition suivante des phyto-hormones :

« Hormone végétale. Substance biologique hautement active qui régule la croissance et le développement des plantes. Certaines agissent en tant que vecteur d’information pour réagir aux stress environnementaux (stress hydrique, attaque par des herbivores…), voire pour communiquer entre plantes. »

(Si vous souhaitez une explication plus complète et plus scientifique, rendez-vous sur http://www.universalis.fr/encyclopedie/phytohormones-hormones-vegetales/)

Parmi ces phyto-hormones, le soja renferme notamment des isoflavones, dont de la génistéine, la daidzéine et la glycitéine. Ces substances exercent une forte activité antioxydante sur le corps humain. Leur structure est similaire à celle des œstrogènes, hormones emblématiques du cycle féminin, dont elles miment l’action. Elles sont bel et bien actives sur le plan hormonal, et se fixent, au moins en partie, sur nos propres récepteurs hormonaux. Il faut préciser que leur activité hormonale est cependant de 1000 à 10 000 fois inférieure à celle de nos hormones endogènes.

C’est là que cela devient intéressant : les isoflavones entrant en interaction avec nos propres productions hormonales, elles exercent un effet régulateur sur notre équilibre hormonal. Par exemple, si votre organisme produit trop d’œstrogènes, les isoflavones vont en partie bloquer leur synthèse et leur assimilation. A l’inverse, en cas de carences, les isoflavones vont agir positivement sur le corps et permettre de combler les manques.

C’est aussi de là que sont parties les rumeurs sur la nocivité du soja en cas de cancer, et notamment de cancer du sein hormono-dépendant. Certaines hormones, dont font partie nos œstrogènes, exercent en effet une action de croissance sur les cellules cancéreuses. A l’inverse, certaines études (Nagata C., Mizoue T. et coll. Soy intake and breast cancer risk: an evaluation based on a systematic review of epidemiologic evidence among the Japanese population.) ont démontré l’action protectrice des phyto-œstrogènes, qui permettraient la destruction partielle des cellules cancéreuses.

Vous le voyez, la réalité n’est ni blanche, ni noire, mais bien plus complexe que cela…

Les allégations pro ou anti-cancer du soja sont souvent fondées sur une confusion entre œstrogènes et phyto-œstrogènes. S’y ajoute une certaine méconnaissance de leur rôle d’action dans l’organisme. Loin de moi l’idée de trancher (qui suis-je pour cela ?) et de penser à votre place. Cependant, je vous laisserai quelques utiles informations sur la fréquence de cancers du sein en Asie, pays qui est un grand consommateur de soja depuis des siècles : là-bas, les femmes ne sont pratiquement pas touchées par ce fléau.

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Pourquoi ?

Tout simplement parce que tous les produits dérivés du soja ne se valent pas.

En Asie, la consommation de soja est certes régulière, mais elle excède rarement les 50g par jour. En outre, le soja est presqu’exclusivement consommé sous sa forme fermentée : tofu, miso, tempeh. La fermentation, en effet, fait drastiquement baisser le taux d’isoflavones contenu dans le soja. A l’inverse, le lait de soja, une des formes les plus courantes sous laquelle on consomme le soja en Occident (et pour ainsi dire inconnu en Asie) est extrêmement riche en isoflavones !

Sachez en outre que le soja, sous sa forme non-fermentée, est très riche en substances anti-nutritionnelles : les lectines et l’acide phytique sont des substances produites par la graine pour empêcher sa germination en l’absence de conditions propices. Sans trempage ni fermentation, ces substances sont toujours présentes dans la graine que vous consommez. Au moment de la digestion, les lectines et l’acide phytique agissent en se collant aux oligo-éléments, type calcium et magnésium, dont l’assimilation est entravée par la muqueuse intestinale.

Comment consommer le soja ?

Comme toujours, prudence et parcimonie sont de mise. Ne pas en faire une consommation trop importante (ne pas oublier qu’en Chine, il est vu comme condiment ; en outre, les Asiatiques sont habitués à en consommer depuis des millénaires. Forcément, cet aliment est mieux adapté à leur organisme qu’au nôtre !) et, surtout, éviter de boire trop souvent du lait de soja, extrêmement riche en isoflavones et en facteurs anti-nutritionnels. Ce conseil s’applique à tous, mais plus particulièrement aux femmes enceintes, enfants et femmes souffrant de cancer hormono-dépendant.

En revanche, le soja sous sa forme fermentée (miso, tempeh, lacto-fermenté) ne présente pas de risque, la fermentation débarrassant l’aliment de ses facteurs anti-nutritionnels et d’une partie des phyto-oestrogènes ; il présenterait au contraire une action protectrice et régulatrice du système hormonal.

Paracelse ne disait-il pas déjà pas que “ Tout est poison et rien n’est sans poison; la dose seule fait que quelque chose n’est pas un poison. ” ?

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L’art du flow dans l’écriture

Lorsqu’on écrit, on explore ses mondes intérieurs, on crée une réalité qui n’appartient d’abord qu’à nous. On la met au monde ; et, alors, libre à nous de la partager (ou non), avec des lecteurs. A partir du moment où les mots ont été déposés dans leur écrin de papier, ils ne nous appartiennent déjà plus vraiment. Je ne sais pas si vous avez déjà éprouvé cette sensation, vous qui créez ou écrivez : au bout d’un moment, vous faites corps avec votre stylo, votre pinceau, ou votre outil. Votre conscience et votre volonté se dérobent ; les personnages prennent consistance. Soudain, ce sont eux qui décident de leurs actes à votre place, et vous les observez évoluer, un peu surpris de ce que votre esprit a enfanté.

Cet état dans lequel l’esprit s’efface, d’heureuse communion avec la tâche que l’on effectue, porte un nom ; la psychologie positive l’a nommé le « flow ». A ne pas confondre avec le « stream of consciousness » (parfois appelé « flow » ou « flood of consciousness ») ! Cette technique littéraire popularisée par Virginia Woolf ou James Joyce consiste, dans un récit, à adopter un point de vue interne qui se veut la retranscription fidèle de toutes les pensées et états d’âme qui absorbent un personnage.

Qu’est-ce le flow ?

Non, le flow est un état découvert par le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi (à vos souhaits). Pour la petite histoire, ce terme est apparu en 1975, suite à des recherches menées par le professeur sur la créativité. Décrit comme le sentiment de se laisser porter « par une rivière », le flow exprime cette capacité à s’immerger complètement dans une activité. Joie de vivre, expérience suprême, concentration intense, sentiment d’accomplissement, distorsion de la perception du temps… Voilà quelques termes utilisés pour qualifier le flow. Toutes les ruminations disparaissent ; vous laissez une énergie douce mais puissante vous porter, et la créativité afflue alors en vous.

Les personnes qui parviennent le plus souvent à susciter cet état quasi-méditatif disent retirer plus de satisfaction de leur vie de tous les jours. En instaurant un sain détachement avec leurs pensées, elles parviennent à se libérer des schémas de pensées négatives ou des vieilles habitudes obsolètes. Aide thérapeutique contre la dépression ou le chagrin ? Nous savons tous que l’Art nous reconnecte à nous-mêmes et ensoleille notre vie…

Mais ce fameux flow, même s’il décrit un état souvent vanté par les philosophies orientales, est un état de conscience à la portée de tous. Naturellement, nous sommes tous happés par notre propre flow, au cours de la journée. Nous ne nous en rendons pas compte, la plupart du temps.

Vous l’aurez compris, le flow ne concerne pas que les disciplines artistiques. Vous l’éprouvez en faisant le ménage, la vaisselle, en courant ou au milieu de vos asanas, en chantant, en conduisant…

En revanche, il existe quelques petites techniques pour parvenir à cet état de bienheureuse « transe artistique ».

Je sais qu’il n’est pas toujours possible de se créer un endroit dévoué à sa pratique, quelle qu’elle soit (peinture, écriture, sculpture, yoga… Toute pratique créative qui met en lien avec la source de sa créativité). En revanche, vous pouvez faire de votre pratique un moment sacré. Et tel est mon premier conseil :

  1. Rendre sa pratique sacrée :

Qu’il s’agisse d’un instant pour vous recueillir en vous-mêmes, de quelques profondes respirations, ou même d’un Pranayama (celui de la respiration alternée, qui équilibre cerveau gauche et cerveau droit, me paraît tout à fait conseillé avant un exercice d’écriture), commencez toujours par poser une intention. Comme au début de votre séance de Yoga. Pourquoi travaillez-vous, aujourd’hui ? Pourquoi prenez-vous la plume ? Ne laissez pas la routine s’installer dans votre pratique. Gardez l’esprit clair, affûté, sur vos objectifs ; entretenez l’esprit curieux et ouvert du débutant. Et laissez-vous surprendre… Les moments où vous écrivez, peignez, jouez de la musique sont sacrés, parce qu’ils sont vôtres : un espace d’expression, où vous êtes vous-même. Chérissez-les. Alors, l’espace et le temps-mêmes de votre pratique deviennent un sanctuaire dans lequel se plonger.

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  1. Prendre le temps :

Tout Art demande du temps et de la patience pour s’épanouir. Les grands maîtres yogis ou ceux qui pratiquent les arts martiaux le savent : il n’est jamais trop de toute une vie pour apprendre à connaître son Art. Pour maîtriser les codes d’une cérémonie du thé, on dit qu’il faut quinze ans de pratique. Dans notre société où tout va trop vite, cette persévérance est loin d’être une valeur attendue. On recherche avant tout la rapidité, la productivité, la superficialité. C’est faux. L’écriture est un art de la maturité. Le style demande des années pour se forger, et il évolue sans cesse, avec vous. Il se nourrit de vos lectures, de vos rêves, de votre quotidien, de votre expérience. Chaque jour, prenez un peu de temps, ne serait-ce que vingt minutes, pour tenir un journal, de vos rêves, de votre quotidien, noter quelques idées, des impressions, un texte. C’est votre fil, votre lien avec votre pratique d’écriture ; ce qui fait de vous un Artiste. Même au milieu du quotidien, vous êtes relié à votre nature créative, toujours. Alors, ce temps, prenez-le, avec le sourire, avec rigueur – pour vous.

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  1. Instaurer une habitude :

L’être humain aime les rituels. Ce que je vais dire ici peut sembler contradictoire avec ma première entrée ; et pourtant ! Si vous écrivez chaque jour à la même heure, en conscience, votre cerveau finit par se mettre en condition à ce moment de la journée. Il sait – et vous savez – qu’il s’agit de votre moment, à vous. Les habitudes nous permettent tout simplement de gagner du temps, et de l’énergie. Au lieu de remettre en question votre emploi du temps, de trouver une demi-heure bancale entre une lessive et une séance de sport, qui sera tronquée par des coups de fil ou les obligations du quotidien, instaurez-vous un moment dans la journée, une plage libre, qui sera dévouée à l’écriture. Pendant ces vingt minutes, vous pénétrez dans votre monde ; les contingences matérielles n’existent plus. Vous déconnectez de tout le reste. Dans ces conditions, vous atteindrez plus facilement votre flow que si vous êtes préoccupé par mille choses, sans cesse.

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  1. Se laisser surprendre :

Dans notre monde, nous avons l’habitude de tout prévoir et tout planifier à l’avance. Les menus sont épinglés sur le réfrigérateur pour la semaine ; notre emploi du temps est rigoureusement fixé, rythmé par l’inflexible pendule ; nos vacances sont organisées avec une rigueur qui interdit la flânerie. Cette obsession du contrôle peut se retrouver dans notre pratique…et complètement nous empoisonner. Pour peu que vous écriviez un roman, une nouvelle, ou que vous travailliez sur un projet structuré, il est logique (et même préférable) d’avoir un plan, un scénario, des événements définis à l’avance. Cependant, de grâce, ne cherchez pas à tous prix à tout faire rentrer dans les limites froides et bornées d’un plan ! Laissez-vous surprendre ! Laissez-vous des moments pour vous exprimer et écrire au fil de la plume ! Renouez avec votre créativité, sa folie, son chaos. Elle est imprévisible, et merveilleuse ainsi. Prévoyez des exercices où vous vous soustrayez de ces contraintes scénaristiques. Juste pour le plaisir d’écrire. N’importe quoi ; une scène, un poème, une pièce de théâtre. Ce qui vous fait du bien.

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  1. Créer une ambiance d’écriture :

Je crois que c’est une expression que l’on m’entend souvent prononcer « une ambiance d’écriture ». Mais qu’est-ce que cela désigne exactement ?

Ecrire, c’est créer une ambiance et un monde. Pour mieux vous immerger dans votre petit univers, je vous recommande de vous créer toute une ambiance. Promis, tisane, bougie, musique accordée aux émotions que vous souhaitez transmettre dans votre passage ont toute une influence sur le résultat de votre création. En agissant sur vous, vous agissez sur ce que vous créez… Certains préféreront le silence, sans fioritures ; d’autres aimeront glisser une petite musique en fond. D’autres, encore, auront besoin de susurrer une mélodie, de s’en imprégner, ainsi que de tout ce qu’elle dégage, avant de se mettre au travail. N’oubliez pas : tout ce que vous êtes ou tout ce que vous faites nourrit votre pratique…

Si le sujet vous intéresse, je parlerai plus amplement des « ambiances d’écriture » dans un autre article – c’est un Art à part entière, un moyen de rejoindre réel et mondes intérieurs !

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  1. Ne pas se juger :

Être bienveillant envers soi. Voilà une phrase que l’on entend souvent, et qui rejoint le conseil donné par Fabrice Midal, comme une formule ou un mantra détonnant : « fichez-vous la paix ». Dans le sens où vous cessez de chercher la petite bête, de vous mettre en mode « autocritique sévère » pendant que vous pratiquez. Evidemment que votre texte sera toujours perfectible. En revanche, sans cesse reformuler, se désespérer parce que vous ce paragraphe ne ressemble à rien, parce que vos formulations patinent et s’enlisent…ne servira qu’à vous détourner de votre pratique. Ecrivez. Faites. Et, seulement quand vous avez terminé, prenez un petit moment pour vous relire. Regardez avec des yeux bienveillants le fruit de votre travail du jour – en toute honnêteté. Peut-être qu’en effet, vous n’étiez pas très en forme, qu’il faudra retravailler ci ou cela…mais cela fait partie de la pratique. Cela vous donne une idée de ce sur quoi vous devrez travailler ou vous concentrer le lendemain. Vous êtes dans une perpétuelle évolution. Mais ne vous dites jamais que ce que vous faites est nul. Demandez des avis extérieurs, focalisez-vous sur des objectifs, concentrez-vous sur les bienfaits de votre pratique. Partez de là où vous êtes. Chaque texte est un voyage. Concentrez-vous sur l’essentiel et ne vous jugez pas trop sévèrement.

Le « flow » est un moyen de prendre soin de son intériorité et de son esprit. Cette technique est considérée comme une thérapie – à la façon d’une méditation créative. Ne vous sentez pas frustré, si votre « flow » n’est pas parfait. C’est comme la méditation : plus vous cherchez à atteindre cet état, plus il vous échappe, comme une poignée de sable dans les mains d’un enfant. Ne le cherchez pas. Soyez ; œuvrez, créez, glissez de la joie dans votre pratique…et vous en ressortirez ressourcé, tout simplement.

Voilà, j’espère que ces quelques conseils vous motiveront dans votre pratique de l’écriture, ou dans votre Art ♥

Si vous avez d’autres habitudes, des moyens d’atteindre votre « flow », je serai heureuse de les connaître !

Que votre matinée soit douce ♥

Eve.