Contes & histoires, Réflexion

Le mensonge des contes

“ Tous les contes n’ont pas forcément une fin heureuse.

Certains s’achèvent sur un mariage entre le prince et la princesse. Et pourtant, tous deux ont vécu tant d’aventures pour avoir le droit de s’aimer que le quotidien leur paraît soudain insupportablement banal.

J’imaginais l’intrépide héroïne, celle qui a traversé des contrées marécageuses et combattu des dragons, élever des enfants. Sa beauté s’étiolait au fur et à mesure qu’elle donnait naissance à des marmots ingrats ; elle devait se lever en pleine nuit pour réconforter des bambins hantés par des cauchemars. Pendant qu’elle en berçait un contre son cœur, elle devait composer avec la multitude de petits qui se pressait dans ses jambes. Ses regards, d’un bleu limpide, se cernaient de poches mauves au fur et à mesure que les années passaient, que son prince, privé d’exercice, grossissait, et tombait dans le piège de l’alcool.

Les contes sont de belles histoires, à condition que l’on ne se penche pas trop sur leur fin. Deux inconnus que l’amour réunit d’un regard, c’est bien joli ; mais qu’en est-il du reste de leur vie ? Quand la routine a fini de consumer la passion qui les unissait ? Que se passe-t-il quand il ne reste plus rien de l’affection qui était née entre eux, rien qu’une habitude douloureuse, la vague envie de retrouver l’aventure et les excitations du passé ?

« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »

Est-ce là la définition du bonheur ? Se poser dans un château et procréer ? La vie n’est-elle pas plus riche, plus palpitante ?

Mon conte à moi ne connaît guère de fin conventionnelle. A décider entre l’amour et l’aventure, je crois que le choix aurait été vite fait. Mais, quelque part, j’avais eu de la chance, car, dans mon cas, l’amour à lui-seul promettait d’être une équipée. ”

Ariane, protagoniste du Veilleur, un conte cynique et décalé, dans lequel le prince n’est pas toujours qui on croit…

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Contes & histoires, Douceurs enchantées, Nouvelles, Recettes magiques

Muffins aux amandes – Les recettes de Néphret – partie 1

A travers une série de recettes à la frontière entre fiction et réel, découvrez la cuisine de l’étrange Néphret, esclave homme à tout faire du capricieux homme aux montres, gardien et passeur de mondes. Bon voyage gustatif ! ♥

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Debout comme un homme, il tenait pourtant plus du félin que de l’humain, avec son corps souple et svelte, tacheté d’ocelles. D’une crinière cuivrée et lustrée, pointaient deux oreilles…qui se plaquèrent aussitôt sur son crâne. L’homme aux montres, furibond lui jetait un regard assassin. La longue queue de la créature battait l’air nerveusement.

Il leva une patte griffue comme pour se protéger de la colère de son interlocuteur. Sa voix avait quelque chose de souffreteux et de contrit.

 « J’ai préparé le thé, maître, et vos muffins favoris, aussi.

— Les muffins aux abricots et aux amandes, Néphret, vraiment ?

— Oui, maître. J’ai pensé que vous auriez besoin d’un petit réconfort après cette dure journée… »

Le pauvre Néphret précédait son maître d’un air inquiet, soucieux d’obtenir son pardon.

« Il y en a pour notre invité, j’espère, répliqua son « maître » d’un ton menaçant.

— Bien…bien sûr, maître… »

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Muffins aux amandes et à la confiture d’abricots :

Très moelleux et irrésistiblement parfumés à la vanille, ces gâteaux sont les favoris de l’homme aux montres, le redoutable maître de Néphret. Dégustez-les avec un thé aux épices, un chaï latte ou une petite compote de fruits de saison – poires, pommes, prunes ? Ils fleurent bon l’automne et les goûters que l’on prenait, enfant, après une longue journée d’école ou des jeux dans les feuilles mortes.

  • 100g de farine d’avoine
  • 30g de farine de noix de coco
  • 125g de poudre d’amandes
  • 100g de sucre de canne complet
  • 150g de confiture d’abricots très parfumée
  • 200ml de crème de soja liquide ou de crème d’amande/avoine
  • 100ml de lait de coco entier
  • 1 sachet de poudre à lever
  • une pointe de couteau de vanille
  • une pincée de sel
  • 15 gouttes d’huile essentielle d’orange

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Préchauffer le four à 180°C.

Mélanger les farines avec la poudre d’amande, la poudre à lever, la vanille et le sel.

Dans un second récipient, mélanger le sucre avec la confiture, la crème de soja, puis le lait de coco et l’huile essentielle d’orange.

Verser le mélange liquide sur les poudres. Bien mélanger.

Répartir la pâte dans des moules à muffins garnis de caissettes en papier. Placer au four pour environ 20min de cuisson. Sortir du four, et…

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— Néphret ! Cesse tes messes basses et sers-nous donc du thé. Et des muffins, que je vois si tes talents de cuisinier méritent mon pardon. »

L’homme se laissa tomber dans un fauteuil ; Néphret, affairé et tremblant, papillonnait autour de lui. Je fus invité à m’asseoir également. J’avais l’impression d’être en visite chez un oncle lointain et un peu fantasque.

Néphret me tendit une tasse emplie d’un breuvage ambré, puis servit mon interlocuteur. Il tremblait tellement que la tasse s’entrechoquait contre la soucoupe. L’homme soupira.

«  C’est bon, Néphret. Je n’ai pas envie que tu fasses une syncope dans mon salon. Je ne t’en veux plus – pour le moment. »

Je crus un instant que Néphret allait défaillir, en effet, mais de soulagement, cette fois. Il se reprit rapidement, nous présenta un somptueux plat de muffins dodus et dorés et s’en fut vaquer à ses occupations dans ce que je devinais être la cuisine – avais-je rêvé, ou avais-je aperçu une poule se dandiner sur le plan de travail ?

« Ce cher Néphret ! Toujours si émotif… Mais c’est un bon serviteur, heureusement. Enfin. Racontez-moi tout. »

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Chocolat & compagnie, Contes & histoires, Douceurs enchantées, Projets de roman(s), Recettes magiques

Xocoatl : à la frontière entre fiction et cuisine :

Aujourd’hui, cette recette n’est que prétexte à vous amener dans l’univers de l’une de mes histoires.

Prêts à me suivre ?

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“ Peut-être, folie destinée à rompre le jeûne, m’accorderais-je une tasse de guachahua. C’était un breuvage épais au cacao, que l’on servait seulement sur les tables des plus nobles. Celui que nous pouvions trouver dans les échoppes des marchands était plus clair, et sans doute moins parfumé que les merveilles auxquelles les Ftéra avaient droit, mais l’arôme du chocolat sur le feu était à lui-seul une subtile gourmandise. Ma langue trépignait d’impatience à l’idée de connaître ces goûts délicats, fleuris et ronds. Ou bien oserais-je goûter au xocoatl, la boisson aphrodisiaque ? Oserais-je me rendre jusqu’à ces boutiques en marge des places et des rues, parce que secrètes et un peu ésotériques ?

Les épices, cannelle, gingembre, vanille, disait-on, exacerbaient le désir amoureux. Pour ma part, c’était surtout l’envie de l’interdit qui entraînait spontanément mes pas vers ces quartiers sombres, allumés par quelques lanternes de magie multicolores. On avait désiré que je me purifie ? Eh bien, ils allaient voir ! J’avais assez chanté de mantras et récité de prières en langue archaïque pour devenir une sainte – l’espace de quelques heures. ”

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Dans notre monde, xocoatl est le charmant nom que les peuples aztèques et maya donnaient au chocolat ; et, plus précisément, à la boisson confectionnée à partir d’épices et de fèves de cacao torréfiées qu’ils servaient lors des cérémonies et des occasions spéciales.

A Balimena, le principe n’est guère éloigné. Je me suis souvent demandé si les Mages de mon monde, dans leur désir sans cesse renouvelé d’explorations et de conquêtes, avaient un jour posé les pieds sur notre Terre. Comment l’auraient-ils trouvée ? Qu’auraient-ils pensé des instincts des hommes, plus orgueilleux que les plus vaniteux des Ftéra ?

Les Mages auraient sans doute ramené de notre monde quantité de recettes, d’astuces et même des créatures exotiques. Le xocoatl, envoûtant breuvage aux qualités euphorisantes, digestives, aphrodisiaques, n’aurait sans doute pas manqué d’attiser leur intérêt…

Dès lors, la fière Balimena aurait tenté de reproduire la recette aztèque – avec pour but, j’en suis certaine, de surpasser le goût du xocoatl originel…

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“ « Et qu’est-ce que j’peux faire pour une Artiste ? »

A partir de là, je sus à l’air de convoitise dans ses yeux – mais qui donc allait acheter des charmes à cette créature délabrée ? – que mon combat était gagné. Aussi fis-je durer le plaisir, avant de poser les yeux sur le chaudron. Comme je l’avais prévu, de délicats volutes de vapeur épicée s’en élevaient, charmant par avance mes papilles. La teinte d’un brun chaud me rappelait les yeux de Maître Declan, lorsqu’ils brillaient à la lueur des flambeaux du Temple, ou qu’un peu de colère venait y faire son nid. Le fameux xocoatl… Cela ne fit qu’aiguiser ma faim.

Avec moult soupirs, tous simulés, elle me servit une tasse du breuvage épais – épais, presque comme une crème, me rendis-je compte avec une fascination gourmande.  ”

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Xocoatl du feu :

pour deux amoureux…

✮ 15 fèves de cacao

✮ 1 bâton de cannelle

✮ 8 gousses de cardamome verte

✮ 5 clous de girofle

✮ 1 cuillère à café de gingembre en poudre

✮ 1 pincée de vanille

✮ 1 pinceau de piment doux

✮ 500ml d’eau chaude

✮ 100g de bon chocolat noir (minimum 70%, car le résultat final doit avoir une certaine amertume)

Dans une petite casserole, faire frémir l’eau, les fèves de cacao et les épices pendant 5 minutes. Couper le feu et laisser infuser 10 à 15 minutes.

Filtrez.

Vous pouvez déjà boire le breuvage ainsi ; il se rapprochera de la version originelle des aztèques. Pensez à sucrer ! (avec du sirop d’agave, par exemple)

Si vous souhaitez goûter à la recette Balimenaise : coupez le chocolat en morceaux, que vous laissez fondre dans l’eau épicée. Une fois le chocolat fondu, mélangez et portez soigneusement à ébullition.

Servez…et dégustez, pour une plongée en terres interdites !

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Contes & histoires

Quand je serai grande…

Quand je serai grande, je serais une gentille sorcière. Les gens qui viendront me voir me paieront avec du thé aux épices, du chocolat et avec les histoires qu’ils me raconteront.

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Quand je serai grande, j’habiterais avec mon chéri une belle maison au milieu d’un bois de chêne mystérieux. La brume viendra nous visiter chaque matin, quand ce ne serait pas une horde de biches en quête d’un petit-déjeuner de jeunes pousses et de tendres crosses de fougères.

Quand je serai grande, j’aurais un grand potager, où je ferais pousser des citrouilles rondes, rousses et savoureuses, des carottes violettes et des sourires à foison.

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Quand je serai grande, j’apprendrais toutes les danses du monde et j’organiserais de grands bals masqués dans la forêt, sous l’ombre de la lune.

Quand je serai grande, j’aurais trouvé la recette parfaite de brownie au chocolat et j’en préparerais chaque semaine une grande fournée à mon amoureux.

Quand je serai grande, j’aurais un cheval, un Frison, avec une liste blanche en forme d’étoile sur le front.

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Quand je serai grande, je voyagerais un peu partout pour rêver devant toutes les nuits du monde et faire du yoga sur les plages de Bali.

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Quand je serai grande, je ferais semblant d’être une princesse rien que pour danser la valse à Vienne.

Quand je serai grande, j’adopterais quinze chats et je donnerais à tous le prénom d’un personnage de Shakespeare.

Quand je serai grande, je me perdrais dans les rues de Londres ou de Dublin, et je me jetterais sur les traces de Dickens, des héroïnes d’Austen, de Joyce ou encore de Wilde.

Quand je serai grande, j’aurais une bibliothèque immense et un observatoire pour regarder les étoiles.

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Quand je serai grande, j’aurais un beau lit à baldaquin, un joli balcon avec une rambarde en fer forgé et un châle en laine rouge sous lequel me blottir par les frais matins d’automne, pour observer l’aube se lever.

Quand je serai grande, je partirais en Inde pour humer des parfums d’épices, de légumes rôtis au ghee et d’encens dans les temples, sur les traces de l’Ayurveda.

Quand je serai grande, j’organiserais de grands pique-niques à l’ombre des saules, avec tous les gens que j’aime, des rires, des jeux, des tartes aux noix de pécan et des nappes à carreaux.

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Quand je serai grande, j’apprendrais le nom de toutes les plantes comestibles, et je préparerais des crèmes à l’aspérule, des potages aux orties, des salades d’aubépine et de primevères, des sautés d’égopode et de lamier, des asperges sauvages en vinaigrette de lierre terrestre.

Quand je serai grande, je croirais toujours aux fées, aux dragons et aux elfes.

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Quand je serai grande, je porterais la même robe que Vera Ellen dans White Christmas quand elle danse avec Danny Kaye…

Quand je serai grande…  

Contes & histoires, Développement personnel, Lectures, Réflexion

Les huit commandements de l’auteur heureux et productif

Pourquoi est-ce que ce maudit projet n’avance pas ? Vous avez le scénario en tête, des pages et des pages de notes préparatoires. Ce n’est même pas le temps qui vous manque ; si vous étiez de bonne foi, vous sauriez qu’au lieu de traîner trois heures par jour sur Internet, vous pourriez écrire davantage et vous sentir plus satisfait. La vérité, c’est que vous persistez à vous fuir. Pourquoi ? Pourquoi tout processus créatif est-il si douloureux et nous met face à mille craintes qui ressortent soudain : suis-je doué ? Est-ce que ce ne sera pas du temps perdu ? Quelle est ma légitimité pour écrire une histoire/nouvelle/roman ?

Et, pire que tout : à quoi bon ?

Je ne prétends pas répondre à ces questions, lesquelles ont forcément une réponse personnelle (en tout cas, sachez que tout Art, quel qu’il soit, vaut la peine d’être déployé. C’est votre moyen d’expression, votre manière d’être au monde ; n’ayez pas honte de prendre du temps pour vous et pour vous exprimer !), mais voici quelques humbles conseils pour éviter les écueils de l’écrivain torturé qui se fuit lui-même – parce qu’il se juge sans cesse.

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Voici 8 les commandements de l’auteur productif et heureux !

 

A chaud, tu ne te reliras point :

Vous venez d’écrire deux pages sous le coup d’une brusque flambée d’inspiration. A priori, vous êtes plutôt content de la moisson du jour…jusqu’à ce que vous vous relisiez. Vous grimacez. Bon sang, mais qu’est-ce que cette tournure est mauvaise… Cette phrase ne veut rien dire. Le manque de vocabulaire vous afflige. Vous pataugez dans un marécage d’expressions sans queue ni tête. Et soudain, tous vos efforts se retrouvent engloutis sous une vague de découragement. A quoi bon l’inspiration, si tout ce que vous écrivez est aussi mauvais ?

C’est ce que j’appelle le piège de la relecture. Nous y sommes tous soumis, je pense, à des degrés divers. Et il n’y a rien de pire pour la confiance en soi qu’une relecture qui vous décourage de l’écriture… Votre esprit critique s’empare du moindre défaut, qu’il grossit démesurément.

Nous ne sommes jamais plus mauvais juges qu’à chaud, directement après l’écriture d’un passage. Au lieu de nous laisser aller à la critique impitoyable, mieux vaut laisser tomber la relecture, rester sur notre première impression (la meilleure, celle que nous avions pendant que nous écrivions) et laisser passer un peu de temps ; idéalement quelques jours. Le mieux serait presque d’enterrer le texte. Et d’y revenir après l’avoir pour ainsi dire oublié – avec un regard neuf. Ainsi, vous serez constructif, et non piégé par des critiques contre-évolutives.

Tu ne te jugeras point :

Nous avons tous des mentors en écriture, plus ou moins assumés. Si vous voulez tout savoir, les miens se nomment Barjavel, Oscar Wilde et Charlotte Brontë. Nous avons tous des idoles, des auteurs dont nous jalousons un peu le style et la tournure aisée… Le piège est le suivant : vouloir se comparer aux grands auteurs. En comparaison de leur maîtrise de l’écriture, nos propres productions apparaissent soudain bien pâles. C’est le malaise, la honte, le découragement. A quoi bon écrire si on n’est pas Victor Hugo ?

(comme il n’y a eu qu’un seul Victor Hugo, plus personne ne devrait plus jamais rien écrire. Imaginez, avant lui, que Victor Hugo se soit désespéré de ne pas égaler le génie de Virgile et qu’il n’ait jamais rien produit… ?)

Justement, vous n’êtes pas Victor Hugo : vous êtes vous. Et c’est tant mieux. Source d’inspiration plus que source de malaise, nos mentors en écriture ne devraient jamais nous complexer.

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Le critique intérieur tu renverras :

Même combat. La petite voix insidieuse qui soupire en vous que vous manquez de talent et qui vous bride… Appelez-le comme vous voulez, je le surnomme pour ma part « le critique intérieur ». En l’occurrence, je trouve que l’expression s’applique très bien à la situation. Il s’agit de cette instance de votre être qui commente tout ce que vous accomplissez, souvent sans une ombre de bienveillance (et sans objectivité non plus…). Au lieu de vous servir, ses remarques vous découragent et vous détournent de votre tâche. Parce que nous y sommes toujours vulnérables, parce qu’on n’y est jamais complètement immunisés, parce qu’il y a des jours où il reprend le dessus, écrivez sur un post-it de votre bureau, en lettres capitales : VOUS N’ÊTES PAS VOS PENSEES. Imprimez-le. Faites-vous-en un mantra. Chantez-le sur tous les tons… Le critique intérieur ne devrait jamais triompher, justement parce que…il ne vous sert à rien. La critique d’un ami, les reprises d’un bêta-lecteur : elles sont précieuses. Mais les geignements incessants de cette petite voix qui vous fait douter de tout, à commencer par vous… Non !

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La page blanche ta meilleure amie sera :

Ah, la fameuse page blanche. Quintessence du vide, de la peur de n’être plus bon à rien, de ne plus savoir qu’écrire, d’avoir le poignet rouillé, de… Ah, ça vous dit quelque chose ?

Nous avons tous des moments de passage à vide. Où rien ne vient. La tension monte. Les phrases raturées s’enchaînent les unes aux autres. L’esprit s’emballe. Pourquoi est-ce que j’écris, au fait ? Qu’est-ce que je fais-là ? Et si je n’y arrivais plus jamais ? Et si… Stop.

Et si cette brave page blanche devenait votre meilleure amie ? Rien ne vient ? Quelque chose vous bloque. Ou alors, la scène que vous voulez écrire refuse de se matérialiser sur le papier. Très bien. Partant du principe que le vide est fécond, détournons cette maxime bouddhiste à notre avantage. Revenez aux basiques. Laissez tout tomber, sortez inhaler quelques bouffées d’air frais puis, la plume comme l’emblème d’un guerrier des mots, reprenez votre poste.

Ecrivez tout autre chose. En général, quand on n’arrive à rien, c’est qu’on se bloque soi-même. Pour ce faire, rien de tel que l’écriture au fil de la plume. Ecrivez tout ce qui vous vient à l’esprit qui pourrait faire suite à ce début d’histoire, le plus basique et le plus ouverte possible : « Alors que vous vous promenez dans la forêt, vous entendez soudain des sanglots. Vous vous approchez pour découvrir… » Et laissez parler l’imagination, sans prise de bec avec vous-même ou votre critique stylistique intérieur. Juste laissez couler.

D’ici un quart d’heure, vous vous serez sans doute débloqué et pourrez peut-être envisager la scène qui vous bloquait avec un œil nouveau, reposé.

Tu ne te disperseras point :

Ah, Internet. Les mille onglets ouverts. Les stimulations permanentes. Les notifications qui s’enchaînent. Les sms. Le téléphone qui sonne. Le chien qui vous supplie de sortir… Les tentations pour vous détourner de votre chemin d’auteur sont innombrables. Le péril est d’y céder, trop souvent, trop fréquemment. Vous pensez que votre cerveau peut assumer plusieurs tâches à la fois, répondre au téléphone, écouter de la musique, discuter avec untel et rédiger telle ou telle scène en même temps. En vérité, il ne cesse de sauter d’une activité à l’autre. Résultat : vos pensées défilent, se mélangent, vous manquez de concentration. Votre cerveau déteste ça. Et comme cette scène ne vous emballe pas des masses, vous partez discutailler avec untel à la place. Résultat ? Vous avez écrit 30min sur les deux heures initialement prévues. Pas très bon pour l’estime de soi, ça non plus. Si vous voulez être efficace et au meilleur de vos capacités, il est important de vous mettre à écrire et rien qu’à écrire pendant un temps consacré à cela. Si c’est une demi-heure, tenez-vous-y. Deux heures aussi. Plongez dans le texte, immergez-vous dans les mots. Vivez ce que vous écrivez. Et si le critique intérieur frappe à votre porte, renvoyez-le comme vous le feriez d’un démarcheur téléphonique.

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L’inspiration tu revaloriseras :

Voilà un parti pris de ma part, sans doute, mais je pense que l’écriture sans une part de folie, d’inspiration, de quelque chose de créatif et d’un peu inexplicable, ressemble à un gâteau au chocolat sans chocolat. Il manque quelque chose ; vous vous demandez quoi (un peu, beaucoup, passionnément, à la folie), mais vous mangez quand même. Je pense qu’on ne peut pas tout contrôler, dans le processus d’écriture. J’en parlais dans un article sur le flow, mais si vous tentez de tout maîtriser, vous passerez à côté de l’essentiel. De temps en temps, pratiquez en vous détachant de vos notes, laissez-vous transporter ou surprendre au détour d’une phrase… Ré-enchantez votre pratique !

Du plaisir tu y prendras :

Tout est dit, non ? Jouez avec les mots ! Jouez avec vos personnages ! Peaufinez votre histoire et votre monde ! Si votre pratique est un jeu, vous ne vous ennuierez jamais. Tant que vous êtes passionné, vous risquez moins de souffrir d’un manque d’inspiration. Une scène vous ennuie ? Essayez de la voir sous un jour nouveau. Envisagez-la autrement. Amusez-vous avec les clichés !

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Se jeter dans les mots tu devras :

La première phrase, celle qui déterminera du reste de votre texte… Vous passez des heures à la chercher, à la faire aussi parfaite que possible… Les ébauches s’accumulent avec les ratures. Rien à faire, elle ne vous satisfait pas.

Je crois qu’en matière d’écriture, il faut se résigner à l’imperfection du début, jusqu’à la fin. Comme les premiers chapitres d’un roman sont ceux qu’on retouche le plus, les premières lignes d’un texte sont pareillement soumises à la merci de vos critiques. Soyez doux avec vous-même. Ne vous focalisez pas trop là-dessus ; de toute manière, vous y reviendrez, à ce début. Alors, plongez dans le texte. Le début étant susceptible d’évoluer avec l’histoire/le texte, faites-vous violence pour n’y revenir qu’à la fin du chapitre. Là, vous saurez vraiment où vous souhaitez en venir ; vos corrections et retouches seront alors efficaces.

Si vous avez du mal avec les débuts, un conseil qui est une méthode partagée par pas mal d’auteurs : sautez à pieds joints dans une scène. Dispute, conversation, voyage… Laissez les impressions se déployer autour de vous et planter le décor.

 

Voilà, j’espère que ces petits « commandements » vous auront plu/éclairé de la lumière de votre muse !

En attendant, je vous souhaite à tous une délicieuse soirée ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

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L’art du flow dans l’écriture

Lorsqu’on écrit, on explore ses mondes intérieurs, on crée une réalité qui n’appartient d’abord qu’à nous. On la met au monde ; et, alors, libre à nous de la partager (ou non), avec des lecteurs. A partir du moment où les mots ont été déposés dans leur écrin de papier, ils ne nous appartiennent déjà plus vraiment. Je ne sais pas si vous avez déjà éprouvé cette sensation, vous qui créez ou écrivez : au bout d’un moment, vous faites corps avec votre stylo, votre pinceau, ou votre outil. Votre conscience et votre volonté se dérobent ; les personnages prennent consistance. Soudain, ce sont eux qui décident de leurs actes à votre place, et vous les observez évoluer, un peu surpris de ce que votre esprit a enfanté.

Cet état dans lequel l’esprit s’efface, d’heureuse communion avec la tâche que l’on effectue, porte un nom ; la psychologie positive l’a nommé le « flow ». A ne pas confondre avec le « stream of consciousness » (parfois appelé « flow » ou « flood of consciousness ») ! Cette technique littéraire popularisée par Virginia Woolf ou James Joyce consiste, dans un récit, à adopter un point de vue interne qui se veut la retranscription fidèle de toutes les pensées et états d’âme qui absorbent un personnage.

Qu’est-ce le flow ?

Non, le flow est un état découvert par le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi (à vos souhaits). Pour la petite histoire, ce terme est apparu en 1975, suite à des recherches menées par le professeur sur la créativité. Décrit comme le sentiment de se laisser porter « par une rivière », le flow exprime cette capacité à s’immerger complètement dans une activité. Joie de vivre, expérience suprême, concentration intense, sentiment d’accomplissement, distorsion de la perception du temps… Voilà quelques termes utilisés pour qualifier le flow. Toutes les ruminations disparaissent ; vous laissez une énergie douce mais puissante vous porter, et la créativité afflue alors en vous.

Les personnes qui parviennent le plus souvent à susciter cet état quasi-méditatif disent retirer plus de satisfaction de leur vie de tous les jours. En instaurant un sain détachement avec leurs pensées, elles parviennent à se libérer des schémas de pensées négatives ou des vieilles habitudes obsolètes. Aide thérapeutique contre la dépression ou le chagrin ? Nous savons tous que l’Art nous reconnecte à nous-mêmes et ensoleille notre vie…

Mais ce fameux flow, même s’il décrit un état souvent vanté par les philosophies orientales, est un état de conscience à la portée de tous. Naturellement, nous sommes tous happés par notre propre flow, au cours de la journée. Nous ne nous en rendons pas compte, la plupart du temps.

Vous l’aurez compris, le flow ne concerne pas que les disciplines artistiques. Vous l’éprouvez en faisant le ménage, la vaisselle, en courant ou au milieu de vos asanas, en chantant, en conduisant…

En revanche, il existe quelques petites techniques pour parvenir à cet état de bienheureuse « transe artistique ».

Je sais qu’il n’est pas toujours possible de se créer un endroit dévoué à sa pratique, quelle qu’elle soit (peinture, écriture, sculpture, yoga… Toute pratique créative qui met en lien avec la source de sa créativité). En revanche, vous pouvez faire de votre pratique un moment sacré. Et tel est mon premier conseil :

  1. Rendre sa pratique sacrée :

Qu’il s’agisse d’un instant pour vous recueillir en vous-mêmes, de quelques profondes respirations, ou même d’un Pranayama (celui de la respiration alternée, qui équilibre cerveau gauche et cerveau droit, me paraît tout à fait conseillé avant un exercice d’écriture), commencez toujours par poser une intention. Comme au début de votre séance de Yoga. Pourquoi travaillez-vous, aujourd’hui ? Pourquoi prenez-vous la plume ? Ne laissez pas la routine s’installer dans votre pratique. Gardez l’esprit clair, affûté, sur vos objectifs ; entretenez l’esprit curieux et ouvert du débutant. Et laissez-vous surprendre… Les moments où vous écrivez, peignez, jouez de la musique sont sacrés, parce qu’ils sont vôtres : un espace d’expression, où vous êtes vous-même. Chérissez-les. Alors, l’espace et le temps-mêmes de votre pratique deviennent un sanctuaire dans lequel se plonger.

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  1. Prendre le temps :

Tout Art demande du temps et de la patience pour s’épanouir. Les grands maîtres yogis ou ceux qui pratiquent les arts martiaux le savent : il n’est jamais trop de toute une vie pour apprendre à connaître son Art. Pour maîtriser les codes d’une cérémonie du thé, on dit qu’il faut quinze ans de pratique. Dans notre société où tout va trop vite, cette persévérance est loin d’être une valeur attendue. On recherche avant tout la rapidité, la productivité, la superficialité. C’est faux. L’écriture est un art de la maturité. Le style demande des années pour se forger, et il évolue sans cesse, avec vous. Il se nourrit de vos lectures, de vos rêves, de votre quotidien, de votre expérience. Chaque jour, prenez un peu de temps, ne serait-ce que vingt minutes, pour tenir un journal, de vos rêves, de votre quotidien, noter quelques idées, des impressions, un texte. C’est votre fil, votre lien avec votre pratique d’écriture ; ce qui fait de vous un Artiste. Même au milieu du quotidien, vous êtes relié à votre nature créative, toujours. Alors, ce temps, prenez-le, avec le sourire, avec rigueur – pour vous.

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  1. Instaurer une habitude :

L’être humain aime les rituels. Ce que je vais dire ici peut sembler contradictoire avec ma première entrée ; et pourtant ! Si vous écrivez chaque jour à la même heure, en conscience, votre cerveau finit par se mettre en condition à ce moment de la journée. Il sait – et vous savez – qu’il s’agit de votre moment, à vous. Les habitudes nous permettent tout simplement de gagner du temps, et de l’énergie. Au lieu de remettre en question votre emploi du temps, de trouver une demi-heure bancale entre une lessive et une séance de sport, qui sera tronquée par des coups de fil ou les obligations du quotidien, instaurez-vous un moment dans la journée, une plage libre, qui sera dévouée à l’écriture. Pendant ces vingt minutes, vous pénétrez dans votre monde ; les contingences matérielles n’existent plus. Vous déconnectez de tout le reste. Dans ces conditions, vous atteindrez plus facilement votre flow que si vous êtes préoccupé par mille choses, sans cesse.

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  1. Se laisser surprendre :

Dans notre monde, nous avons l’habitude de tout prévoir et tout planifier à l’avance. Les menus sont épinglés sur le réfrigérateur pour la semaine ; notre emploi du temps est rigoureusement fixé, rythmé par l’inflexible pendule ; nos vacances sont organisées avec une rigueur qui interdit la flânerie. Cette obsession du contrôle peut se retrouver dans notre pratique…et complètement nous empoisonner. Pour peu que vous écriviez un roman, une nouvelle, ou que vous travailliez sur un projet structuré, il est logique (et même préférable) d’avoir un plan, un scénario, des événements définis à l’avance. Cependant, de grâce, ne cherchez pas à tous prix à tout faire rentrer dans les limites froides et bornées d’un plan ! Laissez-vous surprendre ! Laissez-vous des moments pour vous exprimer et écrire au fil de la plume ! Renouez avec votre créativité, sa folie, son chaos. Elle est imprévisible, et merveilleuse ainsi. Prévoyez des exercices où vous vous soustrayez de ces contraintes scénaristiques. Juste pour le plaisir d’écrire. N’importe quoi ; une scène, un poème, une pièce de théâtre. Ce qui vous fait du bien.

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  1. Créer une ambiance d’écriture :

Je crois que c’est une expression que l’on m’entend souvent prononcer « une ambiance d’écriture ». Mais qu’est-ce que cela désigne exactement ?

Ecrire, c’est créer une ambiance et un monde. Pour mieux vous immerger dans votre petit univers, je vous recommande de vous créer toute une ambiance. Promis, tisane, bougie, musique accordée aux émotions que vous souhaitez transmettre dans votre passage ont toute une influence sur le résultat de votre création. En agissant sur vous, vous agissez sur ce que vous créez… Certains préféreront le silence, sans fioritures ; d’autres aimeront glisser une petite musique en fond. D’autres, encore, auront besoin de susurrer une mélodie, de s’en imprégner, ainsi que de tout ce qu’elle dégage, avant de se mettre au travail. N’oubliez pas : tout ce que vous êtes ou tout ce que vous faites nourrit votre pratique…

Si le sujet vous intéresse, je parlerai plus amplement des « ambiances d’écriture » dans un autre article – c’est un Art à part entière, un moyen de rejoindre réel et mondes intérieurs !

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  1. Ne pas se juger :

Être bienveillant envers soi. Voilà une phrase que l’on entend souvent, et qui rejoint le conseil donné par Fabrice Midal, comme une formule ou un mantra détonnant : « fichez-vous la paix ». Dans le sens où vous cessez de chercher la petite bête, de vous mettre en mode « autocritique sévère » pendant que vous pratiquez. Evidemment que votre texte sera toujours perfectible. En revanche, sans cesse reformuler, se désespérer parce que vous ce paragraphe ne ressemble à rien, parce que vos formulations patinent et s’enlisent…ne servira qu’à vous détourner de votre pratique. Ecrivez. Faites. Et, seulement quand vous avez terminé, prenez un petit moment pour vous relire. Regardez avec des yeux bienveillants le fruit de votre travail du jour – en toute honnêteté. Peut-être qu’en effet, vous n’étiez pas très en forme, qu’il faudra retravailler ci ou cela…mais cela fait partie de la pratique. Cela vous donne une idée de ce sur quoi vous devrez travailler ou vous concentrer le lendemain. Vous êtes dans une perpétuelle évolution. Mais ne vous dites jamais que ce que vous faites est nul. Demandez des avis extérieurs, focalisez-vous sur des objectifs, concentrez-vous sur les bienfaits de votre pratique. Partez de là où vous êtes. Chaque texte est un voyage. Concentrez-vous sur l’essentiel et ne vous jugez pas trop sévèrement.

Le « flow » est un moyen de prendre soin de son intériorité et de son esprit. Cette technique est considérée comme une thérapie – à la façon d’une méditation créative. Ne vous sentez pas frustré, si votre « flow » n’est pas parfait. C’est comme la méditation : plus vous cherchez à atteindre cet état, plus il vous échappe, comme une poignée de sable dans les mains d’un enfant. Ne le cherchez pas. Soyez ; œuvrez, créez, glissez de la joie dans votre pratique…et vous en ressortirez ressourcé, tout simplement.

Voilà, j’espère que ces quelques conseils vous motiveront dans votre pratique de l’écriture, ou dans votre Art ♥

Si vous avez d’autres habitudes, des moyens d’atteindre votre « flow », je serai heureuse de les connaître !

Que votre matinée soit douce ♥

Eve.

Citations inspirantes, Contes & histoires, Douceurs enchantées, Projets de roman(s), Recettes magiques, Repas des elfes

Rêver avec des brioches épeautre-cannelle-noix de pécan

J’aimerais connaître la recette d’une potion, philtre ou breuvage subtil, qui me transporterait dans les mondes que je tisse de mots. J’aimerais courir sur les landes ou à la poursuite de feux follets aux côtés de ma sorcière, ma Jodie. J’aimerais promener la main sur les moellons et les pierres humides des murs du château de Kullinghan. J’aimerais plonger le nez dans les crins noirs et fournis de Xaos, galoper sur le dos d’Ailim, tâter les écailles des dragons.

Rien qu’une soirée, bercée par la voix des bardes et les joyeux trilles de la musique d’Otter. Rien qu’une après-midi, les yeux dans les yeux avec Jaufré de Rousselune…

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Je les connais, et cependant, je suis condamnée à ne jamais les voir qu’en imagination. Mes personnages… Des amis. Cruelle destinée de celui qui crée et dessine, qui enfante des mondes qui ne vivent que le temps d’un rêve… Rêve, réalité ; souvent, on oppose les deux. Mais les rêves ne sont-ils pas immortels ? Ne peuvent-ils pas se partager ? Lorsque je songe aux récits des mythologies antiques et celtiques, à ceux de Chrétiens de Troyes, des épopées qui ont survécu, je me prends à espérer – que mon petit monde vive un jour au-delà de moi. Du rêve d’un aède, Homère a fait l’Odyssée, dont tous, nous nous rappelons de l’aurore aux doigts de rose.

μος δ ριγνεια φνη οδοδκτυλος Ἠώς

(Emos d’èriyéneia phanè rhododaktulos Eos)

Loin de moi toute prétention littéraire. Je pense que ceux qui écrivent ne sont pas étrangers à ce sentiment : on aimerait que notre monde existe pour de vrai ! Je n’oserai jamais (jamais !) me comparer à Homère ni à aucun grand écrivain. Mais quelle meilleure façon de faire exister son empire de songes que de le partager ?

En attendant, je me console ; j’invente des recettes que je les imagine savourer, tous ensemble, Erell, un peu de gouaille au coin des lèvres, Jaufré regardant Nathaniel en chien de fusil, Jodie riant et secouant ses cheveux de jais, Karil réservant à Sovay les meilleurs morceaux…

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Petites brioches rustiques, petit-épeautre, pécan & cannelle

  • 150g de farine de petit épeautre complète
  • 150g de farine de kamut complète
  • 50g de farine de riz complet ou d’avoine
  • 100g d’huile de noix de coco fondue
  • 200ml de lait de noisettes/d’amande/de riz
  • 100g de noix de pécan concassées
  • 1 sachet de levure de boulanger
  • 1 cuillère à soupe de sucre complet
  • 1 cuillère à soupe de cannelle
  • 1 cuillère à café de mélange d’épices à pain d’épices
  • 1 généreuse pincée de sel

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Commencez par mélanger les farines ensemble avec les épices et le sel.

Pendant ce temps, tiédissez le lait avec le sucre et versez-y la levure. Laissez gonfler un moment.

Ajoutez l’huile, puis le lait et la levure au mélange de farine, et mélangez soigneusement, jusqu’à obtenir une belle boule de pâte non collante. Pétrissez soigneusement.

Formez ensuite de petites boules de pâte que vous laisserez lever sur une plaque, près d’une source de chaleur. Laissez lever au moins une heure.

Puis, à four chaud, enfournez 20min à 180°C.

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Régalez-vous ! Ces petites merveilles sont rustiques, assez compactes, peu levées, mais délicieuses en goût. J’adore le côté « roots » de la farine complète, qui se marie à merveille avec celui des épices. La croûte est croustillante, surtout sortie du four. Les petites brioches se dégusteront avec une purée de noisettes grillées, de la purée d’amande, un carré de chocolat ou bien, natures, telles quelles, toute chaudes encore – le parfum qui se dégage du four est une tentation en lui-même, oui-oui.

J’espère que vous apprécierez cette nouvelle plongée dans mon petit univers médiéval…

Tendrement vôtre,

Eve.

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