Chocolat & compagnie, Contes & histoires, Douceurs enchantées, Projets de roman(s), Recettes magiques

Xocoatl : à la frontière entre fiction et cuisine :

Aujourd’hui, cette recette n’est que prétexte à vous amener dans l’univers de l’une de mes histoires.

Prêts à me suivre ?

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“ Peut-être, folie destinée à rompre le jeûne, m’accorderais-je une tasse de guachahua. C’était un breuvage épais au cacao, que l’on servait seulement sur les tables des plus nobles. Celui que nous pouvions trouver dans les échoppes des marchands était plus clair, et sans doute moins parfumé que les merveilles auxquelles les Ftéra avaient droit, mais l’arôme du chocolat sur le feu était à lui-seul une subtile gourmandise. Ma langue trépignait d’impatience à l’idée de connaître ces goûts délicats, fleuris et ronds. Ou bien oserais-je goûter au xocoatl, la boisson aphrodisiaque ? Oserais-je me rendre jusqu’à ces boutiques en marge des places et des rues, parce que secrètes et un peu ésotériques ?

Les épices, cannelle, gingembre, vanille, disait-on, exacerbaient le désir amoureux. Pour ma part, c’était surtout l’envie de l’interdit qui entraînait spontanément mes pas vers ces quartiers sombres, allumés par quelques lanternes de magie multicolores. On avait désiré que je me purifie ? Eh bien, ils allaient voir ! J’avais assez chanté de mantras et récité de prières en langue archaïque pour devenir une sainte – l’espace de quelques heures. ”

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Dans notre monde, xocoatl est le charmant nom que les peuples aztèques et maya donnaient au chocolat ; et, plus précisément, à la boisson confectionnée à partir d’épices et de fèves de cacao torréfiées qu’ils servaient lors des cérémonies et des occasions spéciales.

A Balimena, le principe n’est guère éloigné. Je me suis souvent demandé si les Mages de mon monde, dans leur désir sans cesse renouvelé d’explorations et de conquêtes, avaient un jour posé les pieds sur notre Terre. Comment l’auraient-ils trouvée ? Qu’auraient-ils pensé des instincts des hommes, plus orgueilleux que les plus vaniteux des Ftéra ?

Les Mages auraient sans doute ramené de notre monde quantité de recettes, d’astuces et même des créatures exotiques. Le xocoatl, envoûtant breuvage aux qualités euphorisantes, digestives, aphrodisiaques, n’aurait sans doute pas manqué d’attiser leur intérêt…

Dès lors, la fière Balimena aurait tenté de reproduire la recette aztèque – avec pour but, j’en suis certaine, de surpasser le goût du xocoatl originel…

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“ « Et qu’est-ce que j’peux faire pour une Artiste ? »

A partir de là, je sus à l’air de convoitise dans ses yeux – mais qui donc allait acheter des charmes à cette créature délabrée ? – que mon combat était gagné. Aussi fis-je durer le plaisir, avant de poser les yeux sur le chaudron. Comme je l’avais prévu, de délicats volutes de vapeur épicée s’en élevaient, charmant par avance mes papilles. La teinte d’un brun chaud me rappelait les yeux de Maître Declan, lorsqu’ils brillaient à la lueur des flambeaux du Temple, ou qu’un peu de colère venait y faire son nid. Le fameux xocoatl… Cela ne fit qu’aiguiser ma faim.

Avec moult soupirs, tous simulés, elle me servit une tasse du breuvage épais – épais, presque comme une crème, me rendis-je compte avec une fascination gourmande.  ”

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Xocoatl du feu :

pour deux amoureux…

✮ 15 fèves de cacao

✮ 1 bâton de cannelle

✮ 8 gousses de cardamome verte

✮ 5 clous de girofle

✮ 1 cuillère à café de gingembre en poudre

✮ 1 pincée de vanille

✮ 1 pinceau de piment doux

✮ 500ml d’eau chaude

✮ 100g de bon chocolat noir (minimum 70%, car le résultat final doit avoir une certaine amertume)

Dans une petite casserole, faire frémir l’eau, les fèves de cacao et les épices pendant 5 minutes. Couper le feu et laisser infuser 10 à 15 minutes.

Filtrez.

Vous pouvez déjà boire le breuvage ainsi ; il se rapprochera de la version originelle des aztèques. Pensez à sucrer ! (avec du sirop d’agave, par exemple)

Si vous souhaitez goûter à la recette Balimenaise : coupez le chocolat en morceaux, que vous laissez fondre dans l’eau épicée. Une fois le chocolat fondu, mélangez et portez soigneusement à ébullition.

Servez…et dégustez, pour une plongée en terres interdites !

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Rêver avec des brioches épeautre-cannelle-noix de pécan

J’aimerais connaître la recette d’une potion, philtre ou breuvage subtil, qui me transporterait dans les mondes que je tisse de mots. J’aimerais courir sur les landes ou à la poursuite de feux follets aux côtés de ma sorcière, ma Jodie. J’aimerais promener la main sur les moellons et les pierres humides des murs du château de Kullinghan. J’aimerais plonger le nez dans les crins noirs et fournis de Xaos, galoper sur le dos d’Ailim, tâter les écailles des dragons.

Rien qu’une soirée, bercée par la voix des bardes et les joyeux trilles de la musique d’Otter. Rien qu’une après-midi, les yeux dans les yeux avec Jaufré de Rousselune…

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Je les connais, et cependant, je suis condamnée à ne jamais les voir qu’en imagination. Mes personnages… Des amis. Cruelle destinée de celui qui crée et dessine, qui enfante des mondes qui ne vivent que le temps d’un rêve… Rêve, réalité ; souvent, on oppose les deux. Mais les rêves ne sont-ils pas immortels ? Ne peuvent-ils pas se partager ? Lorsque je songe aux récits des mythologies antiques et celtiques, à ceux de Chrétiens de Troyes, des épopées qui ont survécu, je me prends à espérer – que mon petit monde vive un jour au-delà de moi. Du rêve d’un aède, Homère a fait l’Odyssée, dont tous, nous nous rappelons de l’aurore aux doigts de rose.

μος δ ριγνεια φνη οδοδκτυλος Ἠώς

(Emos d’èriyéneia phanè rhododaktulos Eos)

Loin de moi toute prétention littéraire. Je pense que ceux qui écrivent ne sont pas étrangers à ce sentiment : on aimerait que notre monde existe pour de vrai ! Je n’oserai jamais (jamais !) me comparer à Homère ni à aucun grand écrivain. Mais quelle meilleure façon de faire exister son empire de songes que de le partager ?

En attendant, je me console ; j’invente des recettes que je les imagine savourer, tous ensemble, Erell, un peu de gouaille au coin des lèvres, Jaufré regardant Nathaniel en chien de fusil, Jodie riant et secouant ses cheveux de jais, Karil réservant à Sovay les meilleurs morceaux…

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Petites brioches rustiques, petit-épeautre, pécan & cannelle

  • 150g de farine de petit épeautre complète
  • 150g de farine de kamut complète
  • 50g de farine de riz complet ou d’avoine
  • 100g d’huile de noix de coco fondue
  • 200ml de lait de noisettes/d’amande/de riz
  • 100g de noix de pécan concassées
  • 1 sachet de levure de boulanger
  • 1 cuillère à soupe de sucre complet
  • 1 cuillère à soupe de cannelle
  • 1 cuillère à café de mélange d’épices à pain d’épices
  • 1 généreuse pincée de sel

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Commencez par mélanger les farines ensemble avec les épices et le sel.

Pendant ce temps, tiédissez le lait avec le sucre et versez-y la levure. Laissez gonfler un moment.

Ajoutez l’huile, puis le lait et la levure au mélange de farine, et mélangez soigneusement, jusqu’à obtenir une belle boule de pâte non collante. Pétrissez soigneusement.

Formez ensuite de petites boules de pâte que vous laisserez lever sur une plaque, près d’une source de chaleur. Laissez lever au moins une heure.

Puis, à four chaud, enfournez 20min à 180°C.

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Régalez-vous ! Ces petites merveilles sont rustiques, assez compactes, peu levées, mais délicieuses en goût. J’adore le côté « roots » de la farine complète, qui se marie à merveille avec celui des épices. La croûte est croustillante, surtout sortie du four. Les petites brioches se dégusteront avec une purée de noisettes grillées, de la purée d’amande, un carré de chocolat ou bien, natures, telles quelles, toute chaudes encore – le parfum qui se dégage du four est une tentation en lui-même, oui-oui.

J’espère que vous apprécierez cette nouvelle plongée dans mon petit univers médiéval…

Tendrement vôtre,

Eve.

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Contes & histoires, Douceurs enchantées, Projets de roman(s), Recettes magiques, Repas des elfes, Romans

Le pain des elfes – recette magique

L’excitation est un alcool précieux.

Jeudi 9 février, mon roman et le petit univers qui en découle fêtaient leurs un an. Cette journée a été aussitôt décrétée spéciale. Un lever poétique bien avant l’aube et une séance de Yoga, tandis que l’encens répandait dans la pièce ses vapeurs sacrées… Quelques rêves murmurés au nuage, les yeux brillants de certitude que le futur sera très beau, très brillant, et très doux. De plus en plus, je ressens l’envie que l’aventure de l’écriture se prolonge, se concrétise, prenne d’autres chemins, d’autres voies… J’espère que vous me suivrez dans cette nouvelle épopée, vous qui me lisez…

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Ce jour-là, je ne suis pas allée en cours – jusqu’au bout, je voulais rendre ce jeudi spécial. Mon ordinateur dans ma besace, chevauchant les rêves et les moindres rayons de soleil, j’ai hanté la BU et mon café favori, m’enfonçant dans les coussins de son ambiance moyenâgeuse et la musique sucrée déversée par les enceintes. Le thé Pomme d’Amour était parfumé à souhait ; le chocolat fondait sur la langue avec un goût plus délicat qu’à l’accoutumée. Tandis que les mots s’égrenaient les uns aux autres… Ce jour-là, j’ai terminé de corriger les cinquante dernières pages de mon manuscrit, retouché certaines scènes, été heureuse, puis triste, de quitter ceux qui sont devenus des amis, qui habitent mon esprit de leurs sourires et de leur courage. C’était un moment que je ne pouvais partager avec personne, je crois.

Pour fêter cette date symbolique, j’ai décidé de publier sur mon blog écriture (La Couleur de la Magie) quelques bonus divertissants du 9 au 15 février. Vous y trouverez notamment un horoscope fictif des personnages principaux, des fiches-personnages, des recettes… N’hésitez pas à aller les découvrir ou à vous plonger dans mon petit univers ! Les premiers chapitres du roman sont postés, ainsi qu’un synopsis. Je serai ravie de recueillir vos impressions, vos avis, vos pensées ♥

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Pour ne pas rompre avec la poésie de mon univers, quelques recettes tirées de mon roman, ou inspirées par mes personnages, vont être postées sur Antidote Veggie. La première est un petit délice que je nomme « le pain des elfes », à la fois parce qu’il est fort riche en goût et en énergie, et à la fois parce que les ingrédients qui le composent évoquent la forêt et l’automne roussoyant – oui, mon imaginaire associe cannelle, noisettes et vanille à l’automne.

Je vous propose donc un voyage gustatif sur les terres de la magie, en compagnie de renards, d’elfes des bois (pas au sens Tolkenien du terme… mes elfes sont des créatures mi-arbres mi-fées) et de héros ratés.

Sellez votre monture ou votre dragon et…partez pour un galop au milieu des futaies dorées !

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Pain des Elfes :

  • 100g de noisettes décortiquées
  • 150g d’un mélange d’amande et de noix de cajou (non grillées, non salées)
  • 150g de dattes moelleuses (Mazafati ou bien des Medjool trempées pendant 15min dans de l’eau tiède, ou bien des Deglet Nour trempées 2h)
  • 50g de pistaches concassées, décortiquées, non-salées, non-grillées
  • 50g d’un miel qui vous plaît (miel de chêne, pour moi, pour rappeler la forêt…)
  • 1 cuillère à soupe de cannelle en poudre
  • une belle pincée de vanille
  • une généreuse pincée de sel

Commencez par réduire au mixeur les oléagineux (noisettes et amandes) en poudre grossière (il doit rester des morceaux). Réservez.

Mixez les dattes avec 1 cuillère à soupe de leur eau de trempage, avec le miel, le sel et les épices.

Ajoutez les éclats de pistache, la poudre grossière (vraiment très grossière…plus des petits morceaux que de la poudre, à vrai dire) au mélange dattes-miel-épices, puis malaxez le tout de façon à former une boule collante.

Avec la pâte obtenue, façonnez des galettes ou des petits pains en pressant dans votre paume. Déposez les gâteaux obtenus sur une assiette, délicatement, puis réservez au frais pendant une heure au minimum.

Vous pouvez déguster ♥

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Ces pains des elfes sont particulièrement appréciés par les voyageurs en hiver ou au printemps. En plus de redonner de l’énergie, leur goût est délicieux. Leur effet est un peu magique : la cannelle envoûte le palais, et son effet régulateur de la glycémie fera du bien à votre organisme ! Les dattes, fructose, vitamines B et oligo-éléments (potassium, calcium, fer) restituent vos forces et nourrissent vos muscles, les bons lipides (insaturés) des fruits secs nourrissent le cerveau et sont une source sûre d’énergie.

Si vous réalisez cette recette, n’hésitez pas à m’en faire part, aventuriers du goût que vous êtes !

Tendrement vôtre,

Eve.

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La Muse assassinée

L’inspiration n’a plus vraiment la côte. Il semble que ce terme, passé dans le langage courant, souffre d’un soudain désamour. Serait-ce le rationalisme ambiant ? Le triomphe du sacro-saint travail sur la créativité que nous pistons toute notre vie, au détour d’un rêve d’enfant effeuillé, défloré ?

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Commençons par plonger aux racines de cette expression.

Que désigne réellement l’inspiration ?

Lorsque j’étais en hypokhâgne, nous avions beaucoup travaillé sur ces notions opposées de travail et d’inspiration. Je me souviens d’ailleurs très bien de la toute première dissertation de français de cette année extraordinaire, par un frais samedi matin. A dire vrai, je me souviens surtout de la note – qui, je vous l’assure, ne vaut pas la peine d’être mentionnée ici ; mais c’est le jeu, quand on arrive en prépa… Chuter, très bas, se relever, gravir la montagne en s’écorchant les mains et les genoux, autant fois que nécessaire.

Travail. Inspiration. De tous temps, les auteurs se sont disputés autour de ces deux notions. Alors que les antiques célébraient les vertus de l’insaisissable inspiration, don des dieux, bien des modernes cartésiens sont revenus par la suite de cette conception du monde. On imagine fort bien Flaubert, adepte du style irréprochable et du travail, jeter des regards méprisants en direction d’Homère ou d’Hésiode, qui débutaient toutes leurs œuvres par des invocations aux Muses… A l’inverse, qu’auraient pensé les auteurs de la Pléiade, Ronsard et Du Bellay (qui reconnaissaient cependant la valeur du travail sur la langue), pour ne citer que les principaux, fervents défenseurs des Muses, des thèses de Paul Valéry ? Nous dirons, pour être poli, que l’inspiration lui inspirait un certain mépris.

Être inspiré, c’était être touché par le dieu, soit être dans un état d’enthousiasme (du grec ἐνθουσιασμός) : littéralement : être possédé par θεός, le dieu. En théorie, si vous vous écriez soudain « Ça y est, j’ai retrouvé l’inspiration !! » et que vous vous mettez à écrire comme un fou au clavier, les mots s’enchaînant les uns aux autres avec une cohérence incroyable, c’est…parce qu’un dieu, un esprit, une Muse, qui sait, se tient derrière vous et vous souffle à l’oreille que dire et que faire.

Sauf que vous êtes tout seul devant votre ordinateur, que vous avez froid aux pieds et que vous mourez de soif, là-maintenant – et que la Muse du coin n’est pas trop le genre à vous faire du café… Dommage.

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Le monde est vraiment injuste.

Il y a ceux qui seraient en contact avec d’autres dimensions. Certains qui se prétendraient inspirés par des proches disparus. Je passerai sur les récits mystiques de Yogis qui ont réveillé leur Kundalini (n.d.a : la force vitale de chaque personne, qui dort enroulée comme un serpent, au bas de la colonne vertébrale, au niveau de Muladhara Chakra, le chakra-racine.) et ont soudainement accédé à une manne d’informations, maîtrisé des dizaines de langues, et sont mystérieusement devenus des poètes du jour au lendemain. Après tout, inspiration ou pas, elle est synonyme de croyance.

Parce que vous, vous n’arrivez à rien.

Pour autant, peut-on dire de l’écriture qu’elle est uniquement affaire de travail ? Là, serait-ce juste cela ? Suer sur sa feuille, pleurer, s’écorcher les doigts et les mains, s’user les nerfs et les yeux ?

Le travail, merci l’étymologie, provient du latin tripalium ; et tripalium signifie torture. Bon, vous qui écrivez, est-ce que sortir ce chapitre est franchement une tripalium – une torture ? Si c’était de la torture, je pense que vous ne revendiqueriez pas l’écriture comme étant votre passion. Ou vous avez de la passion une bien drôle de définition. Ce qui ne regarde que vous, cela-dit…

Et si notre Muse (oui, vous savez, celle qui refuse de vous faire du café et qui bosse à mi-temps pour vous – et encore, elle est très souvent malade, ces derniers temps. Réfléchissez-bien, je suis sûre que vous voyez de qui je parle…), c’était nous-mêmes ?

Non, reposez ces rideaux immédiatement, l’idée n’est pas de se draper dans une toge et d’égrener quelques notes sur une lyre. Venez par ici que je vous explique un peu…

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Notre Muse, c’est nous-mêmes, tout simplement parce que la source de notre inspiration se trouve en nous.

Je sais que quantité d’auteurs postulent que l’inspiration telle que l’entendaient les Anciens est un phénomène probable (par le biais d’une sorte de grande conscience collective qui dépasse notre petit égo, un genre d’inconscient universel, si vous voulez. Elizabeth Gilbert – dont vous pouvez retrouver des interviews sur Tedx – avait développé cette idée, me semblait-il, dans un numéro de Happinez que j’avais lu, et il y a d’autres auteurs qui pensent ainsi ! Voire des scientifiques). Sans renier cela (chacun est libre de penser ce qu’il veut), j’aurais plutôt tendance à penser que tout se trouve en nous. L’Alpha et l’Oméga de notre créativité trouve sa source à la fontaine de nos expériences de vie.

Ecriture automatique, rêves, journaux intimes, associations de mots, idées qui jaillissent à l’improviste, exactement quand il ne faut pas (au lieu de ranger ces dossiers merveilleux, par exemple, ou de remplir votre déclaration de revenu fiscal… Le cerveau, ce sacré petit procrastineur…), et j’en passe. Non, il n’y a rien de magique dans toutes ces techniques. Elles puisent au plus profond de vos propres ressources, celles que vous oubliez d’exploiter, pris par le tourbillon de la vie. Et qu’ont-elles en commun ? Elles stimulent l’hémisphère droit de votre cerveau, relié à la créativité et à l’innovation, plutôt que le gauche, que nous utilisons en permanence – pour penser, juger, analyser, décortiquer. Quand le premier voit le tableau dans son ensemble, le second a tendance à tout voir selon un angle de vue restreint… Souvent celui de l’habitude, d’ailleurs.

Et puis il y a ceux qui n’ont jamais de problème. Toujours frais comme des fleurs des champs, tellement d’idées qu’ils ne peuvent pas toutes les exploiter… Leur Muse est bien vivante et bien active. A vrai dire, vous avez déjà considéré la kidnapper, mais sans jamais réussir… Oui, le monde est injuste, car nous ne sommes pas tous égaux au niveau de l’inspiration et des idées – a priori.

Justement, les techniques citées plus haut vous libèrent des limites de votre psyché, celles de l’éducation, de la raison, des inhibitions qu’on vous a imposées par couches successives depuis l’enfance. Vous créez de nouvelles connexions neuronales…

Si vous ne lui laissez pas de place pour qu’elle s’exprime, comment votre créativité peut-elle s’épanouir à travers vos œuvres et dans votre vie ? Si vous êtes quelqu’un de très logique, de très cérébral et d’organisé, qui a du mal à laisser place à l’imprévu, ou le regrette aussitôt, ne vous étonnez plus que la flamme que vous aviez pour vos projets s’éteigne aussi vite. Vous vous brimez.

Ou, du moins, la société ne vous a jamais appris à faire que cela : vous brimer, rentrer ce que vous avez d’unique et d’original en vous.

Mais vous savez quoi ?

C’est réversible. L’enfant qui inventait des histoires à partir d’une poignée de cailloux et imaginait des châteaux dans une fourmilière existe toujours. Il joue à cache-cache derrière des piles de concepts et de pensées abstraites. Mais laissez-lui le temps, acceptez de fermer les yeux et de compter jusqu’à dix, prêtez-vous à son jeu…et soudain, prunelles immenses, fossettes au creux des joues et jus de baies au coin des lèvres, il se retrouvera face à vous. Le tout sera alors de ne pas l’effaroucher…

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Vos émerveillements d’enfant, vos premières vacances, ce chaton qui est arrivé à la maison quand vous aviez cinq ans, le jour où vous avez cru rencontrer le prince charmant (vous aviez sept ans, et pas toutes vos dents…), la perte de votre meilleur ami, ces expériences simples, courir dans les champs, manger une part de tarte aux mirabelles préparée par maman, ce temps où tout semblait grandiose… que voilà des trésors ! Souvenez-vous du bonheur simple que vous trouviez dans ces choses, sommes toutes, banales. Insufflez à votre écriture le souffle épique de ces instants, les émotions sans taches, pures et puissantes, que vous éprouviez alors…

Soudain, le miracle a eu lieu. Vos pieds sont toujours froids, vous avez toujours aussi soif, mais…que s’est-il passé ? Cela ne vous fait plus rien.

En fin de compte, vous n’êtes plus seul. Vous les sentez presque : deux mains diaphanes et tièdes, posées sur vos épaules, une chevelure lustrée qui s’enroule et s’emmêle à la vôtre, et cette voix, une ambroisie qui irrigue votre cerveau… La Muse est là. De crainte de l’effaroucher, vous n’osez bouger. Seules vos mains continuent de pianoter en rythme sur le clavier, et vous vous autorisez un petit sourire.

Evidemment, ce n’est pas le genre de chose que vous pourrez raconter à n’importe qui. Peut-être que votre propre mère vous regarderait bizarrement. Sans doute votre compagnon s’amuserait-il à vous charrier sans fin à propos de la Muse imaginaire. Mais, quand bien même ? Vous savez ce que vous avez vu – et senti.

La Muse est en vous. Laissez-la sortir, et des miracles pourront s’accomplir…

Vous écrivez sous la diction de la Muse ? La Muse de vos propres idées et de vos mondes intérieurs ? Eh bien, n’êtes-vous pas en train de travailler ? Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’effort apparent et que vous n’êtes pas en train de lutter pour enfanter chaque phrase que vous ne travaillez pas. Prenez plaisir à ce que vous faites. Laissez couler. Laissez venir…

Voilà comment on pourrait réconcilier inspiration et travail – les deux facettes de l’art de l’écrivain, dans le fond…

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Ecrire à la main clarifie la pensée

Plutôt plume ou clavier ?

Une question qui ne se discute pas : à chacun sa sensibilité.

La lumière de l’écran et le « tap-tap » de vos doigts sur le clavier ou bien le crissement du stylo contre le papier : des sons ô combien rassurants quand on plonge dans les mondes de l’imaginaire ! Les uns disent que les idées coulent plus librement au fil de la plume ; d’autres ont besoin du recul que leur offre la page Word déployée devant eux. Aucune méthode ne se critique ! De toute façon, il faut bien passer par un ordinateur pour (re)taper ses textes, si l’on a la moindre prétention de les envoyer à une maison d’édition, ou tout simplement à des amis.

Rassurez-vous, cet article ne se revendique pas comme un plaidoyer anti-technologie !

Pourtant, la plume a largement ma préférence sur l’ordinateur. Le charme de sentir le poignet travailler et la main former les lettres, la couleur somptueuse de l’encre et la sobriété du papier. Guère besoin d’équipement encombrant : juste son petit carnet, quelques feuilles et un stylo (VOTRE stylo, celui, vous savez, qui ne vous quitte plus depuis des années, avec lequel vous avez passé tous vos examens, dont la seule idée de le perdre vous rend soudain maussade, triste ou malade d’angoisse…) et les phrases qui s’enfilent comme les perles sur un collier, dans un train, sur le coin d’une table, au café ou dans votre chambre. Couché, assis, débout ? Toutes les fantaisies sont permises !

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Pour être honnête, je trouve que le fait d’écrire sur papier a un charme redoutable et quelque peu désuet. C’est aussi doux et romantique qu’une journée aux champs, au milieu des fleurs sauvages. Et voilà que les paysages et les lumières de la campagne anglaise défilent devant mes yeux ; je revois les images de Bright Star et de l’idylle tendrement nouée entre John Keats et Fanny Browne, leurs mains qui se nouent dans l’air scintillant… BREF. (promis, j’arrête avec les images de ce film…)

John Keats:

Savez-vous qu’écrire à la main permet de mieux former sa pensée ? Vos mains symbolisent votre intention et votre potentiel créateur. Elles aident à construire votre réflexion et votre récit ; les mots et les scènes conçues par votre imaginaire prennent vie dans votre réalité ! Et tout cela grâce à cette mimine que vous serrez autour de votre tasse de thé (ce n’est pas un reproche, c’est très bien de siroter un thé en lisant ♥) ou avez posée nonchalamment sur la souris. En effet, le fait d’écrire stimule plusieurs zones de votre cerveau impliquées dans l’apprentissage et la création : le cortex moteur et le cortex somato-sensoriel. Tout à fait normal, me direz-vous, mais savez-vous que le fait de taper un texte à l’ordinateur n’a pas les mêmes effets sur votre cerveau ? On peut dire que l’écriture manuelle fait appel à vos mouvements et à vos sensations ; et n’est-ce pas ce que vous cherchez à communiquer à un lecteur ? (surtout si vous donnez dans l’épique, la fantasy, et que vos personnages ont une fâcheuse propension à se défier de la pointe du mousquet)

 my pen exploded... by Horace-Bulregard

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Au-delà de ces considérations, écrire à la main a un côté tendre et un peu secret. C’est drôle, j’ignore à quoi vous ressemblez, lecteur, mais je vous imagine avec un carnet à la main, l’air rêveur ; vous pressez ce feuillet empli de vos songeries et de vos histoires contre votre cœur. Elles sont là, elles vivent tout contre vous, tracées par votre main… Vous pouvez humer le papier, enluminer les marges, vous permettre de petites fantaisies touchantes, des étoiles sur les i, pourquoi pas ? Voilà qui est autrement plus personnel que cette page blanche de Word, que tous ceux qui écrivent pour leur travail ou leurs projets personnels, contemplent chaque jour. Une feuille a un vécu ; elle fût arbre, et elle est aujourd’hui l’outil et la matière principale de votre création. ♥

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Vous l’aurez deviné, je préfère largement écrire à la main.

Ma méthode n’a rien d’exemplaire, mais elle me convient tout à fait : après avoir écrit d’un trait le premier jet à la main (souvent en cours, d’ailleurs…), je le tape à l’ordinateur, au propre. Cette phase me permet de redécouvrir mon récit d’un œil neuf : quelles tournures de phrase sont à améliorer, quelles scènes à retravailler… En général, je ne change pas grand-chose, sauf si j’en ai l’inspiration et l’envie sur le moment, mais je NOTE sur le fichier Word quels changements et dans quel sens (ré)orienter les péripéties. Une fois le gros bébé entièrement rédigé sous Word, commence la phase la plus merveilleuse boring (en vrai, j’adore ça) : j’ai nommé : relecture et corrections !

Parfois, je laisse un peu de temps s’écouler entre le moment où j’ai tapé le récit et le moment où je le relis. Cela permet d’avoir du recul et d’avoir laissé le cerveau travailler à certains points. Souvent, j’ouvre mon fichier Word et m’écris « Eurekâ ! » face à certains passages qui m’avaient posé difficulté quelques semaines auparavant…

Mais, oui, ces moments à écrire dans ma chambre, avec une jolie musique et de l’encens, sont absolument précieux. Je ne sais pas vous, mais je ne retrouve pas toujours le même plaisir devant l’ordinateur…

Et vous ? Comment concevez-vous l’écriture ?

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J’écris, donc je suis

Février 2016. Une année toute jeune des célébrations passées. Le froid qui scintille dans l’air et les arbres qui balancent, tout doucement, nus encore, par la fenêtre.

Un cours de TD comme un autre, en médiévale. Un autre exposé que je n’écoute pas. Et les mots qui cherchent, qui balancent, qui tâtonnent sur une feuille blanche.

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C’était le 9 février, le jour où j’ai fait connaissance avec une sorcière étrange. Elle est devenue, au fil des mots, puis des pages, une amie précieuse, un double magique et plein de force d’âme. Elle est devenue le pilier de trois romans, celle par qui mes tourments sortaient et s’évadaient. Jodie.

Avant que je puisse relever la tête des séances en apnée qui se suivaient les unes aux autres, jour après jour, l’écriture avait pris une place importante dans ma vie ; celle que le vide et la tristesse occupaient avant. Le 9 mai, j’avais fini de rédiger sept cent vingt-trois pages de bonheur – un roman tout entier, qui est toujours mon petit bébé. J’écris comme je respire – et ceux qui me connaissent sauront que le souffle me manque parfois, parce que je suis asthmatique. Je ne sais pas ce que je serai sans les syllabes qui s’égrènent les unes après les autres, ces inspirations salvatrices dans le tourbillon de la vie.

Est-ce que cela vous dirait que je vous parler davantage d’écriture, ici ? D’écriture au quotidien, de mes projets que je garde timidement secrets, là, nichés dans mon cœur ? D’écrivains qui m’inspirent ? D’habitudes et de rituels d’écriture ? De pourquoi écrire ? De petits articles, des tranches de vie, servies crues ou à peine accommodées ?

Dites-moi, dites-moi tout, surtout… ♥

C’est un peu douloureux, d’arracher ces petits bouts de moi pour en parler – c’est intime, secret, caché ; j’écris parce que je suis, blessures comme joies – un être humain. C’est un peu douloureux, d’écrire, de pleurer les mots et de tirer l’encre à ses propres failles. Mais c’est tellement bon de sortir ce qui ne peut l’être autrement !

J’aimerais concevoir cette nouvelle série d’articles, si elle voit le jour, comme une suite d’échanges avec ceux qui écrivent aussi, comme autour d’un thé convivial : quelles sont vos pratiques, vos habitudes, vos envies, vos rêves… ? N’hésitez pas à vous exprimer…prenez la plume en commentaire ♥

Cet article n’était pas prévu et a germé au milieu d’une scène du tome 3 ; grand froid, âtre qui crépite et suave voix des bardes. Alors, je vous laisse et retourne à mes personnages ; mais j’attends vos réactions avec impatience…

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Que votre nuit soit douce, étoilée et pleine de rêves…

Tendrement vôtre,

Eve.

Contes & histoires, Projets de roman(s), Réflexion

Un projet un peu fou…

Bonjour, je m’appelle Eve et j’aime écrire.

Aujourd’hui, c’est un article très personnel que je publie. Je vous y livre un peu de mon expérience et de mes…rêves.

L’écriture, c’est ma passion. Une de mes passions, serait-il plus juste de dire ; parce que je partage mon temps entre animaux, nature, alimentation et naturopathie et…écriture.

J’avais 12 ans lorsque tout a commencé, mais c’est une autre histoire. Que je vous raconterai un autre jour, peut-être. Je serai donc brève.

Mon premier « roman » s’appelait La Quête de Linaewen (tout un programme…) et mettait en scène une jeune fille nommée Camellia qui découvrait soudain qu’elle provenait d’un autre monde, qu’elle était une elfe héritière du trône d’un royaume perdu, etc… Je ne l’ai jamais terminé, mais ses cinquante pages dorment toujours dans mes tiroirs. Cela fait presque huit ans, maintenant, mais je me rappelle toujours le bonheur que j’éprouvais à laisser les mots couler, libres, dans un monde sans tâches…

Camellia, c’était moi. Je sais, c’est cliché de dire qu’on écrit juste parce qu’on a besoin de se psychanalyser. Mais je crois qu’au fond de nous, l’écriture est toujours un peu liée à notre psychologie. Ce serait mentir que de prétendre le contraire. On écrit avec ses tripes, son âme, son cœur, son expérience. Pourquoi ? Parce que notre plume, c’est le reflet de notre petit monde intérieur, de nos peurs, conscientes et inconscientes, de nos espoirs, des sentiments qui nous agitent. Un peu comme les rêves qui nous font accéder à notre inconscient. Pour moi, en tout cas, c’est ainsi. Je ne sais pas pour vous…

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Je m’étais donc mise à écrire pour une raison très banale : je voulais me sortir d’une dépression et d’une phobie scolaire. Alors j’ai fait ce que j’avais toujours su tellement bien faire : fuir dans un autre monde, où tout s’arrangerait (peut-être). Un monde de fiction. Quand j’écrivais, je devenais Camellia, j’avais un dragon, des pouvoirs magiques, des amis merveilleux. Et même si j’avais peur, parfois, souvent, toujours, je m’en sortais.

Camellia n’est jamais vraiment partie. D’ailleurs, c’est devenu mon nom de plume. Camellia Baggins. Aussi le nom de mon Instagram. Quand j’écris, je redeviens un peu cette Camellia qui se met à nu et se déploie dans un arc-en-ciel de mots.

Je n’ai jamais abandonné l’écriture, même s’il y a évidemment eu des moments où, prise par la vie, les études, les soucis, je laissais un peu mes carnets de côté.

Toute cette longue introduction pour quoi ? Pour vous dire que j’ai un rêve fou : c’est celui de pouvoir vivre un jour, au moins en partie, de ce que j’écris.

Évidemment, je n’en suis pas là. Même si j’écris énormément depuis novembre 2015 (parfois, il faut partir d’un endroit, écouter ce que nous dit notre cœur, pour mieux se retrouver), que je noircis chaque jour des pages et des pages, je n’ai jamais rien publié. Et je n’y suis pas prête. J’ai peur du regard des autres. Quand je vous dis que j’écris avec mon âme, c’est vrai. Ma plume, c’est juste un bout de moi couché sur le papier. Alors j’angoisse toujours un peu avant de montrer mes écrits à quelqu’un. C’est idiot, mais si on les rejetait, j’aurais l’impression qu’on me rejetterait moi-aussi. Pourtant, j’adore partager. Et j’adorerais avoir des lecteurs. Bref, je suis un paradoxe vivant et il y a là un joli travail à mener, je suis d’accord, je ne le nie pas. En attendant, c’est comme ça…

Et en attendant, je me suis mise à écrire un roman.

Un vrai. Et je l’ai fini. 10 février 2016 – 9 mai 2016. 723 pages.

Trois mois à inventer, vivre et vibrer avec des personnages. Aujourd’hui, je suis en train de tout réécrire à l’ordinateur (j’écris exclusivement avec mon stylo à encre et sur papier), ce qui est long, mais tout aussi passionnant. En parallèle, il y a la suite qui s’écrit, tout doucement. Un petit frère, un deuxième tome qui s’ajoute à ce premier « roman » (mon dieu, j’ai presque peur de parler de roman, ce mot est trop présomptueux et grandiloquent XD), absolument pas prévu au départ, mais qui s’impose de plus en plus. Se pose alors la question de savoir pourquoi j’écris vraiment…

Pour publier ? J’imagine que c’est un rêve latent dans l’esprit de chaque écrivain en herbe. Oui. Parce que ce serait vivre de ma passion.

Pour partager ? Pour faire vivre mon petit monde intérieur ? Mais partager quoi ? Des valeurs, une vision du monde, des espoirs, aussi.

Je reprends ici ce que disait Terry Pratchett à propos de la fantasy et de la science-fiction en général : ces littératures de l’imaginaire nous permettent d’envisager la vie, l’univers, de façons différentes et complètement novatrices. C’est ça, la magie de l’écriture. Penser et repenser notre monde, avec un zeste d’idéalisme, peut-être. Mais toutes les grandes philosophies sont nées d’idéalisme et de naïveté (ou de pessimisme forcené…)

Un bien grand projet que tout cela. Et, de tout mon être, j’espère le faire aboutir…à quelque chose. Quoi ? J’ignore encore. Mais j’ai confiance en la vie et en ce qu’elle décidera de m’apporter…

Et vous, écrivez-vous ?

Les sublimes illustrations sont issues du site de Laura Csajagi, qui était présente aux Imaginales l’année dernière (et peut-être cette année ?). Allez voir son travail superbe !