Contes & histoires, Douceurs enchantées, Projets de roman(s), Recettes magiques, Repas des elfes, Romans

Le pain des elfes – recette magique

L’excitation est un alcool précieux.

Jeudi 9 février, mon roman et le petit univers qui en découle fêtaient leurs un an. Cette journée a été aussitôt décrétée spéciale. Un lever poétique bien avant l’aube et une séance de Yoga, tandis que l’encens répandait dans la pièce ses vapeurs sacrées… Quelques rêves murmurés au nuage, les yeux brillants de certitude que le futur sera très beau, très brillant, et très doux. De plus en plus, je ressens l’envie que l’aventure de l’écriture se prolonge, se concrétise, prenne d’autres chemins, d’autres voies… J’espère que vous me suivrez dans cette nouvelle épopée, vous qui me lisez…

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Ce jour-là, je ne suis pas allée en cours – jusqu’au bout, je voulais rendre ce jeudi spécial. Mon ordinateur dans ma besace, chevauchant les rêves et les moindres rayons de soleil, j’ai hanté la BU et mon café favori, m’enfonçant dans les coussins de son ambiance moyenâgeuse et la musique sucrée déversée par les enceintes. Le thé Pomme d’Amour était parfumé à souhait ; le chocolat fondait sur la langue avec un goût plus délicat qu’à l’accoutumée. Tandis que les mots s’égrenaient les uns aux autres… Ce jour-là, j’ai terminé de corriger les cinquante dernières pages de mon manuscrit, retouché certaines scènes, été heureuse, puis triste, de quitter ceux qui sont devenus des amis, qui habitent mon esprit de leurs sourires et de leur courage. C’était un moment que je ne pouvais partager avec personne, je crois.

Pour fêter cette date symbolique, j’ai décidé de publier sur mon blog écriture (La Couleur de la Magie) quelques bonus divertissants du 9 au 15 février. Vous y trouverez notamment un horoscope fictif des personnages principaux, des fiches-personnages, des recettes… N’hésitez pas à aller les découvrir ou à vous plonger dans mon petit univers ! Les premiers chapitres du roman sont postés, ainsi qu’un synopsis. Je serai ravie de recueillir vos impressions, vos avis, vos pensées ♥

~ ♦ ~

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Pour ne pas rompre avec la poésie de mon univers, quelques recettes tirées de mon roman, ou inspirées par mes personnages, vont être postées sur Antidote Veggie. La première est un petit délice que je nomme « le pain des elfes », à la fois parce qu’il est fort riche en goût et en énergie, et à la fois parce que les ingrédients qui le composent évoquent la forêt et l’automne roussoyant – oui, mon imaginaire associe cannelle, noisettes et vanille à l’automne.

Je vous propose donc un voyage gustatif sur les terres de la magie, en compagnie de renards, d’elfes des bois (pas au sens Tolkenien du terme… mes elfes sont des créatures mi-arbres mi-fées) et de héros ratés.

Sellez votre monture ou votre dragon et…partez pour un galop au milieu des futaies dorées !

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Pain des Elfes :

  • 100g de noisettes décortiquées
  • 150g d’un mélange d’amande et de noix de cajou (non grillées, non salées)
  • 150g de dattes moelleuses (Mazafati ou bien des Medjool trempées pendant 15min dans de l’eau tiède, ou bien des Deglet Nour trempées 2h)
  • 50g de pistaches concassées, décortiquées, non-salées, non-grillées
  • 50g d’un miel qui vous plaît (miel de chêne, pour moi, pour rappeler la forêt…)
  • 1 cuillère à soupe de cannelle en poudre
  • une belle pincée de vanille
  • une généreuse pincée de sel

Commencez par réduire au mixeur les oléagineux (noisettes et amandes) en poudre grossière (il doit rester des morceaux). Réservez.

Mixez les dattes avec 1 cuillère à soupe de leur eau de trempage, avec le miel, le sel et les épices.

Ajoutez les éclats de pistache, la poudre grossière (vraiment très grossière…plus des petits morceaux que de la poudre, à vrai dire) au mélange dattes-miel-épices, puis malaxez le tout de façon à former une boule collante.

Avec la pâte obtenue, façonnez des galettes ou des petits pains en pressant dans votre paume. Déposez les gâteaux obtenus sur une assiette, délicatement, puis réservez au frais pendant une heure au minimum.

Vous pouvez déguster ♥

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Ces pains des elfes sont particulièrement appréciés par les voyageurs en hiver ou au printemps. En plus de redonner de l’énergie, leur goût est délicieux. Leur effet est un peu magique : la cannelle envoûte le palais, et son effet régulateur de la glycémie fera du bien à votre organisme ! Les dattes, fructose, vitamines B et oligo-éléments (potassium, calcium, fer) restituent vos forces et nourrissent vos muscles, les bons lipides (insaturés) des fruits secs nourrissent le cerveau et sont une source sûre d’énergie.

Si vous réalisez cette recette, n’hésitez pas à m’en faire part, aventuriers du goût que vous êtes !

Tendrement vôtre,

Eve.

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Citations inspirantes, Développement personnel, Lectures, Réflexion, Romans

La nuit des temps, René Barjavel

Tu as regardé les côtelettes avec horreur. Tu as dit :
– C’est un morceau coupé dans une bête ?
Je n’avais pas pensé à ça. Jusqu’à ce jour, pour moi, une côtelette n’était qu’une côtelette. J’ai répondu avec un peu de gêne :
– Oui.
Tu as regardé la viande, la salade, les fruits. Tu m’as dit :
– Vous mangez de la bête !… Vous mangez de l’herbe !… Vous mangez de l’arbre !…
J’ai essayé de sourire. J’ai répondu :
– Nous sommes des barbares.
J’ai fait venir des roses.
Tu as cru que cela aussi nous le mangions.

La Nuit des Temps, René Barjavel.

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Chocolat & compagnie, Douceurs enchantées, Lectures, Recettes magiques, Romans

Rencontre entre des fondants au chocolat & Thomas Hardy

Il est des livres comme des gens ; il y en a certains, on a beau vous dire qu’ils sont bien, gentils, vous restez là, avec vos méchants préjugés et vos fichues mauvaises premières impressions. L’esprit humain est ainsi. On aimerait se défaire du jugement, voir avec des yeux neufs, que cette pratique est si bien enraciné dans nos sociétés et dans nos esprits qu’on se retrouve, machinalement, presque, à catégoriser situations, êtres humains et expériences. Et livres.

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Loin de la foule déchaînée (Far From the Madding Crowd) était de ceux-ci, de ces pauvres livres trop catégorisés…

Malgré une couverture que je trouvais follement romantique et un résumé qui m’avait l’air tout à fait intéressant, je ne sais pas…il ne me faisait pas envie. Vague écho du Tess d’Urberville que nous avions visionné en classe de littérature anglaise, en Première, et qui m’avait traumatisé ? A mon avis, c’est la fin de Tess (dans tous les sens du terme…) qui m’a choquée. Le sang qui dégouline du plafond… Je revois encore cette scène.

Finalement, je l’ai quand même ouvert, mon Far from the Madding Crowd. Et, évidemment, je l’ai tout sauf regretté. Il faudrait vraiment que j’arrête avec mes a priori infondés à chaque fois que j’ouvre un livre…

Dès les premières pages, j’étais emportée un siècle et demi plus tôt, dans l’Angleterre et le Wessex de Thomas Hardy du milieu du XIXème siècle. Les personnages sont immédiatement attachants. La manière dont ils sont décrits nous fait accéder à leur psyché ; malgré nous, on partage avec eux leurs passions et leurs déboires. On se prend à les aimer, à les détester, à les plaindre, à les détester à nouveau, puis à les aimer à nouveau, touché en plein cœur par leurs infortunes.

Loin de la foule déchaînée : Photo Matthias Schoenaerts

L’écriture de Hardy est irrésistiblement moderne, de même que le combat de Bathsheba Everdene (par tous les dieux, que j’aime ce prénom !), l’héroïne de cette histoire. Jeune femme insoumise d’une grande beauté, elle hérite de la riche ferme de son oncle, qu’elle s’entête à vouloir diriger seule, en dépits des critiques de ses ouvriers et de ses voisins. Point de mari pour Bathsheba, qui ne veut pas d’un mariage de raison ! Ce sera le coup de foudre, ou ce ne sera point. Mais sa beauté et sa vanité, malheureusement, attirent sur elle les regards de trois courtisans, bientôt captifs de ses expressions et de sa joliesse. Gabriel Oak, un berger, est le premier à se déclarer. Vient ensuite Boldwood, le richissime fermier qui jette, malgré son cœur de glace, son dévolu sur elle. Puis, enfin, le Sergent Troy, un homme au charme redoutable, qui ne se gêne pas pour engrosser une des servantes de Miss Everdene…

La campagne du Wessex se déroule au fil des saisons sous la plume de Hardy, tandis que l’histoire, parfois aux airs de tragédie, entremêle les destinées des personnages, de manière parfois rocambolesque, mais jamais ennuyeuse.

J’ai adoré suivre la vie de la ferme, les péripéties de Gabriel Oak et de ses moutons, ainsi que son ascension sociale, lente, mais sûre. J’ai adoré suivre le parcours de Bathsheba, de sa grande fierté naïve, à cette maturité qu’elle n’acquière pas sans difficulté…

Quand j’ai refermé le livre, c’était avec un petit sourire au lèvre, et avec la sensation d’avoir vécu avec des amis, ou des gens proches, des aventures extraordinaires. Voilà ce que j’aime quand je referme un livre…

 Je n’ai plus qu’une obsession : voir le film, dont je vous ai mis de sublimes images ! Carey Mulligan a l’air éblouissante. Sans compter Matthias Schoenaerts, dans la version de Thomas Vinterberg de 2015 !

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D’ailleurs, je suis sûre que ces petits fondants chocolatés que j’ai confectionnés ont contribué à faire de ma lecture un vrai moment de bonheur. J’ai trouvé la recette dans le livre de Marie Laforêt, Healthy Vegan, attirée que j’étais par des fondants au chocolat sans gluten. Evidemment, comme à l’accoutumée, j’ai trafiqué la recette…et ça a donné quelque chose de très moelleux, très parfumé, et trop addictif pour mon propre bien. Je ne résiste pas à l’envie de partager cela avec vous…

Comme ça, quand lirez/verrez Far from the Madding Crowd, vous vous régalerez aussi  les papilles !

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Fondants au chocolat et leur poêlée de cerises :

Pour les fondants : (environ 10 fondants – des petits fondants – ou 5 gros fondants)

  • 200g de chocolat à pâtisser à 70% de cacao + 10 carrés
  • 3 cuillères à soupe bombées d’huile de noix de coco
  • 2 cuillères à soupe de confiture de cerises noires
  • 2 cuillères à soupe bombées (un peu) de fécule de maïs ou d’arrow root
  • 6 cuillères à soupe bombées de farine de riz
  • 50ml de jus de cerises (en l’occurrence, j’avais utilisé le jus de cuisson de mes cerises poêlées, mais vous pouvez aussi prendre du jus en bouteille !)
  • 3 cuillères à soupe de sucre complet
  • un sachet de poudre à lever sans gluten
  • une pincée de sel
  • une généreuse pincée de piment fumé ou de piment de Cayenne
  • vanille en poudre

Préchauffer le four à 180°C

Faire fondre le chocolat au bain-marie. Réserver les 10 carrés.

Mélanger l’huile de coco ramollie avec la confiture de cerises noires, le sucre et le jus de cerises. Bien battre le mélange.

Dans un saladier, mélanger la farine avec le sel, la poudre à lever, la vanille, le piment et la fécule. Réserver.

Ajouter le chocolat fondu au mélange huile de coco-sucre-cerises, puis verser la farine dessus.

Bien mélanger.

Garnir des petits ramequins ou des moules à muffins de caissettes en papier. Y verser la pâte ; remplir les moules jusqu’au trois quarts, puis enfoncer un carré de chocolat noir dans la pâte de chaque fondant.

Enfourner pour 15 minutes environ. Ne pas laisser cuire plus longtemps que 20min (si pas chaleur tournante), sinon vos fondants…deviendront tout secs ! Il faut qu’ils restent moelleux ! Servir tiède.

Pour la poêlée de cerises :

  • 300g de cerises dénoyautées, congelées ou fraîches
  • 2 cuillères à soupe d’huile de noix de coco
  • 1 cuillère à soupe de sucre de coco (facultatif) à ajouter en fin de cuisson
  • un bâton de cannelle
  • une pincée de vanille
  • un trait de whisky (facultatif)

Faire chauffer l’huile dans une poêle.

Quand elle est chaude, y verser les cerises et le bâton de cannelle. Faire revenir à feu vif, puis ajouter la vanille et le whisky en fin de cuisson.

Couper le feu et servir avec les fondants !

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Contes & histoires, Lectures, Romans

Chronique : La couleur de l’aube + Imaginales 2016

Imaginales 2016.

Un pur bonheur.

Connaissez-vous ce festival, qui débute le dernier jeudi de mai et se prolonge le Week-End ? Son nom est prometteur. Ce festival des mondes et des littératures de l’imaginaire prend place à Epinal chaque année, depuis 15 ans, maintenant. Il rassemble des auteurs français de science-fiction, des illustrateurs, tels que la très talentueuse Maryline Weyl, mais aussi des sommités mondiales de la fantasy ! Citons entre autres, la merveilleuse Robin Hobb (dont je vous parle ici de son chef d’œuvre !) qui est venue à l’édition de 2015, Christopher Priest, Pierre Bordageet bien d’autres encore.

On y retrouve encore des libraires, des éditeurs, des bijoutiers, des artistes de toute sorte…

Et puis, surtout, on y fait de belles rencontres.

Quand nous sommes arrivés, ma tante, mon oncle et moi, le temps était radieux. La chaleur nous enveloppait agréablement d’un manteau très doux de parfums et de sons. Nous avons longuement flâné dans le parc, beaucoup ri au stand des Steampunks complètement foufous qui présentaient leurs inventions (mention spéciale au Radis-ateur. Qu’est-ce que j’ai ri…), tel que le Téléphone qui permet de communiquer avec l’éther. Des stands de créations de bijoux ont magnétisé mon regard, après avoir admiré des combats d’épée et d’escrime à la mode du Moyen-Âge. Terra Nostra et ses pendentifs réversibles me faisaient très très envie…

Les belles rencontres débutent en croisant un ami Viking-Meusien, puis de charmants bijoutiers qui m’offrent une pierre venue du Mexique, aux propriétés saisissantes. Une Euléxite, pour le petit nom !

Puis, le cœur battant, j’entre dans la grande tente où se trouvent les auteurs…

Une chaleur infernale y règne. Il faut tracer son chemin à force de patience, et parfois de coups de coudes, tant la foule qui s’y presse est dense. Du coup, on ne peut pas musarder autant que l’on veut. Il faut y aller au coup de cœur, quand on aperçoit un titre ou une couverture qui nous fait envie, par-dessus les épaules des badauds.

Evidemment, je craque. Et même à plusieurs reprises. L’intégrale de Ki & Vandien de Robin Hobb, des bouquins d’occasion (bonjour Le Guide Galactique et La Louve et l’Enfant !) et puis…il y a les auteurs.

Depuis mon arrivée, un titre qui me fait de l’œil. La couleur de l’aube. J’aime cette poésie…mais j’ai peur que ça sente l’eau de rose à plein nez. Je me méfie, refais un tour…retombe sur ce titre. Décidément, il faut que je creuse cette affaire-là. Par bonheur, c’est le dernier des livres restant en stock que j’achète, après l’avoir feuilleté…et on m’annonce que l’auteur est en dédicace !

Vite, je file la trouver.

La couleur de l'aube par Marot

Agnès Marot est juste charmante. Son sourire est adorable, un vrai soleil. Quand on la voit sourire, on ne peut pas s’empêcher de sourire en retour. Surtout quand elle nous note une dédicace aussi jolie et gentille et pleine d’espoir…

Je suis rentrée à la maison épuisée mais ravie de cette sortie, avec plein de livres et de souvenirs dans ma besace.

Le premier de ma pile « Imaginales » que j’ai lu, était donc La Couleur de l’Aube.

Je l’avais emmené avec moi en Week-end à Paris, en fidèle compagnon du voyage en TGV et des trajets en métro. J’ai bien fait ! Pendant ces trois jours, je l’ai dévoré !

La plume d’Agnès Marot est délicate, fluide et emplie de poésie. J’ai énormément apprécié cet aspect, cette qualité d’écriture qui nous transporte dans un monde coloré et sensoriel. L’héroïne, Alya, est une princesse à qui l’on a bandé les yeux jusqu’à sa majorité. Elle est touchante de naïveté. J’ai beaucoup apprécié son personnage, aussi frais qu’une bouffée de printemps, même si je dois dire que je ne me suis pas du tout identifié à elle. En revanche, mon avis sur le personnage principal masculin est plus mitigé. Uh. A baver tout le temps sur la princesse, je le trouvais assez agaçant, en fait. Si un gars m’avait tourné autour de cette façon-là, je crois que c’est mon poing sur le nez, qu’il aurait récolté.

Et ce qui m’a le plus déçue, c’est que le récit tourne principalement autour de leur romance. J’ai un petit cœur sensible et je suis (très) fleur bleue. En revanche, si je suis accroc à Jane Eyre ou Autant en Emporte le Vent, l’archétype de la romance, je trouve dommage quand l’histoire et l’intrigue qui existent autour des personnages ne sont pas assez développés. C’est un peu le cas ici, avec un matériau formidable de ces Villes qui absorbent la vitalité de la planète et de la nature par leurs sentiments négatifs, mais qui passe clairement au second-plan. Il y aurait eu plein de rebondissements, la misère du peuple, le comportement des habitants des autres villes, qui aurait gagné à être développé, je pense. Les protagonistes sont tous les deux très mignons, mais leurs « je t’aime », « est-ce que tu m’aimes aussi ? », « tu es sûre ? » sont un peu lassants, par moments.

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Autrement, cette histoire a bien égayé mon séjour parisien et j’ai trouvé la fin rafraîchissante, quoiqu’assez convenue. Mais-euh, je suis heureuse quand il y a des happy end, moi ! (juste en haut, vous pouvez m’apercevoir en plein délit de dégustation de matcha glacé chez Toraya, en train de lire, mwahaha)

Ah, et j’ai trouvé que l’alternance des points de vue était également une riche idée.

Donc, voilà, si vous cherchez une jolie lecture pour passer l’été, les doigts de pied en éventail dans votre jardin, en admirant les roses, lisez La Couleur de l’Aube ! Mais pas si vous n’aimez pas les romances et cherchez quelque chose de sérieux et de plus politique…

Un petit synopsis ?

La Couleur de l’Aube, par Agnès Marot, aux éditions L’Armada, 2014.

Moi, Doha, le monde-nature, je protège les hommes depuis toujours. Mais je meurs.

Les Villes ont accaparé mes protégés, elles les manipulent en influençant leurs émotions jusqu’à la folie. Tout n’est plus que haine, hypocrisie, jalousie, luxure et colère ; et moi, je ne peux rien faire, incapable d’atteindre le coeur des hommes. Des nuages recouvrent le ciel, chaque jour plus épais, volant mes couleurs pour ne laisser que celles des Villes : gris, marron, noir.

Je n’ai plus de forces…

Mon seul espoir réside en une jeune princesse, Alya. Elle pourrait résister, si seulement elle s’ouvrait à moi. Si seulement elle retrouvait l’espoir, pour le propager parmi les hommes.

Contes & histoires, Lectures, Romans

L’Assassin Royal, par Robin Hobb

Aujourd’hui, causons littérature ! Et le premier qui me dit que ni la fantasy, ni la science-fiction ne peuvent être considérées comme de la littérature… grrr ! Écoutez un peu feu Terry Pratchett, qui nous dit très justement que la fantasy, en tant que littérature de l’imaginaire, était l’un des premiers genres littéraires. Ou, toujours ce même génial écrivain, lors d’une interview, qui explique que l’imaginaire nous permet tout simplement d’accéder à de très nombreux pans de la réalité qui nous seraient autrement cachés ; écrire de la fantasy, c’est ouvrir le champ des possibles, nous permettre une exploration de notre monde, de parties insoupçonnées du réel…

Bref, revenons à nos moutons…euh, livres.

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L’Assassin Royal est une trilogie écrite et publiée par Robin Hobb à la fin des années 1990. Elle est rapidement complétée par une trilogie se déroulant dans le même univers, avec des personnages communs, mais une intrigue bien différente, Les Aventuriers de la Mer, puis par une troisième trilogie, The Tawny Man. Enfin, Robin Hobb a décidé de compléter ce monument de la fantasy en publiant en 2014, la suite de l’Assassin Royal, dont le dernier tome est prévu pour 2017. Autant vous dire que j’ai très très hâte de retrouver ces personnages avec lesquels j’ai grandi ! Même si je suis un peu triste d’imaginer que ce sera la fin de cette aventure… Avez-vous déjà ressenti cela ? Cet absurde pincement de cœur à l’idée de quitter des personnages adorés ?

Lorsque j’ai découvert cet univers, je sortais d’une période un peu délicate de ma vie. La rencontre avec Fitz et son extraordinaire loup, Œil-de-nuit, m’a marquée, bien plus que je ne saurais le dire… A ce moment, je lisais beaucoup. Le mois de cours que j’avais manqué en mai (j’étais très malade…), avait été passé à lire, lire, lire, énormément. Près d’une quinzaine d’ouvrages en un mois, allant de A la Croisée des Mondes (Philip Pullman)  à Stardus (Neil Gaiman)t, en passant par Ambre (Kathleen Winsor) ou Sarn (Mary Webb). Tous ces monuments de l’imaginaire étaient des ouvrages dont les personnages me fascinaient. Ma mère ne cessait de m’exhorter à les lire, espérant que cela suscite en moi un sursaut de combativité ; après tout, les héroïnes de chacun de ces ouvrages, traversaient, par la seule force de leur caractère, des difficultés invraisemblables… Peut-être sauraient-elles m’inspirer, dans ma propre vie. Et en effet, lors de ce mois de mai un peu spécial, combien de rencontres j’ai faites ! On peut parler de rencontres, car j’avais la sensation, seule à la maison avec mes animaux, toute la journée durant, de communier avec ces personnalités singulières…

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Je n’ai commencé la lecture de l’Assassin Royal qu’une fois l’été et les grandes vacances venues, mais ce temps reste à jamais gravé dans mon esprit. Ces chaudes journées, où le moindre souffle d’air me faisait frissonner de faiblesse, mes allées et venues dans le jardin, les soirées que je passais à lire, assise au bord de la porte fenêtre fraîchement aménagée à l’étage, les jambes pendant dans le vide. La lumière baissait, mais je m’enivrais des moindres mots que je lisais. Histoires de dragons, d’étranges magies, d’assassins…

Fitz et Œil-de-Nuit sont presque devenus des amis, maintenant. Je ne peux mesurer tout ce que j’ai appris en les lisant, ces moments passés à mouiller de larmes le livre, à rire, ou à frémir. (Fitz, depuis, est aussi devenu le prénom d’un de mes chats, mais c’est une autre histoire…)

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(l’Assassin Royal a aussi été adapté en BD !)

Un petit synopsis pour vous mettre en haleine ? Je ne vous confie que celui du tout premier tome, L’Apprenti Assassin, afin que vous fassiez connaissance avec cet univers formidable, et ce pauvre Fitz, auquel il arrive décidément bien des malheurs, depuis sa naissance, et tout au long de son adolescence…

«  le jeune Fitz est conduit à la cour des Six-Duchés, il ne sait pas encore que sa vie – et celle du royaume tout entier – va s’en trouver bouleversée. Le roi-servant Chevalerie, père de cet enfant illégitime, devra renoncer au trône pour ne pas entacher la réputation de la famille royale… Et nombreux sont les prétendants à la succession… Fitz se retrouve isolé au centre d’un univers qu’il ne connaît pas. En quoi le Vif, cette étrange magie qu’il découvre et qui lui permet de communiquer avec les animaux, est-elle si dangereuse ? Et pour quelle raison le roi Subtil fait-il appel à lui pour lui enseigner une forme étrange de diplomatie : l’art de tuer ? Poisons, magies et lames effilées vont bien vite devenir le quotidien du jeune bâtard princier… »

En mai 2015, j’ai eu la chance infinie de pouvoir me rendre aux Imaginales, à Epinal, et de rencontrer Robin Hobb. Autant vous dire que j’en étais ravie ! Simplement, j’aurais aimé pouvoir échanger un peu plus longtemps avec elle, mais la (très) longue file de personnes venues quêter une dédicace me l’a défendu… Une prochaine fois ?

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J’espère vous avoir donné envie de lire ce roman, et de vous lancer dans cette grande aventure, qui se poursuit sur 14 tomes en français (!), mais « seulement » 6 en anglais (je n’ai jamais compris cette manie de fractionner les livres en plusieurs tomes en France… encore une manipulation pour gagner de l’argent sur le dos des pauvres consommateurs…).

Have a nice week-end, everybody !

Lectures, Non classé, Romans

Jane Eyre

Il m’aura fallu du temps pour constater que je ne vous avais jamais parlé de Jane Eyre sur ce blog ! A vrai dire, j’aurais eu besoin d’une rediffusion d’une excellente adaptation de ce livre et d’une discussion avec des amis autour d’une tasse de thé pour que je réalise cette affreuse lacune… Comment ! Malgré mon amour immodéré pour cet ouvrage, jamais je ne l’avais mentionné sur ce blog ?
Ce roman est indubitablement mon favori, et tous les cycles de l’Assassin Royal, ou des Aventuriers de la mer ne sauraient le détrôner, malgré leur place dans mon cœur !
  Pour la petite histoire, je l’ai découvert à l’âge de treize ans. Je sollicitais alors souvent ma mère pour qu’elle me fasse connaître de bons livres. J’avais été très dubitative lorsqu’elle m’avait présenté le lourd volume en papier bible, aux pages toutes jaunies par le temps. Et j’avais été peu certaine d’aimer… (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?!) Et depuis, je ne l’ai plus lâché, pourtant ! J’ai déjà dû le relire trois, si ce n’est quatre fois. Quant à certains passages, je les ai plutôt lus des dizaines de fois (la scène de la demande en mariage…) !

 Afficher l'image d'origineToby Stepen et Ruth Wilson interprètent ici Rochester et Jane dans la version de la BBC datant de 2006 ; c’est ma préférée à ce jour.

   Quant au roman lui-même, il fut publié le 16 octobre 1847, et fut saisi d’un succès immédiat. A tel point qu’il est désormais considéré comme l’un des piliers de la littérature anglaise, et étudié dans toutes les universités de par le monde.
Connaissez-vous les sœurs Brontë ? Toutes trois écrivaines, elles ont écrit des romans et des poèmes qui sont passés à la postérité. Au XIXème siècle, leurs livres ont de prime abord été publiés sous des pseudonymes masculins. En effet, Charlotte Brontë, l’auteure de Jane Eyre, fut la première à tenter de publier ses écrits. Son premier livre, The Professor, un récit autobiographique, avait été refusé consécutivement par sept éditeurs. Ceux-ci arguaient que Charlotte, en sa qualité de femme, ne pouvait rien écrire de valable. Lorsqu’elle écrit Jane Eyre, histoire d’amour romantique mais tourmentée, inspirée d’un fait divers, elle refuse que son roman connaisse le même accueil. Et le publie sous une fausse identité : elle se fait passer pour un homme, un certain Currer Bell, prénom fort peu courant, mais dont l’initiale respecte la première lettre de son prénom. Le roman est accepté, et connait un grand succès, comme je l’ai mentionné plus haut.

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Afin que ses sœurs puissent également partager leurs récits et poèmes par le biais de la publication, elle leur conseille de prendre un pseudonyme masculin et de se faire passer pour ses frères. Emily publiera ainsi son premier et unique roman, le célèbre Wuthering Heights, sous le nom d’Ellis Bell ; quant à Anne, la moins connue du trio littéraire, elle adoptera le nom d’Acton Bell pour publier Agnès Grey et ses autres romans. Cependant, les trois jeunes femmes ne profiteront jamais vraiment du succès de leurs ouvrages. Emily décéda un an à peine après la parution de son roman ; et Anne fut emportée par une maladie similaire à celle de sa sœur. Seule leur survécut Charlotte, mais moins d’une dizaine d’années, et toujours attristée de la mort de ses deux proches. Elle mourut des suites d’une maladie – probablement la tuberculose. Et aujourd’hui encore, son magnifique ouvrage, Jane Eyre, est lu et apprécié all over the world ; il a même été adapté pour le cinéma et la télévision à plusieurs reprises !

                                  A présent, place au synopsis, voulez-vous ?

Jane Eyre est une enfant au caractère entier et passionné. Aussi se révolte-t-elle face à l’attitude austère de sa tante et face aux brimades que lui dispensent ses cousins.
Orpheline, sans autre famille, sa tante s’en débarrasse en la plaçant à Lowood’s School, un pensionnat pour jeunes filles de modeste extraction sociale et dirigé d’une main de fer par un « homme de Dieu ». Elle y est alors confrontée à la nourriture à peine suffisante, à un dur rythme de vie, à la solitude, et à la tyrannie de ses professeurs. Mais la vétusté du lieu est rapidement la cause d’une épidémie dévastatrice de fièvre typhoïde, dont Jane ressort, certes indemne, mais bouleversée. Elle poursuit ses études à Lowood malgré tout, y recevant une solide éducation.

Enfin, âgée de dix-huit ans, lassée de cette vie, elle souhaite jouir de son indépendance et s’engage en tant que gouvernante au manoir de Thornfield Hall. Mais à Thornfield, étrange demeure esseulée au milieu des landes hantées de fantômes et lutins, elle découvre de sombres mystères… Quels sont donc ces ricanements qui résonnent sombrement dans les couloirs, à la nuit venue ? Quant au maître des lieux, le fantasque Mr. Rochester, il détient également sa part d’ombre… Pourtant, Jane, touchée de la sollicitude qu’il lui montre, tombe amoureuse. Quant à lui il découvre en Jane une personnalité atypique, d’une pureté et d’une franchise peu communes, et semble s’éprendre d’elle. Semble. Car Mr. Rochester doit bientôt se fiancer avec la belle et ombrageuse Blanche Ingram…

   Leur passion pourra-t-elle s’épanouir malgré les énigmes de Thornfield Hall ? Malgré le fossé social existant entre Mr. Rochester et Jane Eyre… ?

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              Découvrez-le en dévorant ce magnifique ouvrage ! 😀

Lectures, Romans

Autant en emporte le vent

Qui n’a jamais entendu parler, à défaut d’avoir vu, cette épopée visuelle qu’est Autant en emporte le vent ? Mais ce film de pratiquement quatre heures, porté à l’écran par les figures emblématiques de Vivian Leigh et de Clark Gable est aussi et surtout basé sur un livre de Margarett Mitchell.

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Je me rappelle avoir visionné le film alors que j’étais âgée de huit ans à peine. D’avoir été marquée par les scènes de mort de certains personnages – Bonnie Blue et son poney – qui demeurent encore vives à mon esprit. Et surtout de n’avoir pas compris l’intégralité de l’histoire.

Aussi, à l’aube de mes quinze ans, moi qui en avais oublié à peu près toute la trame, avais-je décidé de lire les livres qui avaient enfanté ce monument du cinéma. Je savais simplement que cela racontait l’histoire, pas toujours idyllique, d’une certaine Scarlett O’Hara dont la fille meurt prématurément et dont on assassine le poney – quand je vous disais que ça m’avait marquée ! That’s all. Il m’a suffit ensuite de jeter un coup d’œil à l’épaisseur des deux tomes reposant sur une étagère de la bibliothèque pour être quittée par toute velléité de lire ces pavés.
    Puis j’ai oublié.
Le livre est demeuré sur l’étagère, s’empoussiérant toujours davantage, tandis que je dévorais l’un après l’autre les treize tomes non moins conséquents de ma série culte, j’ai nommé, l’Assassin Royal. Dont il faudra d’ailleurs que je vous reparle.
Puis mon année de Première s’égrenant, les livres et les classiques à lire s’accumulant, je n’y pensais plus.
Un an plus tard, venue à bout de nombre des lectures que je projetais, l’ombre du Bac s’éloignant pour me laisser le répits d’un été, je cherchais LE livre à lire. Celui qui me porterait, me ferait rêver et que je dévorerai. De la même façon que m’avait enthousiasmé l’Assassin Royal une année plus tôt. Et je me suis souvenue d’Autant en emporte le vent. Des vieux volumes à la tranche déchirée, qui n’attendaient que moi, sous leur voile de poussière.
Avec mille a priori que je ne m’expliquais pas, je débutais ma lecture. En à peine une semaine, parallèlement à mes ultimes révisions pour l’oral de français, je l’avais littéralement dévoré. Pendant une palpitante semaine, j’avais vécu au rythme trépidant des coups de canons et des combats de la Guerre de Sécession en Géorgie. J’avais lutté aux cotés de Scarlett O’Hara et du séduisant Rhett Butler. J’avais ri. J’avais pleuré. J’avais partagé leurs vies, leurs peines, leurs espoirs, dans une histoire que je ne suis pas prête d’oublier… Et si je peux aujourd’hui dire qu’il ne s’agit pas DU livre de l’été (désolée, mais Les aventuriers de la mer l’ont détrôné ! Encore une série dont il faudra que je vous parle), il s’agit en tout cas de l’un de mes coups de cœur.

Le style d’écriture m’a immédiatement charmé, de même que l’expressivité et la vie qu’il conférait aux personnages, figures véritablement charismatiques. Les descriptions, travaillées et poétiques, s’intègrent sans peine au récit. Elles contribuent à nous faire accéder et plonger au cœur de cette Géorgie des années 1860. Quant à ces fameux personnages, c’est grâce à eux si cette lecture se fait si inoubliable, si exceptionnelle !
Oui, me direz-vous, mon avis n’a rien de très objectif. Mais le souffle épique de ce récit m’a tellement transporté que je ne peux m’empêcher de le restituer ici tel qu’il m’est apparu. Sans objectivité…

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GONE WITH THE WIND, Clark Gable, Vivien Leigh, 1939.

    Place au résumé, voulez-vous ?

L‘aristocratie géorgienne au moment où éclate la guerre de Sécession (1861). Belle, passionnée, égoïste, Scarlett O’Hara aime Ashley Wilkes, promis à la douce Mélanie Hamilton. Mariée par dépit, aussitôt veuve, Scarlett flirte avec le capitaine Butler, qui reconnaît en elle un esprit libre, proche du sien. Mais la Guerre éclate, ravageant l’Amérique et la scindant irrémédiablement en deux parties. Malgré l’héroïsme des Confédérés, la guerre tourne à l’avantage du Nord. L’armée assiège Atlanta, refuge de Scarlett et de Mélanie, l’une veuve, l’autre sans nouvelle de son époux. Elle est bientôt la proie des flammes. Réfugiées dans ce qui reste de Tara, la plantation familiale, Scarlett et Mélanie conjuguent leur force pour survivre dans ce monde devenu si hostile. Mais Scarlett, avec son tempérament de feu, n’a pas dit son dernier mot… et si elle se remariait, par unique intérêt, afin de gravir à nouveau l’échelle sociale et de se sortir de la misère dans laquelle la guerre l’a plongée ?… Ressurgit en même temps le ténébreux Rhett Butler, qui, flirtant outrageusement avec Scarlett, l’encourage dans sa détermination.

Alors, ne faites-pas comme moi… Et lisez, vous ne le regretterez pas !