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Bol du printemps

Avec le printemps et les beaux jours qui reviennent, nos corps ont besoin de fraîcheur, d’aliments nutritifs pour s’éveiller de la stagnation de l’hiver. Sans parler de « détox », il est normal de consommer davantage de crudités, de verdure, pour lancer les processus de nettoyage du foie, de la vésicule biliaire, et nous alléger, tout en douceur. Si on suit les biorythmes de notre corps, prendre un ou deux kilos en hiver n’est pas dramatique et imite les réflexes de protection et de survie dont nos ancêtres usaient pour se protéger du froid.

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Au niveau des énergies, le printemps demeure la saison du nettoyage. Il est bon de consommer, en guise de petit rituel du matin, un jus de citron dans de l’eau tiède. Tout en réveillant le système digestif, cela active le travail du foie et des émonctoires. Or, un foie en bonne santé, c’est de la vitalité en plus ! Je ne sais plus trop dans quel livre j’avais lu cela, mais je me souviens que cela m’avait fait rire : un médecin racontait que, pour rien au monde, il ne voudrait faire le travail du foie. Vous imaginez ? Fonctionner 24h/24 et 7j/7, assumer plus d’une centaine de fonctions vitales pour l’organisme, gérer et digérer les hormones, produire le cholestérol, secréter la bile, contrôler en permanence la composition du sang… Cette glande à la fois endocrine et exocrine pèse plus de 1500g et ce n’est pas pour rien que son rôle est crucial dans la santé. Alors, autant soutenir son travail au printemps !

Pour nous purger des excès de l’hiver, rien de tel que de consommer les trésors que nous offre notre jardin ou la nature. Le pissenlit, avec ses charmantes fleurs jaunes, pétales étalés comme des soleils, vous dérange au milieu de votre pelouse ? Au lieu de l’arroser de désherbant, cueillez-le avec respect, poêlez ses fleurs avec vos oignons et vos jardinières de légumes, ajoutez ses feuilles à vos salades. Mieux que les petites gélules que l’on vous vend à prix d’or en parapharmacie ! N’hésitez pas non plus à consommer du radis noir, des artichauts, des légumes verts.

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Pour ma part, je n’aime rien tant que cuisiner à partir de mes petites récoltes sauvages. Tendres pousses d’orties (dont vous pouvez faire des potages, des tartes, des fondues…), ail des ours, toutes jeunes feuilles de tilleul, mâche sauvage, lamier pourpre, pousses d’aubépines, fleurs de primevère, de violette, et toute cette abondance de végétaux que nous croisons sur les chemins de promenade, mais que nous dédaignons, peuvent venir agrémenter nos repas. J’adore, le soir venu, me hasarder dans mon jardin. J’effleure les bourgeons, je hume les grappes de fleurs des cerisiers, je traque les reflets du couchant sur l’eau et à travers les feuillages. Je ne reviens jamais à la cuisine sans une généreuse brassée de plantes sauvages pour agrémenter mes repas.

Aujourd’hui, je vous propose justement de composer un bol que certains nommeront « détox », d’autres « bouffée de nature ». Je lui donne le doux nom de « bol de sorcière », mais libre à vous de choisir d’autres qualificatifs. L’essentiel étant…de vous faire du bien.

Alors… préparez-vous pour une promenade dans la campagne !

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Bol de sorcière du printemps :

Pour une personne

  • 50g de mâche, lavée
  • 1 endive
  • du kimchi ou de la choucroute crue
  • du caviar d’aubergines (fait maison, ou acheté)
  • 1 cuillère à soupe d’huile de colza
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre ou vinaigre balsamique
  • 1 cuillère à café de vinaigre d’umebosis (un vinaigre japonais, préparé à partir de prunes ume, des petites prunes en saumure. Vous pouvez remplacer par une cuillère à café de moutarde à l’ancienne, ou tout simplement, passer cette étape, et saler normalement votre vinaigrette)

Pour les ingrédients sauvages

  • 1 petite poignée de jeunes pousses d’aubépine (l’arbre des poètes ! Il en pousse partout, dans les haies, dans vos jardins… Prenez garde à faire votre cueillette avec respect, sans arracher les bourgeons, et dans un endroit qui ne soit pas pollué par la route ou les pesticides), de feuilles de tilleul (cet arbre est omniprésent dans nos jardins et nos campagnes. Ses feuilles renferment des quantités intéressantes de vitamines et d’oligo-élément), de feuilles de pissenlit (même conseil : pour votre cueillette, choisissez un endroit qui n’est pas pollué, et prenez soin de ne pas dépeupler l’endroit de la plante choisie – même si pour chasser le pissenlit d’un endroit, je concède qu’il faut se lever tôt…)
  • 1 ombelle de fleurs d’ail des ours (facultatif)
  • 5 fleurs de primevère, pour décorer

Pour le pesto d’ail des ours :

  • 5 feuilles d’ail des ours
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 10g de noix de cajou ou d’amandes en poudre
  • 1 pincée de sel
  • quelques gouttes de jus de citron

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La préparation est on-ne-peut-plus simple.

Lavez soigneusement vos ingrédients sauvages (à l’eau vinaigrée, cela vaut mieux), et égouttez-les.

Lavez la mâche et l’endive.

Dans un bol (ou une assiette, mais je trouve la présentation plus jolie dans un bol), disposez la mâche, lavée et égouttée, avec l’endive, finement hachée. Nappez de vinaigrette.

Hachez les feuilles de pissenlit et mêlez-les aux jeunes pousses, dans le bol.

Préparez votre pesto : dans un mortier, concassez les noix de cajou avec l’huile d’olive, le sel, le jus de citron et ajoutez les feuilles d’ail des ours, finement hachées. Vous devez obtenir une pâte un peu granuleuse.

A NOTER : vous pouvez préparer une plus grande quantité de ce pesto dans un blender (ce sera peut-être plus simple), en sachant qu’il se conservera deux jours au réfrigérateur. (et pourra accompagner des pâtes, des tartines, des tartes salées…)

Nappez votre salade sauvage de pesto d’ail des ours. Décorez avec les fleurs de primevère et d’ail des ours.

Ajoutez dans votre bol le kimchi, ou la choucroute crue, le caviar d’aubergines, humez les senteurs de cette mélange aussi beau que bon pour les yeux et les corps…et dégustez ! En pleine conscience.

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Sachez ainsi que l’endive, avec son amertume caractéristique, est une plante excellente pour les fonctions hépatiques. La mâche renferme dans ses feuilles de précieuses vitamines et des oméga 3, de même que l’huile de colza. Toutes les plantes sauvages contiennent d’intéressants taux de protéines et d’acides aminés, en plus d’oligo-éléments et de toutes les vertus des jeunes plantes, hardies et gorgées de vitalité. L’ail des ours, avec son délicat parfum aillé, relève les plats, en plus de contenir des substances intéressantes pour la santé (soufre pour les cheveux, vitamine C, vitamines B).

Ne craignez pas la quantité de « gras » qui peut paraître importante, dans cette recette. Ce ne sont que des lipides bons pour la santé, et pour la ligne. (pour être honnête, je n’adhère absolument pas au concept des graisses qui font grossir. Si vous craignez pour votre ligne, surveillez plutôt les glucides, lesquels, en augmentant la production d’insuline, entraînent un plus grand stockage des graisses sur le corps.)

J’espère que cette petite recette, déclinable à l’envi, vous plaira ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

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Trésors d’Imbolc

Je l’ai pour la première fois rencontrée il y a des années. Son teint avait encore la pâleur de l’hiver, mais dans ses yeux, brillait une lueur douce et précieuse ; une promesse de verdure et de bonheurs à cueillir.

Dans les bois, il arrive qu’elle se laisse apercevoir entre deux troncs, sourire taquin, silhouette alanguie contre un chêne. Elle aime, quand elle est sûre d’avoir capté l’attention, s’enfuir par des sentiers indiscernables, qu’aucun humain ne peut connaître. Le son de ses pas est étouffé par la mousse et la couche de feuilles déposée par la morte saison. Et pourtant, sous ses pieds menus, on discerne de tendres pousses vertes, crocus, perce-neiges, fleurs précoces, qui percent le sol gelé. Dans les arbres autrefois muets, retentissent des froissements d’ailes, des pépiements, une symphonie qu’on avait cru perdue.

Chaque année, le monde sait comment renaître. Et chaque année, notre émerveillement est intact.

Chaque année, Imbolc aux joues de printemps paraît et sème la vie sur son chemin. Suivez-la, suivez les flambeaux de sa lumière. Vous pourriez être surpris du résultat…

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Elle a nom Imbolc. C’est à peine une enfant, vêtue de guenilles et cependant aussi belle et fraîche que le jour. Sa courte chevelure danse dans le vent ; ses mains sont tièdes et guérissent les crevasses de l’hiver. Elle apporte le printemps dans ses bras. Lorsque la belle saison des danses et des prairies fleuries sera venue, Imbolc deviendra Beltane, une jeune fille au déhanché séduisant. Elle sait qu’à l’été, moissons dorées dans les champs, pour Lugnassad, elle enfantera la prochaine récolte, et qu’à Samhain, elle devra s’allonger dans sa clairière dans la forêt, sous sa couche d’humus, et patienter tout l’hiver, jusqu’à ce que la lumière se fraie chemin jusqu’à elle. Mourir, car chaque sommeil est une petite mort. Puis renaître.

Danse de la vie, cycle immuable.

Enfant, jeune fille, mère et vieille femme.

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Pour nous, le monde dort encore. Pourtant, le mois de janvier, aussi froid a-t-il été, apporte déjà de sensibles changements dans l’atmosphère. Il y a cette lumière qui se prolonge chaque soir un peu plus ; le bleu des ciels ; et les oiseaux qui semblent crier aux citadins, trop pressés pour remarquer ces modifications : « Regardez ! Tendez l’oreille ! Mais n’entendez-vous pas ? N’entendez-vous pas nos chants ? Nous célébrons les prémisses du printemps, de la vie qui revient ! »

Pour les Celtes, le printemps était précoce et débutait dès le premier février ; on appelait cette date Imbolc, mot qui signifie « lait de brebis », car c’était la période à laquelle les premiers agneaux naissaient ; mais on l’appelait aussi Brigantia, en référence à Brigid, la Grande Déesse aux Trois Visages du panthéon celtique.

Cette journée est toujours pour moi un peu spéciale. Ce matin, j’ai passé un long moment sur mon tapis de Yoga, puis à promener un bâton d’encens et ses volutes de fumée bleue, dans ma chambre enténébrée. J’ai murmuré au ciel indigo des envies de bonheur, de changement, j’ai posé de nouvelles intentions pour le mois à venir. Même si la grisaille règne et que les arbres sont nus, j’admire le ballet des oiseaux. Je guette les premières pousses, caresse les bourgeons sur les branches des arbres. Je respire…

Et surtout, je cuisine un petit quelque chose… Des pains dodus à l’avoine pour évoquer le retour prochain du soleil. Et le lendemain, le 2 février, parce que la Chandeleur a une ascendance celte, nous cuisinons toujours des crêpes. A demain pour une recette de crêpes pour ensoleiller votre cuisine ? Et enchanter votre palais…

En attendant, prenez du temps pour vous, pour vous reconnecter à la nature et à la force de vie assoupie en vous, qui s’éveille lentement de l’engourdissement hivernal. Offrez-vous le temps de rencontrer la mystérieuse Imbolc…

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Rituels & recettes de Samhain

Ici, on l’appelle Halloween, oubliant souvent que cette fête ne vient pas des Etats-Unis, mais bien de chez nous. Ses origines plongent dans les racines et l’humus odorant des vieilles forêts qui ont jadis recouvert l’Europe et la Gaule. Samhain. Provinces celtiques, frissonnement des frondaisons et druides récitant de vieilles incantations dans des sanctuaires aujourd’hui oubliés de tous… C’est ce côté que j’aime et retiens d’Halloween. Les pieds ancrés dans la terre et les yeux clos, j’aime à imaginer ce passé, à ressentir dans mes gênes un héritage lointain. Quand mes paupières s’entrouvrent, c’est la lumière somptueuse d’une après-midi orangée qui m’enveloppe. Les parfums des coings, un concentré d’enfance. Les feuilles mortes dans lesquelles on court et virevolte. Le bleu du ciel, insolent, contre la bauche colorée des forêts.

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L’automne est une de ces petites morts dont la vie est semée. Un dernier flamboiement, avant l’extinction de l’hiver. Quand on croit que le désespoir s’est installé, les bourgeons se gonflent de sèves sur les branches nues, et la nature est prête à revivre.

Cette année, Samhain s’est présenté de manière bien étrange à nous. Le cycle s’achève dans la maladie et l’angoisse, mais espérons que cela présagera une renaissance d’autant plus douce et jolie…

Octobre était un mois quelque peu particulier, pour les Celtes, qui calquaient leur année sur un calendrier lunaire. Il existait ainsi un treizième mois, d’une durée anecdotique de trois jours ; ce mois prenait place à la fin d’octobre et achevait l’année sur les célébrations de Samhain. Cette période particulière offrait l’opportunité de faire un bilan de l’année écoulée, de décider de quelles vieilles énergies abandonner et de comment orienter sa vie. L’hiver permettait de méditer ces décisions et de prendre le repos nécessaire, avant d’épanouir ses projets au printemps prochain.

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On disait que les voiles entre monde des vivants et des morts s’amenuisaient, et que les deux réalités s’intriquaient… Période privilégiée pour se concilier de bonnes influences et prier les esprits, pour renouer avec la dimension de l’invisible… On ne chemine jamais vraiment seul. Il y a la famille et les amis, mais aussi tous ceux qui comptent mais auxquels on songe moins : compagnons animaux, gardiens intangibles. Ou simple impression d’être entouré… Je suis sûre que vous avez tous déjà eu cette sensation : que tel ou tel hasard n’aurait pu arriver sans une aide extérieure, un compagnon discret comme une ombre. Et vous savez quoi ? Le hasard n’existe pas.

Le 30 octobre, la forêt a accueilli nos pas. Une mousse vert jade s’affaissait sous nos semelles tandis que nous nous enfoncions au plus profond des bois. Champignons féériques, chanson de l’eau, tourbillons écarlates des feuilles et prêle aux proportions gigantesques qui s’incline à notre passage, reine des sous-bois. Là, au creux de la nature, nous avons chacun écrit sur une petite feuille ces vieilles habitudes de pensées, ces idées obsédantes, ces choses qui entravent notre évolution. La feuille a fini enfouie dans la terre. J’ai pensé très fort à tout ce que j’abandonnais là, en conscience, puis je me suis relevée, avec un merci pour cette nature qui prenait en son sein mes chagrins et mes joies. Quelque part, j’étais plus légère. Je sais que ce ne sera que le début du travail, mais je crois que la terre saura purifier ce que j’ai trop longtemps gardé en moi.

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Le 31 octobre, pour la nouvelle lune, ma maman était hospitalisée. Ce n’est pas la plus belle des façons de commencer un nouvel cycle, mais j’espère que cela lui donnera l’opportunité d’abandonner, elle-aussi, plusieurs fardeaux, et de guérir son esprit en même temps que son corps. Chaque jour, je pense à elle et lui envoie mille attentions. Je sais que cela marche ; je sais que la pensée est une force créatrice et qu’elle a un pouvoir, même minime, et aussi étrange que cela puisse vous paraître. Je ne pense pas que cette maladie soit tout entière négative… Elle a des enseignements à lui apporter ; à nous apporter, à tous, pour nous montrer que nous avions fait fausse route et que la voie de l’énervement et de l’agressivité ne gagne jamais.

Ce fut donc une bien étrange fête d’Halloween, ma tante et moi attablées dans la pénombre du salon autour d’un pumpkin spice latte et de mon jeu de runes, attendant des nouvelles, que papa rentre, et échangeant nos impressions.

Pourtant, j’ai la sensation d’entrer dans une nouvelle période de mon existence. Des problématiques anciennes qui se débloquent, des envies nouvelles, des projets qui se tissent et des amitiés merveilleuses qui se nouent… Tout n’est pas gagné, cependant.

Nous verrons où la vie me mènera. En attendant, je cultive patiemment le jardin de mes rêves : j’y sème de précieuses songeries, des fantasmes un peu fleur bleue et des aspirations profondes. Je prends soin de la vie de mes rêves et apprend à jeter un regard créateur sur mon quotidien. J’ai envie d’être l’artiste de ma vie. Et d’être libre, enfin libre : de mon corps, de mon esprit et de mes émotions. Plus d’être coincée dans l’exiguïté de schémas de pensées et d’obligations caduques. D’être moi. D’aider, d’aimer…

D’être.

Je vous inviterai donc, parce qu’il n’est pas trop tard, à quelques rituels de Samhain, pour aborder la nouvelle année celtique en toute sérénité. Profitez de la période de l’automne, puis de l’hiver, pour prodiguer du repos et de l’attention à votre corps. Chouchoutez-vous, chouchoutez ceux que vous aimez, vos compagnons animaux et vos amis ; enduisez amoureusement votre peau d’huiles nourrissantes et de parfums d’épices. Faites de longues promenades sous les gouttes de pluie scintillantes.

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Le premier rituel sera simple : confiez à la terre vos soucis et ce qui vous encombre l’esprit. Enfouissez-les dans le terreau noir et laissez la magie de la transformation opérer… Ou, si vous vous sentez plus proche de l’élément feu, écrivez une lettre à ce qui vous embarrasse, vous pèse, puis brûlez-la. Dans votre jardin, sur une assiette, par-exemple, ou dans une coupelle métallique. Admirez la flamme qui transforme vos soucis en quelque chose d’inoffensif, qui nourrira la terre et le sol, puis dispersez les cendres au pied d’un arbre que vous aimez…

Puis prenez un temps, pieds fermement ancrés dans le sol, pour imaginer votre vie délestée de ces fardeaux, de ces rancunes, ces vieilles colères, ou ces habitudes obsolètes. Ces obsessions, ces schémas de pensées qui vous empêchent d’être vous et de progresser. Visualisez dans tous les détails. Imaginez-vous heureux, léger, la démarche enthousiaste, marcher vers votre nouvelle maison, ou vous épanouir dans ce nouveau travail. Imaginez que vous décorez toute votre maison après y avoir fait le tri. Imaginez que vous commencez enfin cette nouvelle activité ou que vous prenez ce temps pour vous… Ou imaginez simplement votre quotidien sans ces ruminations

incessantes à propos de ce corps que vous n’aimez pas, etc.

Imaginez-vous en action, épanoui dans le changement, puis laissez-faire la vie. Laissez ces nouvelles pensées germer en vous, jusqu’à s’épanouir dans vos actes du quotidien. Croyez-y de tout votre cœur, arrosez ces précieuses pensées chaque jour et cultivez une attitude ouverte de gratitude envers la vie. N’ayez crainte : soyez vous-mêmes. C’est la meilleure chose qui puisse vous arriver ♥

Peut-être qu’un oiseau s’est mis à chanter, au loin, une chanson un peu triste. Peut-être que vous rouvrez les yeux sur le jabot de feu du rouge-gorge venu chaparder quelques graines, ou que le soleil filtre à travers les feuillages dorés. Peut-être que l’immobilité vous a donné froid…

Alors, rentrez-vous réchauffer autour d’une belle tisane aux épices pour stimuler votre feu digestif et vous donner le pouvoir de concrétiser vos envies.

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Ou savourez un pumpkin latte en souriant à votre chat ou à votre tendre moitié. La vie est belle, non ?

Une tasse de chaï pour après-midi de grisaille :

Pour 2 gourmands (si votre chat ou votre moitié ne goûte pas les épices, vous avez le droit de tout boire, promis) :

  • 300ml de lait d’amande (ou de lait végétal)
  • 4 cuillères à soupe de crème de coco cuisine (ou lait de coco)
  • 2 cuillères à soupe de sirop d’érable (facultatif)
  • 1 bâton de cannelle
  • 1 petit morceau de gingembre
  • 10 grains de poivre noir
  • une pointe de couteau de vanille en poudre
  • 5 clous de girofle
  • 7 gousses de cardamome
  • 1 pointe de couteau de piment fumé (facultatif)
  • 2 étoiles de badiane

Versez le lait dans une petite casserole avec les épices et faire chauffer à feu doux. Laisser cuire 5min, puis laisser infuser 10min.

Filtrer. Ajouter la crème de coco puis le sirop d’érable et verser dans des tasses.

Déguster ♥

Pumpkin latte végane :

 Pour 4 gourmands :

  • 150g de potimarron cuit (j’ai fait cuire un potimarron entier au four la veille au soir, puis ai prélevé le lendemain la quantité de chair dont j’avais besoin. Le reste a fini en délicieuse purée !)
  • 50g de purée de noix de cajou
  • 4 cuillères à soupe de sirop d’érable
  • 500ml d’eau
  • 2 bâtons de cannelle
  • 1 petit morceau de gingembre
  • 15 grains de poivre noir
  • une pointe de couteau de vanille en poudre
  • 10 clous de girofle
  • 12 gousses de cardamome
  • 1 pointe de couteau de piment fumé (facultatif)
  • 4 étoiles de badiane

Dans une casserole, verser l’eau avec les épices, faire chauffer le tout jusqu’à ébullition. La maintenir 5min, puis laisser infuser de 10 à 15min.

Filtrer

Ajouter le potimarron, la purée de noix de cajou et le sirop d’érable, puis mixer le tout soigneusement.

Si vous voulez un mélange un peu plus épais, vous pouvez remettre sur le feu et laisser cuire 10min en remuant, pour éviter que le fond n’attache. Et servir de suite ! ♥

Les gourmands pourront rajouter un voile de cannelle, ou un peu de crème fouettée de noix de coco ou de chantilly de soja.

Ou savourer ce breuvage exquis tel quel, avec un petit carré de chocolat, peut-être ?

Douce Samhain, et, puisqu’elle est déjà passée, douce plongée au cœur des mois sombres de l’année. Ne perdez jamais de vue la lumière, car elle est en vous.

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Tendrement vôtre,

Eve.

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Amour d’automne (et de chocolat)

Je lui ai souri et j’ai fermé les paupières, enveloppée par sa présence et ses parfums entêtants.

Ce matin, il avait tout juste déposé ses valises que j’accourais, pieds nus, pour le retrouver.

Qu’importe la pluie qui m’avait tirée du sommeil ; qu’importe son chant cristallin contre les vitres. Tout cela ne faisait encore que rehausser son charme… Ensemble, nos souffles à l’unisson, nous avons admiré les rubans de brume planer sur les champs. Le silence faisait partie de sa nature et nous le savourions comme un nectar.

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Douceur des chants d’oiseau, cette mélancolie qui perce l’aube grise et timide ; parfums de terre humide et feuilles écarlates. Main dans la main, nous nous promenions, un vague sourire sur les lèvres, admirant l’arrondi des coings mûrissant ou les baies noires des ronces.

Je n’avais qu’une envie : me blottir contre lui, dans ses parfums et dans sa générosité. Parler, de cette voix douce qui ressemble au murmure crépitant du feu, de ce qui compte vraiment pour lui, pour moi – pour nous.

Ces promenades où nos pas flânent sur l’humus et s’émerveillent du passage d’une mésange, bec rougi du sang des baies ; nos soirées, lové l’un contre l’autre ; ces potirons qui serpentent sur l’herbe verte, cultivés avec tendresse, et que l’alchimie de la cuisine transforme en philtre d’amour orange.

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Les plaids, si moelleux et leur caresse de laine sur la peau, quand Dame nuit s’en vient à pas de velours et étend sa cape sur le ciel. Ces lectures, voyages dans un fauteuil, mots susurrés d’âme à âme, qui allongent les soirées. Les rires et les courses sous les gouttes perlées, les flaques qui trempent vêtements et pantalons, et le bonheur de retrouver la chaleur de la cuisine. La tasse, si chaude, nichée dans les paumes. Les lèvres brunies par le cacao, ses saveurs épicées se prolongeant sur la langue. Les mains sont collées à la vitre ; la buée dessine cœurs et étoiles magiques sur les carreaux ; papa nous grondera plus tard, mais ce n’est pas grave. La nature frémit et soupire sous la main de la pluie.

Son parfum se fait plus présent encore et j’en hume toute la puissance, avec ce vague sourire sur les lèvres. Le sien. Celui qu’il ne manque jamais de m’arracher – de bon cœur.

Les écharpes, comme un talisman contre l’âpreté du vent, et ma main dans la sienne, qui réchauffe mes doigts gelés.

Les yeux émerveillés, les souffles calmes en volutes ; la forêt devient ce sanctuaire aux vitraux de pourpre et d’or, que l’on parcoure avec un sentiment de respect perdu.

Nous sommes uns, murmure la brise. Le cœur de la terre bat ce tambour sacré, celui de la vie, auquel mon propre cœur fait écho. Si j’avais l’ouïe du renard roux qui folâtre dans les taillis, je percevrais les minuscules pulsations de vie des rongeurs et des oiseaux. Staccato de la musaraigne, andante du merle ou pianissimo de l’ours, déjà en quête de la chaude tanière où il hibernera.

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Les sentiers s’enfoncent au milieu des mousses facétieuses et des fougères graciles. La végétation frôle les jambes. Les doigts écartent les branches du passage. Les fées ont-elles dansé, cette nuit, sous la lune rousse ? Dans nos rêves, nous les avons rejointes, les pieds menus frappant le sol, les esprits ivres d’une musique qu’ils n’entendent pas.

Oui, je lui souris, et je ferme les yeux. Automne. Comment prendre dans les bras et étreindre tout ce que tu es ? Amant mystique des saisons, couleurs évanescentes, parfum d’enfance et bonbons d’Halloween.

Automne, je t’aime.

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(merci à Guilaine pour la photo ♥)

~ • ♥ • ~

Je n’oserai point vous demander si vous aimez le chocolat chaud. Je pense que oui ?

Depuis que j’ai goûté un chocolat maya à Paris, dans la merveilleuse boutique de Chocolatitude, je rêve d’épices et de cette langueur qui tapisse les papilles.

Bonheur.

C’était une après-midi de juin magique, passée à errer, le pas libre et la tête folle, au milieu du Marais. La presse nous environnait de partout, mais j’étais heureuse. Je souriais. Ma tante et mon oncle s’émerveillaient des robes (pour ma tante) dans les vitrines, ou de cette ritournelle volée à ces artistes de rue (pour mon oncle). Jazz et rockabilly, les talons battent la mesure sur le sol, et la démarche se calque sur les rythmes de la musique.

Fatigués d’avoir marché à travers Paris, nous avions déniché cet endroit adorable. Et ces chocolats, souvent véganes, que Laurence Alemanno, la créatrice, partait chercher au Guatémala elle-même. Ces boissons avaient une saveur de voyages, de terres rouges et chaudes, et de cabosses dorées…

Je crains de ne parvenir à reproduire cette recette exactement, mais j’essaierai – encore et encore. Me suivez-vous en cuisine ? L’appel de l’automne et du cocooning est trop fort pour y résister… N’est-ce pas ? :3

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Pour 4 tasses (et quatre gourmands qui ont besoin de réchauffer corps et âme à la tiédeur parfumée des épices) :

  • 1l d’eau filtrée ou minérale (ou 400ml d’eau minérale et 600ml de lait de noisettes/amandes/riz/cajou, mais le chocolat maya, selon la recette traditionnelle, se faisait à l’eau, mes chéris !)
  • 4 cuillères à soupe rases de cacao non sucré (cru, pour moi)
  • 6 cuillères à soupe de sucre de noix de coco (ou sucre complet)
  • 8 carrés de chocolat noir à 70% de cacao (facultatif)

Les épices :

  • 2 bâtons de cannelle
  • 10 clous de girofle
  • 10 gousses de cardamome verte
  • 1 petit morceau de gingembre frais
  • 20 grains de poivre noir (ou poivre rose du Mexique)
  • 5 étoiles de badiane ou d’anis étoilé
  • une pincée de piment de Cayenne
  • 1 pincée de fleur de sel


Faire chauffer l’eau (et/ou le lait) dans une petite casserole, avec toutes les épices. Laisser bouillir 5min, puis laisser infuser 10min supplémentaires.

Retirer les épices et filtrer.

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Ajouter le cacao au fouet, puis le sucre et la fleur de sel. Fouetter vigoureusement. Ajouter les carrés de chocolat en fouettant bien.

Le résultat, selon le cacao utilisé, peut être assez amer. Soyez libres de rectifier la quantité de sucre ! J’aime le chocolat amer, personnellement. (et la recette maya mettait justement cette amertume en valeur)

N’est-ce pas le meilleur des goûters du monde, à savourer avec un bon livre ?

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Que votre automne soit doux ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

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Une histoire de sorcières…..

Le moral a tendance à fluctuer, en ce moment.

C’est difficile, d’endurer une perte. De vivre avec, surtout. Mais j’ai les souvenirs, le son de son rire et de sa voix qui me grondait, doucement, avant de laisser place à un sourire. J’ai les souvenirs, oui, et ils sont précieux.

 

Avec le printemps qui soupire dans l’air, les envies de longues balades et de nature reviennent, elles-aussi. Rien de tel que de rêvasser dans les bois, d’admirer les nervures des tendres feuilles, pour sentir en soi un regain de vitalité couler. La forêt… je rêve de chants d’oiseau et de verdure. Mais, promis, pendant ces vacances, nous referons le plein de nature…

Depuis toute petite, je connais Saint-Jean les Saverne.

Cette commune est située dans le Bas-Rhin (67), en Alsace, non loin de la frontière avec la Moselle, où j’habite.

Parfum de balade en famille, entre amis, de pique-nique et de mystère.

Car à Saverne, on prétend qu’il habitait autrefois des sorcières…

A huit ou neuf ans, je n’aimais pas vraiment marcher. Je traînassais sans enthousiasme derrière mes parents, prêtant une oreille distraite à leurs bavardages. J’étais peu réceptive à la beauté de la nature qui m’entourait, perdue dans mes sombres préoccupations.

Mais j’aimais venir à Saverne.

Après un repas à l’Alsacienne tout à fait typique, et une escapade dans une pâtisserie où l’on se régalait de tartes aux quetsches couvertes de crimmele, de souris en pâte d’amande et de petits biscuits aux épices, nous nous attaquions à l’ascension du Mont Saint-Michel (non, pas celui auquel vous pensez), situé dans le Bas-Rhin (67) à travers de jolies et paisibles routes forestières.

Alors, nous arrivions près de la chapelle. Dédiée à l’archange Saint-Michel, elle se dresse à l’écart de toute urbanisation, en pleine forêt, dans une  atmosphère qui fleure bon l’encens et la quiétude.

Mais ce n’est pas vers elle que je m’élançais à chaque fois, quoique j’aimasse le rituel qui consistait à allumer une petite bougie rouge sur l’autel, petite veilleuse qu’on regarder brûler à s’en piquer les yeux.

Au-delà des conifères, des tables de pique-nique et du refuge forestier, il y avait surtout le rond des sorcières, le Hexenkreis.

Les sorcières, j’ai toujours adoré ça. D’ailleurs, à l’école, je me vantais toujours que ma maman, née la nuit d’Hallowe’en, était un peu sorcière…

Le Hexenkreis, c’est un bassin, creusé dans la roche, profond de 50cm, de 4m de diamètre, d’où l’on dispose d’une vue éblouissante sur toute la vallée de Saverne et les crêtes lointaines des Vosges. Par beau temps, on aperçoit les rubans scintillants de rivières qui dévalent les pentes…

Pourquoi ce nom ? parce que la légende prétend que les sorcières avaient coutume de se rassembler ici pour les nuits de sabbat, avant de s’envoler jusqu’au Bastberg, juchées sur un balai, et d’aller danser autour d’un tilleul séculaire… C’était Itta, épouse de Pierre de Lutzelbourg, qui dirigeait les opérations ; elle était connue pour être une fameuse sorcière… Lors de rassemblements, les apprentis sorciers s’asseyaient sur les bords du bassin, afin d’écouter leur enseignante parler, sur un petit promontoire.

Les géobiologues s’accordent en tout cas sur une chose, légende ou non ; c’est qu’en cet endroit, au milieu de ce cercle, les pendules s’affolent. Nœud de Hartmann, croisement d’énergie tellurique ? On peut tous s’amuser à le vérifier, pour peu qu’on connaisse les bases de la radiesthésie. Je ne manque jamais de ramener mon pendule ou ma pierre de Lune et je joue à l’apprentie druide, répétant une tradition mille fois accomplie, peut-être, au temps du culte du dieu Cernunnos et du paganisme…

Si  l’on descend un peu, à ses risques et périls, par un escalier taillé dans la pierre, on découvre la Hexenhöle, dite la Grotte des Sorcières, ou Grotte aux Fées. La grotte s’ouvre sur la forêt et les cimes des arbres. Au moindre rayon de soleil, les lézards frétillent sur la pierre chaude…

Cet endroit a indéniablement été habité au cours des millénaires.

La grotte est aménagée, avec des bancs circulaires, des trous pratiqués dans la roche qui sont comme des fenêtres sur les bois profonds, une sorte de siège, ainsi que des sillons pratiqués dans les parois, comme si, autrefois, on avait inséré ici une palissade qui protégeait les occupants de la Hexenhöle des dangers nocturnes… Mais le plus curieux reste l’espèce de sarcophage, creusé à même le sol, et dans lequel s’accumulent aujourd’hui eaux de pluie, feuilles mortes et poussières. Il mesure un mètre quatre-vingt de long, et a véritablement la forme d’un homme allongé… A chaque fois, je me demande qui, jadis, s’y est trouvé couché, à jamais ou le temps d’un rituel…

Certains pensent qu’il s’agissait d’un saint charismatique, renommé dans la région, qui aurait été enterré là. D’autres, d’une tombe de l’époque mérovingienne, qui daterait du VIIème siècle. Dans les légendes, Itta de Lutzelbourg, dont je vous parlais plus haut, y aurait été enterrée vivante, suite à des accusations de sorcellerie. Mais l’hypothèse de l’initiation a été retenue par les archéologues, qui voient dans cette grotte isolée, ses aménagements spartiates et ses équipements, un endroit dédié aux rites de passage à l’âge adulte qui se pratiquaient dans les sociétés païennes et celtiques. Cette tombe ne serait donc que symbolique, un endroit où l’initié s’allongeait pour vivre une des petites morts qui interviennent au cours de l’existence humaine, abandonner le passé derrière  lui, et renaître en lui-même.

D’ailleurs, une occupation celtique du lieu n’est plus à démontrer.

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Entre les traces d’un vaste oppidum qu’on peut découvrir lors d’un circuit de trois heures de marche en forêt, qui nous fera passer à proximité de vieux remparts, sur une ancienne voie romaine, frissonner non loin d’anciens autels et bassins à sacrifices, les Stampfloecher, et près des ruines d’un château et des lieux connus pour avoir accueillis des sacrifices rituels, humains comme animaux, les Celtes ont vécu ici. Le dieu Lug, divinité solaire du panthéon celtique, était célébré ici ; à l’époque romaine, c’est le culte du dieu Mithra qui était probablement célébré.

Les dernières traces d’occupation de la Hexenhöle remontent au Moyen-Âge, lorsque des ermites s’y étaient installés. Quoiqu’il en soit, de la préhistoire au Moyen-Âge, l’histoire n’a jamais cessé de s’écrire au Mont Saint-Michel.

Les balades qui partent de ce site sont bien nombreuses, et il n’y a pas moyen de s’ennuyer. Pour cela, il suffit de suivre les balises et  les circuits indiqués par le Club Vosgien. Attention, certaines montées sont raides ; aussi, prévoyez de bonnes chaussures de marche, des bâtons de marche, et de bien vous équiper en eau et en nourriture avant le départ.

Ces quelques dispositions prises, vous pourrez partir à la rencontre de l’histoire…pour un voyage en terres celtes. Ou à dos de balai !

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Nature & balades

Une matinée enchantée à Strasbourg

Strasbourg, ou l’histoire d’un coup de cœur.

Strasbourg.

Une ville dont on entend souvent parler, notamment pour son image de ville Européenne, ou encore de ville qui accueille un fameux marché de Noël.

Strasbourg, capitale de la plus-pour-très-longtemps région Alsace ; titre qui s’accompagne de tous les stéréotypes qu’on veut : choucroute, bière, cathédrale, winstub, riesling et choucroute again.

Mais Strasbourg, c’est aussi un coup de cœur, et une ville que je vous invite à visiter.

Venez, je vous embarque un peu dans mes souvenirs d’un jour extraordinaire ! Un jour-cadeau-d’anniversaire. Si, si, ça existe…

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Strasbourg, mis-à-part une incursion dans un marché de Noël plein de monde à deux ans (autant dire que je n’en ai pas le moindre souvenir), je ne l’avais jamais vue. On m’en avait souvent parlé. Pour les raisons citées plus haut… Mais encore pour la qualité de vie. Les universités…

Nous nous sommes rencontrées par un joli matin d’octobre, le lendemain de mon anniversaire, au cours d’une journée assez inoubliable.

Nous avons découvert la ville encore assoupie, nimbée d’une brume dorée.

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Le quartier de la Petite France, évidemment l’un des plus touristiques (et classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO depuis 1988 ; petite précision pour les éventuels Khâgneux aspirants-Ulmiens qui me liraient : le programme de géographie porte sur le patrimoine cette année…), est celui que nous avons choisi de visiter. Et nous ne l’avons pas regretté.

Nous nous sommes garés sur un des parkings périphériques (La Petite France, justement), à l’extérieur de la ville, pour des raisons de commodité. Grand bien nous en a pris !

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Ce quartier est traversé par divers canaux que bordent des maisons aux façades typiques à colombage. Difficile d’imaginer, avec cette apparence pimpante, que ce lieu accueillait jadis un hospice pour les soldats atteints de la syphilis ! Hospice qui jouxtait des tanneries, dont l’activité particulièrement salissante et…puante, il faut bien le dire, était reléguée aux marges de la ville elle-même. Le travail du cuir n’a jamais joui d’une représentation très glamour… La présence d’eau permettait à des pêcheurs de vivre ici, en plus des tanneurs.

Ce passé historique ne transparaît plus guère. J’ai été charmée par les ruelles tortueuses, les parfums de pain d’épice, et les reflets des maisons dans les canaux. Que de verdure, que de fleurs, bordant les ponts ! Et si peu de touristes ou de chalands… Un instant, je me serai imaginée à Metz, par un frais matin d’hiver, les passants assez hardis pour être sortis, se pressant le long des rues. Je crois que c’est cela que je retiendrai de la Petite France ; cette ambiance un peu enchantée et féérique d’un matin mordoré.

 

La cathédrale Notre-Dame-de-Strasbourg, a évidemment fait l’objet d’une visite. Davantage de déception se mêle ici à mes souvenirs.

Sa beauté est impressionnante, et elle se dresse contre l’azur, dame de pierre sans ride. Mais moi qui suis habituée à ma chère cathédrale Saint-Etienne de Metz, beaucoup moins souvent fréquentée, la foule qui se pressait ici à l’intérieur,m’a vite fait déchanter. Des groupes bruyants, armés d’appareil photos. Des gens qui vous encombrent la vue, et se montrent à peine polis. D’autres qui vous pressent et vous bousculent…

J’attendais davantage de considération dans un lieu de culte. Je ne suis certes pas croyante ; mais je reste cependant sensible aux atmosphères particulières qui imprègnent certaines églises. Ici, point de frisson ; juste un malaise dû à la foule croissante. Je pense qu’il faudrait revenir par un matin de semaine, tôt, peut-être, pour retrouver un peu du calme qui devrait être inhérent au lieu.

Notre visite se poursuit dans les vieux quartiers de Strasbourg ; les quartiers historiques, précisément.Vieilles ruelles, façades typiques, petits magasins adorables aux articles surprenants.

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Toute une ambiance qui contribue à rendre l’Alsace aussi chère à mon cœur ! Tout un folklore typique, des légendes, des contes, et une ambiance chaleureuse… Ce sont les petits détails qui créent les atmosphères les plus douces. Les petites choses sont les plus importantes…

Strasbourg est donc une ville dans laquelle je me suis immédiatement sentie chez moi ; je n’aurais pas cru cela possible. Décidément, j’aime l’Alsace !

Et vous, aimez-vous l’Alsace ?

En attendant, portez-vous bien, et n’hésitez pas à me faire part de vos impressions !

Affectueusement vôtre,

Eve.

 

 

 

 

Nature & balades, Réflexion

Ode à l’automne : vivre l’automne

Alors que je rêve de simplicité, je dois dire que je suis une fille compliquée.
En effet, je réfléchis trop. Examiné à la loupe de l’esprit, chaque menu détail devient une sinécure. Pas de place pour la spontanéité, au contraire ! Tout doit être mesuré, pesé, envisagé. Sinon, tout m’échappe, rien ne va plus.
Cette maladie – car la pensée, si elle entretient l’anxiété et devient répétitive, en est une – tend à se développer de plus en plus en Occident, avec nos mentalités rigides et notre besoin de contrôle permanent. La pensée devenue folle…

UNE NOUVELLE VIE…
Or, cet automne, j’aborde un tournant.
Vous vous en souvenez peut-être si vous avez lu mon tout premier article : j’étais censée poster ici beaucoup plus souvent que ce ne fut le cas… Je n’en ai pas eu l’occasion, à cause de la khâgne. Une année fort difficile, qui me prenait tout mon temps et toute mon énergie. Cette khâgne dont je craignais la difficulté depuis l’été… Elle a fini par me rendre malade, à dire vrai. Mais je n’y suis pas pour rien… Comment voulez-vous être heureux(se) quand votre esprit s’inquiète d’un rien, se met une pression de fou pour réussir (soi-dit en passant, je ne visais rien de particulier aux concours… non, j’étais juste certaine que sans pression, mes résultats seraient nuls et que je n’aurais jamais mon année de L2 validée) ? Bref, tout ça pour dire que devenue angoissée, irritable, malheureuse, j’ai fini par arrêter peu après les vacances de la Toussaint. J’ai rejoint la fac d’histoire la semaine dernière. Et quel soulagement… On arrêtait la torture. Ça m’a fait exactement cet effet…
Ces derniers temps furent donc temps de réflexion, de maturation. Je ressors de ce début d’automne fatiguée, un peu malade, mais déterminée. Je vais changer. Je vais enfin me prendre en main, et arrêter de laisser la peur diriger ma vie. Et l’automne est une saison merveilleuse pour pareille métamorphose…

Vous me suivez dans cette petite visite des merveilles que l’automne a à nous offrir ?

« L’automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l’hiver. » George Sand.

A U T O M N E

Un joli mot, qui prend des accents mélancoliques dans la langue de Shakespeare : the fall... Comme cette expression résume bien l’essence de cette saison !
L’automne est ma saison préférée. Parfums d’humus et de coings. Pluies de feuilles écarlates et dorées. Levers de soleil féériques au milieu de la brume. Après-midis qui se raccourcissent et invitent au cocooning… Ça ne vous donne pas envie de créer de petites ambiances, chez vous, en allumant des bougies, de jolies lampes, en diffusant des huiles essentielles (cannelle et orange) ? Si vous n’avez pas d’huile essentielle, vous avez toujours l’option gâteau : quelques sablés aux épices en train de cuire embaumeront délicieusement votre cuisine. A ce stade-ci, le thé et le chat ne sont plus en option…
Des souvenirs d’enfance me reviennent, comme un parfum à demi oublié… Halloween, des bonbons, des courses sous la pluie, des goûters de chocolat et de pâte d’amandes, la cuisine de ma grand-mère.

Saison favorite des romantiques et des rêveurs, l’automne est célébré tant par Verlaine, Baudelaire, Victor Hugo que Du Bellay. Écoutons un instant sonner les vers de Ronsard dans son « Hymne à l’Automne »…

« Je n’avais pas quinze ans que les monts et les bois
Et les eaux me plaisaient plus que la cour des Rois,
Et les noires forêts en feuillage voutées,
Et du bec des oiseaux les roches picotées ;
Une vallée, un antre en horreur obscurci,
Un désert effroyable était tout mon souci ;
A fin de voir au soir les Nymphes et les Fées
Danser dessous la lune en cotte par les prées
Fantastique d’esprit, et de voir les Sylvains
  Être boucs par les pieds et hommes par les mains,
Et porter sur le front des cornes en la sorte
Qu’un petit agnelet de quatre mois les porte. »

Tous les grands noms de la littérature y ont, semble-t-il, puisé inspiration. L’automne nous invite à penser, à nous poser, à réfléchir. Naturellement, les souvenirs, heureux et malheureux, se mélangent à nos réflexions… Avec le soleil qui décline de jour en jour, le changement d’heure peu avant la Toussaint, une petite déprime peut nous assaillir. La grisaille des jours de novembre peut paraître si morne…

Pourtant, l’automne, s’il invite à se recentrer, n’est pas synonyme de mélancolie. Certes, la chaleur de l’été s’en est allée, et la perspective des journées d’école ou de travail peuvent paraitre peu alléchantes. Mais cette saison a tout simplement d’autres merveilles à nous offrir… Mais si… Ouvrez grand les yeux, écoutez les pépiements des oiseaux, et humez cet air fragrant… Élargissons un peu nos points de vue !

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Pour les Celtes, il n’existait pas réellement de saisons. L’année était divisée en deux moitiés : la moitié sombre, qui s’étendait du premier novembre au premier mai, et la moitié claire, qui commençait à partir de cette date et symbolisait le retour du soleil. L’année était donc envisagée comme un cycle. A la différence de notre calendrier actuel, créé par le pape Grégoire XIII et qui est fondé sur un rythme en accord avec le soleil, celui-ci utilisait la période précise de l’orbite de la lune autour de la Terre (soit un mois lunaire équivalent à 29 jours, environ) pour mesurer le temps. Toutes ces informations nous sont parvenues grâce au Calendrier de Coligny, vestige d’un modèle gaulois romanisé d’un système calendaire celte. Il fut retrouvé près de Lyon au dix-neuvième siècle. Sans lui, nous ignorerions en majeure partie toutes ces informations, les Celtes dédaignant l’usage de l’écriture…
Quatre grandes fêtes rythmaient alors l’année : Samhain ; Imbolc ; Beltane et Lugnassad. Le nouvel an avait lieu avec Samhain, qui débutait aussi la moitié sombre de l’année.
Samhain est une fête que nous connaissons tous bien, nous, européens, sous le nom d’Halloween. La plupart des gens disent que la tradition de fêter le trente-et-un octobre nous vient des Etats-Unis. Ce n’est pas entièrement vrai… Bien avant que des échos de cette fête américaine retentissent en France, dans les campagnes, on continuait de fêter Samhain de manière informelle. Il était courant de creuser les navets ou les betteraves. Puis, une bougie logée à l’intérieur de la figure monstrueuse ainsi sculptée, on la promenait au bout d’un bâton pour chasser les esprits et les mauvaises influences… Il s’agirait donc plutôt des colons se rendant en Amérique, qui ont importé cette fête là-bas, pour donner le résultat que nous connaissons.
Mais Samhain nous intéresse autrement. Pour sa signification…
Faire advenir la nouvelle année au moment où le soleil se fait si peu présent est paradoxal. L’idée de renouveau est souvent attachée à celle de printemps, de renaissance, de verdure, d’éclosion…
Pas ici. Pas de renouveau sans un peu de nettoyage, après tout…
La nouvelle année commençait au coucher du soleil le trente-et-un octobre. Un moment de l’année où les perturbations se déchaînaient, où les grands froids arrivaient. La nuit s’installait, les ténèbres régnaient. Certes. Mais c’était surtout un moment pour s’arrêter et considérer. Pour observer, réfléchir, refaire ses forces. Et donc, rejeter les idées et les habitudes usées, pour en adopter de nouvelles.

Comme l’arbre qui perd ses feuilles à l’automne pour s’endormir durant l’hiver et renaître au printemps de plus belle…

Nous avons tous besoin de temps où nous ralentissons le cours de la vie, où nous nous retrouvons en nous-mêmes pour recharger nos forces, nous écouter un peu plus. Le printemps représente la force de la vie qui se déploie. Mais pour s’épanouir, il faut avoir des réserves consistantes dans lesquelles puiser… L’hiver nous donne cette opportunité. Si beaucoup d’animaux hibernent, ce n’est pas pour rien… Toutefois, dans nos sociétés où vivre doit rimer avec efficacité, nous avons oublié qu’il est parfois bon de ne rien faire…pour mieux rebondir.

J’aime beaucoup cette image déjà utilisée quelques lignes plus haut. L’arbre qui perd ses feuilles.
Soyons cet arbre. Laissons s’envoler nos vieilles habitudes inutiles, nos comportements passés et le poids d’actes lourds qui nous empêchent d’avancer. Retournons à nos racines et à l’essentiel…

Et c’est ce que j’ai décidé de faire.
Vivre ma vie, enfin, loin d’influences du passé, de culpabilité ancienne ou de croyances erronées. Quitter la prépa pour entrer dans un nouveau monde me semble le meilleur moment pour effectuer ce petit nettoyage mental. Et enfin…arrêter de penser trop !! Pour cela, des aides précieuses : les fleurs de Bach (White Chestnut, quand les idées tournent en boucle et Impatiens, pour les personnes qui ont du mal à se poser, et que la lenteur énervent) ; le mindfulness et la méditation de pleine conscience ; le lâcher prise…

Alors, prenez-soin de vous. Des autres. Faites-vous plaisir… La vie est si douce quand on arrête de la remonter à contre-courant…

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L’automne nous invite aussi à cela : à faire un petit bilan sur nous-mêmes. Est-ce qu’une nouvelle coupe de cheveux ne serait pas appropriée ? Fais-je assez d’exercice physique ? Est-ce que je mange trop de sucre ? Amorcer de nouvelles bonnes habitudes mentales et de comportement doit s’accompagner de bonnes habitudes alimentaires aussi ! (notre joli bidon est notre deuxième cerveau, ne l’oubliez jamais. Un bidon qui va mal, est le terreau d’un mental faible. Et vice versa…)
Alors, pourquoi ne pas aborder l’hiver par un petit drainage ? Si nous soutenons notre foie, notre vésicule biliaire, nos émonctoires, en bref, et les aidons à se purifier des excès de l’été, notre santé n’en sera que meilleure. Et de même pour notre résistance aux maladies… Un foie engorgé peut passer tout à fait inaperçu, ou se manifester par des symptômes qui peuvent sembler y être tout à fait étrangers : une irritabilité, des réveils intempestifs en pleine nuit, des maux de ventre, une digestion lente, des colères soudaines ou changements d’humeur. Le foie, en effet, en Médecine Traditionnelle Chinoise, est lié à la colère. Pour se purger de ses excès émotionnels, c’est son foie qu’il faut traiter… Pour ce faire, prendre des gélules de desmodium, d’artichaut et de pissenlit, ou de la teinture-mère de chardon-marie, tous les jours, le matin, à jeun, pendant au moins deux semaines. Accompagner les changements de son organisme, s’accorder aux changements de saison nous aide à mieux vivre la grisaille et le froid qui s’installe ! Mangez léger, pendant cette cure, et beaucoup de fruits et de légumes ; moins de viande, aussi, de plats cuits longtemps ou très gras. Freinez sur l’alcool et le sucre, aussi…
Enfin, n’hésitez pas à commencer une cure de vitamine D3 ! Notre corps est incapable de faire des réserves durables de vitamine D, et en l’absence de soleil, ou d’une exposition suffisante au soleil (ce qui est impossible quand il fait froid…), la carence peut très vite survenir. Des études américaines estiment que plus de 60% de la population européenne présente un manque de vitamine D. Or, cette vitamine est essentielle pour la santé des os, l’assimilation du calcium, la résistance du système immunitaire, le moral… Alors, qu’attendez-vous ? D’octobre à avril, les sujets à peau claire, sédentaires, peu souvent dehors, devraient obligatoirement se supplémenter en vitamine D3 ! (et non la D2 qui n’est pas une forme aussi assimilable)

Et parallèlement à cela, exposez-vous à la lumière naturelle autant que faire se peut… Un joli rayon mordoré de soleil, un ciel bleu et des couleurs enchantées… ça peut aussi être ça, l’automne !

Car l’automne, s’il invite à l’introspection, invite aussi au rêve
J’aspire à de longues promenades en forêt… dans la campagne… A écouter le vent bruire dans les feuilles… Et le soir, à me reposer, avec les miens, une tasse de thé vert et mon chat, en regardant la nuit tomber…

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Pas vous ?

Prenez soin de vous…