Les dîners du chat, Recettes magiques

Les lasagnes : la cuisine de mon enfance

Petite fille, je raffolais de pâtes et de lasagnes. C’était le plat que je réclamais immanquablement à ma mère, à chaque occasion un peu spéciale, à chaque anniversaire. Sa seule pensée dessinait des étoiles dans mes yeux et convoquait une fête sur mes papilles.

IMG_2369.JPG

Lasagnes. J’imaginais déjà mes petits doigts racler le fond et les bords des casseroles des sauces que j’aimais tant, la « sauce blanche » et la « sauce rouge », comme la Reine Blanche et la Reine Rouge d’Alice au Pays des Merveilles, archétypes d’un conte, personnages de légende de mon bestiaire culinaire.

Les lasagnes de maman, je les aimais au thon, avec beaucoup d’oignons et de vin blanc, pas forcément gratinées. Il fallait que les pâtes aient caramélisé avec la tomate sur les bords du plat amoureusement passé au four, et que la béchamel soit bien épaisse. C’était comme un rituel, un parfum d’anniversaire et de laurier qui investissait la cuisine et me mettait le cœur en joie.

IMG_2379.JPG

Le temps a passé, et ma folie des lasagnes aussi.

Pourtant, quand il fait gris, que l’air fleure bon l’automne et les feuilles tourbillonnantes, j’ai toujours comme une réminiscence de lasagnes. Et, alors, il faut que je mette la main à la pâte pour mettre au point ma propre version de cette recette qui a bercé mon enfance. Plus guère de thon pour la végétarienne que je suis, des pâtes au blé complet ou sans gluten, une recette que j’essaie de penser meilleure pour la santé en termes de nutriments et de vitamines. Avec des herbes du jardin de ma grand-mère, des tomates fraîches si possible…sans sacrifier le côté réconfortant de ce plat.

Voici mes lasagnes du jardin !

IMG_2372.JPG

Ingrédients :

  • 250g de pâtes à lasagne (au blé complet, à l’épeautre ou sans gluten)
  • 800g de coulis de tomates
  • 2 cuillères à soupe de tamari
  • Quelques tours de moulin à poivre
  • Un peu d’ail semoule
  • Une dizaine de feuilles d’origan du jardin

  • 8 tomates très mûres
  • 200g de tofu lactofermenté au pesto
  • 100g de tofu lactofermenté au tamari

  • 250ml de crème de soja
  • 200ml de vin blanc sec
  • 3 cuillères à soupe de sauce soja (tamari)
  • 2 cuillères à soupe rases de fécule de manioc

  • Poivre du moulin
  • 3 feuilles de laurier du jardin
  • Noix de muscade fraîchement râpée (environ un quart de la noix)
  • Thym et romarin du jardin
  • Quelques branches de marjolaine
  • Huile d’olive

IMG_2380.JPG

 

Préchauffer le four à 180°C.

Mélanger le coulis de tomate avec les ingrédients de la sauce rouge. Réserver.

Mélanger les ingrédients de la sauce blanche et réserver. Le mélange obtenu est très liquide : c’est normal ; en cuisant, les pâtes vont absorber l’essentiel du liquide.

Huiler généreusement un plat, puis disposer une première couche de pâtes à lasagnes.

Couper les tomates en très fines tranches. En disposer l’équivalent de deux et demi sur les pâtes à lasagnes. Emietter les deux tofus et saupoudrer sur les tomates. Verser un tiers de la sauce rouge et un tiers de la sauce blanche sur les pâtes. Couvrir de feuilles de lasagnes.

Répéter l’opération, jusqu’à épuisement des ingrédients.

Napper généreusement le plat d’huile d’olive, saupoudrer de thym, de romarin et de marjolaine (de votre jardin ♥)

Enfourner pour environ 40 minutes (tout en sachant que les lasagnes supportent très bien les longues cuissons à feu tout doux, pour devenir fondantes et douces et délicieuses ♥)

IMG_2383.JPG

Vous pourrez déguster ces lasagnes toutes seules, ou bien accompagnées d’une petite salade verte croquante. Faites-vous du bien !

Tendrement vôtre,

Eve.

Publicités
Douceurs enchantées, Recettes magiques

Muffins gourmands figue-amande-citron

Au pied du sapin, il y avait ce livre, Green, par Anya Kassoff, sobrement emballé dans un papier rouge, maintenu par un flot. Je l’ai extirpé de sa prison de rubans, je l’ai parcouru d’un regard gourmand, et je ne l’ai plus quitté. Inépuisable source d’inspiration, aussi bien culinaire que picturale, je l’ai souvent ouvert au hasard, pour me régaler d’une image, ou en quête d’un repas du soir alléchant et rapidement fait.

IMG_2302

Parmi toutes les superbes réalisations qui s’y trouvaient, une d’entre elle, des muffins garnis de figues fraîches entières, avait accroché mes yeux. J’y revenais sans cesse. Et pourtant, sur cette recette, pesait un agaçant interdit : il fallait utiliser de la poudre d’amande – un fruit auquel la moitié de ma famille était intolérant – ainsi que des figues fraîches – et les figues fraîches, même en saison, coûtent terriblement cher.

Je n’ai jamais oublié cette recette. J’attendais simplement le moment propice pour la réaliser, enfin – quand j’aurais trouvé des figues fraîches à un prix abordable. Le temps a passé, ma mère et moi avons pu recommencer à manger de petites quantités d’amandes sans être malades, et, un beau jour, mon magasin bio a proposé des figues à un prix record… Devant l’étal, je n’ai pas hésité un instant, ma marotte toujours à l’esprit, et j’ai consciencieusement rempli le sac en papier, sous le regard perplexe et amusé de mon père, rendu curieux par tant de mystères.

IMG_2341

Le lendemain, frigorifiée après avoir enduré averse sur averse et coup de vent à une fête médiévale, en quête de réconfort, je passais à l’acte : farine qui vole, aller-retour du garde-manger à la cuisine, parfum envoûtant de l’amande et de la vanille, mon père qui insiste pour faire la vaisselle, rien que pour lécher la pâte qui restait dans le saladier…

Quelques vingt minutes plus tard, ces délices interdits aux figues et aux amandes étaient au four, le froid n’était plus que le souvenir d’une aventure un peu folle, un peu chouette, et j’avais réalisé un rêve de recette.

Comme d’habitude, je n’ai pu m’empêcher de modifier la recette selon mon inspiration du moment. Vous trouverez donc une version fantaisiste de ces muffins à la figue, ici. En espérant qu’elle vous charme autant qu’elle nous a charmé… ♥

IMG_2354

Ingrédients :

Pour une dizaine de gros muffins :

  • 10 petites figures noires, bien mûres
  • 90g de farine de riz complet
  • 100g de poudre d’amande
  • 30g de farine de lupin
  • 30g de fécule de manioc
  • 250ml de lait de coco entier, nature
  • 40g de sirop de dattes
  • 80g de sucre de canne complet
  • 2 cuillères à soupe de purée d’amande blanche (ou de purée de noix de cajou)
  • 1 cuillère à café de poudre à lever
  • 1 pincée de sel marin
  • 1 pointe de couteau de vanille en poudre
  • 2 cuillères à soupe de jus de citron
  • Le zeste râpé et haché d’un citron
  • 1 cuillère à café d’eau de fleur d’oranger

Préchauffer le four à 180°C.

Mélanger les ingrédients secs ensemble.

Dans une jatte séparée, mélanger le sirop de datte avec le lait de coco, la purée d’amande, le jus de citron et l’eau de fleur d’oranger. Verser sur le mélange des poudres. Mélanger intimement.

Dans des moules garnis de caissette en papier, déposer une cuillère à soupe de pâte. Déposer une figue, pédoncule ôté, sur le fond du muffin.

Recouvrir la figue avec le restant de pâte.

Enfourner pour 20 à 25min de cuisson, jusqu’à ce que le dessus du gâteau soit doré.

IMG_2364

A peine sortis du four, les muffins ont une consistance irrésistiblement moelleuse ; la figue a caramélisé et fond au milieu du gâteau…

 A accompagner d’un thé aux épices ou d’un rooibos à la vanille et de sorbet à la pêche ♥

Chocolat & compagnie, Douceurs enchantées, Recettes magiques

Brownie/fondant minimaliste au chocolat

J’en suis à une période de ma vie où j’oscille entre neuf et ancien. D’anciennes attaches continuent de me relier au passé par d’imperceptibles filins, mes pensées recyclent de vieux schémas que j’ai répété depuis l’enfance, avec plus ou moins d’inconscience. Et puis, il y a ces habitudes nouvelles, ce sens de la liberté qui émerge peu à peu, la conscience que je répète la symphonie de la mélancolie depuis des années, et l’envie de me délivrer de tout cela… Entremonde.

IMG_0801

Cet état a ceci d’effrayant que je suis à la confluence de dizaines de sentiers différents. Chacun représente un avenir, des choses que l’on a imaginées pour moi, ou auxquelles je rêve moi-même. Il y a ces voies qu’on aimerait me voir embrasser, et qui paraissent…logiques, raisonnables, dirai-je, quoique infiniment ternes. Et puis, il y a les autres, plus folles, plus imprévisibles, voies du cœur, voies de l’âme, vers lesquelles je me dirige, lentement, timidement, mais sûrement. Parfois, je glisse un pas sur un de ces nouveaux chemins, pour aussitôt bondir en arrière.

Douloureux Entremonde… Poésie de l’Entremonde, aussi, où tous les choix sont encore bourgeons. Il faudra voir ce que le Temps fera de ces jeunes pousses. Lesquelles s’épanouiront, lesquelles demeureront possibles jamais éclos.

IMG_0825

En attendant, parce que l’attente est parfois un peu douloureuse, je m’empiffre toujours autant de chocolat.

Après avoir eu ma période crème choco-cajou, brownie cru, barres au chanvre, truffes véganes, je crois que je viens de tomber dans les bras d’une nouvelle addiction. Tout a débuté à cause d’une photo, sur le compte d’une copine d’Instagram, d’une recette qui refusait de me quitter l’esprit, et d’une matinée en cuisine… Après un attentat à la banane bien mûre, un rapt de purée d’amande, et une rançon de chocolat, une sorte de fondant absolument indécent de gourmandise et de moelleux est né. J’ignore son nom, mais j’honore sa simplicité, sa texture, ses parfums. Et je ne peux que partager la recette avec vous, d’après @veganbb13

IMG_0836

Fondants véganes cacao-banane-amande :

Trois ingrédients, cinq minutes de confection, 15 ou 20 de cuisson… Voici ce que j’appelle une recette paresseuse. Mais néanmoins délicieuse…

  • 4 bananes bien mûres
  • 50g de cacao en poudre
  • 150g de purée d’amande complète, ou de purée de noisette
  • 1 pincée de sel marin, ou de sel rose de l’Himalaya (facultatif)
  • 1 pincée de vanille en poudre (facultatif)
  • 50g de noix de pécan/noisettes/macadamia grossièrement concassées (facultatif)

IMG_0830

Préchauffez le four à 180°C.

Écrasez les bananes avec la purée d’oléagineux de votre choix, ajoutez le cacao progressivement, puis la vanille et le sel.

Versez le mélange obtenu dans un petit moule carré.

Laissez cuire 15 ou 20 minutes, selon que vous souhaitiez un résultat plus ou moins fondant, plus ou moins pâteux.

IMG_0837

J’ai failli tout dévorer à la sortie du four : verdict, tiède, c’est un délice. D’après @veganbb13, après quelques heures de réfrigération, le tout prend une irrésistible consistance qui évoque un flanc bien dense. A vous de voir, selon vos préférences ! Le tout étant que vous…vous régaliez ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

Beauté, Réflexion, Recettes magiques

Faut-il avoir peur du soja ?

Entre le tofu, le tempeh, le lait de soja et les protéines de soja, le marché est envahi de produits dérivés de ce petit haricot nommé soja. Il s’agit d’une plante cultivée et consommée depuis des millénaires et qui, cependant, passionne aujourd’hui les foules.

Dans le milieu de la cuisine saine, on vante les vertus du tofu ; il est décrié à la télévision, brandi comme un pâle cliché du végétarisme.

tofu-1478696_960_720

Bref, une légumineuse sujette à de nombreuses polémiques. Glycine max, prosaïquement nommé « soja jaune » (à ne pas confondre avec le haricot mungo (Vigna radiata), la plante que l’on fait germer pour obtenir les fameuses « pousses de soja » qui…ne sont pas du soja !) était déjà considéré en Chine comme l’une des cinq plantes sacrées, près de trois millénaires avant notre ère. Soja, riz, blé, orge, millet étaient alors la base de l’alimentation chinoise.

Depuis, la petite graine a fait son chemin dans le monde entier, s’implantant peu à peu dans le reste de l’Asie, jusqu’à être introduite dans la gastronomie traditionnelle de nombreux pays. Son arrivée aux Amériques et en Europe s’avère relativement récente, car le soja n’est apparu sous forme de préparations diététiques ou de boissons infantiles qu’à l’extrême-fin du XIXème siècle (voire début XXème).

soy-1831703_960_720

De nos jours, une très large partie de la production de soja est destinée à nourrir le bétail, sous forme de tourteaux. Une autre partie, transformée et achetée sous forme fermentée de miso, de tempeh ou de tofu, est destinée à l’alimentation humaine. Sa richesse en protéines complètes (elles renferment les huit acides aminés que le corps ne sait pas synthétiser), en lipides (oméga 6) et sa relative pauvreté en glucides en font un aliment de choix pour remplacer les produits carnés, lorsque l’on est végétarien ou végétalien, ou simplement quand on souhaite diminuer ses apports de viande ou de poisson. Son profil nutritionnel est tout à fait équilibré ; en plus de contenir des nutriments intéressants, le soja est également riche en vitamines et oligo-éléments.

Pourquoi cette crainte de consommer du soja, alors ?

Les coupables sont une substance retrouvée dans la fève de cette légumineuse, les fameuses phyto-hormones dont vous avez forcément déjà entendu parler.

Futura-science donne la définition suivante des phyto-hormones :

« Hormone végétale. Substance biologique hautement active qui régule la croissance et le développement des plantes. Certaines agissent en tant que vecteur d’information pour réagir aux stress environnementaux (stress hydrique, attaque par des herbivores…), voire pour communiquer entre plantes. »

(Si vous souhaitez une explication plus complète et plus scientifique, rendez-vous sur http://www.universalis.fr/encyclopedie/phytohormones-hormones-vegetales/)

Parmi ces phyto-hormones, le soja renferme notamment des isoflavones, dont de la génistéine, la daidzéine et la glycitéine. Ces substances exercent une forte activité antioxydante sur le corps humain. Leur structure est similaire à celle des œstrogènes, hormones emblématiques du cycle féminin, dont elles miment l’action. Elles sont bel et bien actives sur le plan hormonal, et se fixent, au moins en partie, sur nos propres récepteurs hormonaux. Il faut préciser que leur activité hormonale est cependant de 1000 à 10 000 fois inférieure à celle de nos hormones endogènes.

C’est là que cela devient intéressant : les isoflavones entrant en interaction avec nos propres productions hormonales, elles exercent un effet régulateur sur notre équilibre hormonal. Par exemple, si votre organisme produit trop d’œstrogènes, les isoflavones vont en partie bloquer leur synthèse et leur assimilation. A l’inverse, en cas de carences, les isoflavones vont agir positivement sur le corps et permettre de combler les manques.

C’est aussi de là que sont parties les rumeurs sur la nocivité du soja en cas de cancer, et notamment de cancer du sein hormono-dépendant. Certaines hormones, dont font partie nos œstrogènes, exercent en effet une action de croissance sur les cellules cancéreuses. A l’inverse, certaines études (Nagata C., Mizoue T. et coll. Soy intake and breast cancer risk: an evaluation based on a systematic review of epidemiologic evidence among the Japanese population.) ont démontré l’action protectrice des phyto-œstrogènes, qui permettraient la destruction partielle des cellules cancéreuses.

Vous le voyez, la réalité n’est ni blanche, ni noire, mais bien plus complexe que cela…

Les allégations pro ou anti-cancer du soja sont souvent fondées sur une confusion entre œstrogènes et phyto-œstrogènes. S’y ajoute une certaine méconnaissance de leur rôle d’action dans l’organisme. Loin de moi l’idée de trancher (qui suis-je pour cela ?) et de penser à votre place. Cependant, je vous laisserai quelques utiles informations sur la fréquence de cancers du sein en Asie, pays qui est un grand consommateur de soja depuis des siècles : là-bas, les femmes ne sont pratiquement pas touchées par ce fléau.

soy-1888556_960_720

Pourquoi ?

Tout simplement parce que tous les produits dérivés du soja ne se valent pas.

En Asie, la consommation de soja est certes régulière, mais elle excède rarement les 50g par jour. En outre, le soja est presqu’exclusivement consommé sous sa forme fermentée : tofu, miso, tempeh. La fermentation, en effet, fait drastiquement baisser le taux d’isoflavones contenu dans le soja. A l’inverse, le lait de soja, une des formes les plus courantes sous laquelle on consomme le soja en Occident (et pour ainsi dire inconnu en Asie) est extrêmement riche en isoflavones !

Sachez en outre que le soja, sous sa forme non-fermentée, est très riche en substances anti-nutritionnelles : les lectines et l’acide phytique sont des substances produites par la graine pour empêcher sa germination en l’absence de conditions propices. Sans trempage ni fermentation, ces substances sont toujours présentes dans la graine que vous consommez. Au moment de la digestion, les lectines et l’acide phytique agissent en se collant aux oligo-éléments, type calcium et magnésium, dont l’assimilation est entravée par la muqueuse intestinale.

Comment consommer le soja ?

Comme toujours, prudence et parcimonie sont de mise. Ne pas en faire une consommation trop importante (ne pas oublier qu’en Chine, il est vu comme condiment ; en outre, les Asiatiques sont habitués à en consommer depuis des millénaires. Forcément, cet aliment est mieux adapté à leur organisme qu’au nôtre !) et, surtout, éviter de boire trop souvent du lait de soja, extrêmement riche en isoflavones et en facteurs anti-nutritionnels. Ce conseil s’applique à tous, mais plus particulièrement aux femmes enceintes, enfants et femmes souffrant de cancer hormono-dépendant.

En revanche, le soja sous sa forme fermentée (miso, tempeh, lacto-fermenté) ne présente pas de risque, la fermentation débarrassant l’aliment de ses facteurs anti-nutritionnels et d’une partie des phyto-oestrogènes ; il présenterait au contraire une action protectrice et régulatrice du système hormonal.

Paracelse ne disait-il pas déjà pas que “ Tout est poison et rien n’est sans poison; la dose seule fait que quelque chose n’est pas un poison. ” ?

Les dîners du chat, Nature & balades, Recettes magiques, Repas des elfes

Bol du printemps

Avec le printemps et les beaux jours qui reviennent, nos corps ont besoin de fraîcheur, d’aliments nutritifs pour s’éveiller de la stagnation de l’hiver. Sans parler de « détox », il est normal de consommer davantage de crudités, de verdure, pour lancer les processus de nettoyage du foie, de la vésicule biliaire, et nous alléger, tout en douceur. Si on suit les biorythmes de notre corps, prendre un ou deux kilos en hiver n’est pas dramatique et imite les réflexes de protection et de survie dont nos ancêtres usaient pour se protéger du froid.

IMG_0511

Au niveau des énergies, le printemps demeure la saison du nettoyage. Il est bon de consommer, en guise de petit rituel du matin, un jus de citron dans de l’eau tiède. Tout en réveillant le système digestif, cela active le travail du foie et des émonctoires. Or, un foie en bonne santé, c’est de la vitalité en plus ! Je ne sais plus trop dans quel livre j’avais lu cela, mais je me souviens que cela m’avait fait rire : un médecin racontait que, pour rien au monde, il ne voudrait faire le travail du foie. Vous imaginez ? Fonctionner 24h/24 et 7j/7, assumer plus d’une centaine de fonctions vitales pour l’organisme, gérer et digérer les hormones, produire le cholestérol, secréter la bile, contrôler en permanence la composition du sang… Cette glande à la fois endocrine et exocrine pèse plus de 1500g et ce n’est pas pour rien que son rôle est crucial dans la santé. Alors, autant soutenir son travail au printemps !

Pour nous purger des excès de l’hiver, rien de tel que de consommer les trésors que nous offre notre jardin ou la nature. Le pissenlit, avec ses charmantes fleurs jaunes, pétales étalés comme des soleils, vous dérange au milieu de votre pelouse ? Au lieu de l’arroser de désherbant, cueillez-le avec respect, poêlez ses fleurs avec vos oignons et vos jardinières de légumes, ajoutez ses feuilles à vos salades. Mieux que les petites gélules que l’on vous vend à prix d’or en parapharmacie ! N’hésitez pas non plus à consommer du radis noir, des artichauts, des légumes verts.

IMG_0531

Pour ma part, je n’aime rien tant que cuisiner à partir de mes petites récoltes sauvages. Tendres pousses d’orties (dont vous pouvez faire des potages, des tartes, des fondues…), ail des ours, toutes jeunes feuilles de tilleul, mâche sauvage, lamier pourpre, pousses d’aubépines, fleurs de primevère, de violette, et toute cette abondance de végétaux que nous croisons sur les chemins de promenade, mais que nous dédaignons, peuvent venir agrémenter nos repas. J’adore, le soir venu, me hasarder dans mon jardin. J’effleure les bourgeons, je hume les grappes de fleurs des cerisiers, je traque les reflets du couchant sur l’eau et à travers les feuillages. Je ne reviens jamais à la cuisine sans une généreuse brassée de plantes sauvages pour agrémenter mes repas.

Aujourd’hui, je vous propose justement de composer un bol que certains nommeront « détox », d’autres « bouffée de nature ». Je lui donne le doux nom de « bol de sorcière », mais libre à vous de choisir d’autres qualificatifs. L’essentiel étant…de vous faire du bien.

Alors… préparez-vous pour une promenade dans la campagne !

IMG_0536

Bol de sorcière du printemps :

Pour une personne

  • 50g de mâche, lavée
  • 1 endive
  • du kimchi ou de la choucroute crue
  • du caviar d’aubergines (fait maison, ou acheté)
  • 1 cuillère à soupe d’huile de colza
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre ou vinaigre balsamique
  • 1 cuillère à café de vinaigre d’umebosis (un vinaigre japonais, préparé à partir de prunes ume, des petites prunes en saumure. Vous pouvez remplacer par une cuillère à café de moutarde à l’ancienne, ou tout simplement, passer cette étape, et saler normalement votre vinaigrette)

Pour les ingrédients sauvages

  • 1 petite poignée de jeunes pousses d’aubépine (l’arbre des poètes ! Il en pousse partout, dans les haies, dans vos jardins… Prenez garde à faire votre cueillette avec respect, sans arracher les bourgeons, et dans un endroit qui ne soit pas pollué par la route ou les pesticides), de feuilles de tilleul (cet arbre est omniprésent dans nos jardins et nos campagnes. Ses feuilles renferment des quantités intéressantes de vitamines et d’oligo-élément), de feuilles de pissenlit (même conseil : pour votre cueillette, choisissez un endroit qui n’est pas pollué, et prenez soin de ne pas dépeupler l’endroit de la plante choisie – même si pour chasser le pissenlit d’un endroit, je concède qu’il faut se lever tôt…)
  • 1 ombelle de fleurs d’ail des ours (facultatif)
  • 5 fleurs de primevère, pour décorer

Pour le pesto d’ail des ours :

  • 5 feuilles d’ail des ours
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 10g de noix de cajou ou d’amandes en poudre
  • 1 pincée de sel
  • quelques gouttes de jus de citron

IMG_0521

La préparation est on-ne-peut-plus simple.

Lavez soigneusement vos ingrédients sauvages (à l’eau vinaigrée, cela vaut mieux), et égouttez-les.

Lavez la mâche et l’endive.

Dans un bol (ou une assiette, mais je trouve la présentation plus jolie dans un bol), disposez la mâche, lavée et égouttée, avec l’endive, finement hachée. Nappez de vinaigrette.

Hachez les feuilles de pissenlit et mêlez-les aux jeunes pousses, dans le bol.

Préparez votre pesto : dans un mortier, concassez les noix de cajou avec l’huile d’olive, le sel, le jus de citron et ajoutez les feuilles d’ail des ours, finement hachées. Vous devez obtenir une pâte un peu granuleuse.

A NOTER : vous pouvez préparer une plus grande quantité de ce pesto dans un blender (ce sera peut-être plus simple), en sachant qu’il se conservera deux jours au réfrigérateur. (et pourra accompagner des pâtes, des tartines, des tartes salées…)

Nappez votre salade sauvage de pesto d’ail des ours. Décorez avec les fleurs de primevère et d’ail des ours.

Ajoutez dans votre bol le kimchi, ou la choucroute crue, le caviar d’aubergines, humez les senteurs de cette mélange aussi beau que bon pour les yeux et les corps…et dégustez ! En pleine conscience.

IMG_0539

Sachez ainsi que l’endive, avec son amertume caractéristique, est une plante excellente pour les fonctions hépatiques. La mâche renferme dans ses feuilles de précieuses vitamines et des oméga 3, de même que l’huile de colza. Toutes les plantes sauvages contiennent d’intéressants taux de protéines et d’acides aminés, en plus d’oligo-éléments et de toutes les vertus des jeunes plantes, hardies et gorgées de vitalité. L’ail des ours, avec son délicat parfum aillé, relève les plats, en plus de contenir des substances intéressantes pour la santé (soufre pour les cheveux, vitamine C, vitamines B).

Ne craignez pas la quantité de « gras » qui peut paraître importante, dans cette recette. Ce ne sont que des lipides bons pour la santé, et pour la ligne. (pour être honnête, je n’adhère absolument pas au concept des graisses qui font grossir. Si vous craignez pour votre ligne, surveillez plutôt les glucides, lesquels, en augmentant la production d’insuline, entraînent un plus grand stockage des graisses sur le corps.)

J’espère que cette petite recette, déclinable à l’envi, vous plaira ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

IMG_0618

Citations inspirantes, Contes & histoires, Douceurs enchantées, Projets de roman(s), Recettes magiques, Repas des elfes

Rêver avec des brioches épeautre-cannelle-noix de pécan

J’aimerais connaître la recette d’une potion, philtre ou breuvage subtil, qui me transporterait dans les mondes que je tisse de mots. J’aimerais courir sur les landes ou à la poursuite de feux follets aux côtés de ma sorcière, ma Jodie. J’aimerais promener la main sur les moellons et les pierres humides des murs du château de Kullinghan. J’aimerais plonger le nez dans les crins noirs et fournis de Xaos, galoper sur le dos d’Ailim, tâter les écailles des dragons.

Rien qu’une soirée, bercée par la voix des bardes et les joyeux trilles de la musique d’Otter. Rien qu’une après-midi, les yeux dans les yeux avec Jaufré de Rousselune…

img_0091

Je les connais, et cependant, je suis condamnée à ne jamais les voir qu’en imagination. Mes personnages… Des amis. Cruelle destinée de celui qui crée et dessine, qui enfante des mondes qui ne vivent que le temps d’un rêve… Rêve, réalité ; souvent, on oppose les deux. Mais les rêves ne sont-ils pas immortels ? Ne peuvent-ils pas se partager ? Lorsque je songe aux récits des mythologies antiques et celtiques, à ceux de Chrétiens de Troyes, des épopées qui ont survécu, je me prends à espérer – que mon petit monde vive un jour au-delà de moi. Du rêve d’un aède, Homère a fait l’Odyssée, dont tous, nous nous rappelons de l’aurore aux doigts de rose.

μος δ ριγνεια φνη οδοδκτυλος Ἠώς

(Emos d’èriyéneia phanè rhododaktulos Eos)

Loin de moi toute prétention littéraire. Je pense que ceux qui écrivent ne sont pas étrangers à ce sentiment : on aimerait que notre monde existe pour de vrai ! Je n’oserai jamais (jamais !) me comparer à Homère ni à aucun grand écrivain. Mais quelle meilleure façon de faire exister son empire de songes que de le partager ?

En attendant, je me console ; j’invente des recettes que je les imagine savourer, tous ensemble, Erell, un peu de gouaille au coin des lèvres, Jaufré regardant Nathaniel en chien de fusil, Jodie riant et secouant ses cheveux de jais, Karil réservant à Sovay les meilleurs morceaux…

img_0093

Petites brioches rustiques, petit-épeautre, pécan & cannelle

  • 150g de farine de petit épeautre complète
  • 150g de farine de kamut complète
  • 50g de farine de riz complet ou d’avoine
  • 100g d’huile de noix de coco fondue
  • 200ml de lait de noisettes/d’amande/de riz
  • 100g de noix de pécan concassées
  • 1 sachet de levure de boulanger
  • 1 cuillère à soupe de sucre complet
  • 1 cuillère à soupe de cannelle
  • 1 cuillère à café de mélange d’épices à pain d’épices
  • 1 généreuse pincée de sel

img_0100

Commencez par mélanger les farines ensemble avec les épices et le sel.

Pendant ce temps, tiédissez le lait avec le sucre et versez-y la levure. Laissez gonfler un moment.

Ajoutez l’huile, puis le lait et la levure au mélange de farine, et mélangez soigneusement, jusqu’à obtenir une belle boule de pâte non collante. Pétrissez soigneusement.

Formez ensuite de petites boules de pâte que vous laisserez lever sur une plaque, près d’une source de chaleur. Laissez lever au moins une heure.

Puis, à four chaud, enfournez 20min à 180°C.

img_0099

Régalez-vous ! Ces petites merveilles sont rustiques, assez compactes, peu levées, mais délicieuses en goût. J’adore le côté « roots » de la farine complète, qui se marie à merveille avec celui des épices. La croûte est croustillante, surtout sortie du four. Les petites brioches se dégusteront avec une purée de noisettes grillées, de la purée d’amande, un carré de chocolat ou bien, natures, telles quelles, toute chaudes encore – le parfum qui se dégage du four est une tentation en lui-même, oui-oui.

J’espère que vous apprécierez cette nouvelle plongée dans mon petit univers médiéval…

Tendrement vôtre,

Eve.

img_0088

Contes & histoires, Douceurs enchantées, Projets de roman(s), Recettes magiques, Repas des elfes, Romans

Le pain des elfes – recette magique

L’excitation est un alcool précieux.

Jeudi 9 février, mon roman et le petit univers qui en découle fêtaient leurs un an. Cette journée a été aussitôt décrétée spéciale. Un lever poétique bien avant l’aube et une séance de Yoga, tandis que l’encens répandait dans la pièce ses vapeurs sacrées… Quelques rêves murmurés au nuage, les yeux brillants de certitude que le futur sera très beau, très brillant, et très doux. De plus en plus, je ressens l’envie que l’aventure de l’écriture se prolonge, se concrétise, prenne d’autres chemins, d’autres voies… J’espère que vous me suivrez dans cette nouvelle épopée, vous qui me lisez…

img_0069

Ce jour-là, je ne suis pas allée en cours – jusqu’au bout, je voulais rendre ce jeudi spécial. Mon ordinateur dans ma besace, chevauchant les rêves et les moindres rayons de soleil, j’ai hanté la BU et mon café favori, m’enfonçant dans les coussins de son ambiance moyenâgeuse et la musique sucrée déversée par les enceintes. Le thé Pomme d’Amour était parfumé à souhait ; le chocolat fondait sur la langue avec un goût plus délicat qu’à l’accoutumée. Tandis que les mots s’égrenaient les uns aux autres… Ce jour-là, j’ai terminé de corriger les cinquante dernières pages de mon manuscrit, retouché certaines scènes, été heureuse, puis triste, de quitter ceux qui sont devenus des amis, qui habitent mon esprit de leurs sourires et de leur courage. C’était un moment que je ne pouvais partager avec personne, je crois.

Pour fêter cette date symbolique, j’ai décidé de publier sur mon blog écriture (La Couleur de la Magie) quelques bonus divertissants du 9 au 15 février. Vous y trouverez notamment un horoscope fictif des personnages principaux, des fiches-personnages, des recettes… N’hésitez pas à aller les découvrir ou à vous plonger dans mon petit univers ! Les premiers chapitres du roman sont postés, ainsi qu’un synopsis. Je serai ravie de recueillir vos impressions, vos avis, vos pensées ♥

~ ♦ ~

img_0066

Pour ne pas rompre avec la poésie de mon univers, quelques recettes tirées de mon roman, ou inspirées par mes personnages, vont être postées sur Antidote Veggie. La première est un petit délice que je nomme « le pain des elfes », à la fois parce qu’il est fort riche en goût et en énergie, et à la fois parce que les ingrédients qui le composent évoquent la forêt et l’automne roussoyant – oui, mon imaginaire associe cannelle, noisettes et vanille à l’automne.

Je vous propose donc un voyage gustatif sur les terres de la magie, en compagnie de renards, d’elfes des bois (pas au sens Tolkenien du terme… mes elfes sont des créatures mi-arbres mi-fées) et de héros ratés.

Sellez votre monture ou votre dragon et…partez pour un galop au milieu des futaies dorées !

img_0077

Pain des Elfes :

  • 100g de noisettes décortiquées
  • 150g d’un mélange d’amande et de noix de cajou (non grillées, non salées)
  • 150g de dattes moelleuses (Mazafati ou bien des Medjool trempées pendant 15min dans de l’eau tiède, ou bien des Deglet Nour trempées 2h)
  • 50g de pistaches concassées, décortiquées, non-salées, non-grillées
  • 50g d’un miel qui vous plaît (miel de chêne, pour moi, pour rappeler la forêt…)
  • 1 cuillère à soupe de cannelle en poudre
  • une belle pincée de vanille
  • une généreuse pincée de sel

Commencez par réduire au mixeur les oléagineux (noisettes et amandes) en poudre grossière (il doit rester des morceaux). Réservez.

Mixez les dattes avec 1 cuillère à soupe de leur eau de trempage, avec le miel, le sel et les épices.

Ajoutez les éclats de pistache, la poudre grossière (vraiment très grossière…plus des petits morceaux que de la poudre, à vrai dire) au mélange dattes-miel-épices, puis malaxez le tout de façon à former une boule collante.

Avec la pâte obtenue, façonnez des galettes ou des petits pains en pressant dans votre paume. Déposez les gâteaux obtenus sur une assiette, délicatement, puis réservez au frais pendant une heure au minimum.

Vous pouvez déguster ♥

img_0078

Ces pains des elfes sont particulièrement appréciés par les voyageurs en hiver ou au printemps. En plus de redonner de l’énergie, leur goût est délicieux. Leur effet est un peu magique : la cannelle envoûte le palais, et son effet régulateur de la glycémie fera du bien à votre organisme ! Les dattes, fructose, vitamines B et oligo-éléments (potassium, calcium, fer) restituent vos forces et nourrissent vos muscles, les bons lipides (insaturés) des fruits secs nourrissent le cerveau et sont une source sûre d’énergie.

Si vous réalisez cette recette, n’hésitez pas à m’en faire part, aventuriers du goût que vous êtes !

Tendrement vôtre,

Eve.