Douceurs enchantées, Recettes magiques

Des muffins & des figues.

Au pied du sapin, il y avait ce livre (Green, par Anya Kassoff), sobrement emballé dans un papier rouge. Je l’ai ouvert, je l’ai parcouru d’un regard gourmand, et je ne l’ai plus quitté. Inépuisable source d’inspiration, aussi bien culinaire que picturale, je l’ai souvent ouvert au hasard, pour me régaler d’une image, ou en quête d’un repas du soir alléchant et rapidement fait.

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Parmi toutes les superbes réalisations qui s’y trouvaient, une d’entre elle, des muffins garnis de figues fraîches entières, avait accroché mes yeux. J’y revenais sans cesse. Et pourtant, sur cette recette, pesait un agaçant interdit : il fallait utiliser de la poudre d’amande – un fruit auquel la moitié de ma famille était intolérant – ainsi que des figues fraîches – et les figues fraîches, même en saison, coûtent terriblement cher.

Je n’ai jamais oublié cette recette. J’attendais simplement le moment propice pour la réaliser, enfin – quand j’aurais trouvé des figues fraîches à un prix abordable. Le temps a passé, ma mère et moi avons pu recommencer à manger de petites quantités d’amandes sans être malades, et, un beau jour, mon magasin bio a proposé des fruits à un prix record… Je n’ai pas hésité un instant, ma marotte toujours à l’esprit, et j’ai consciencieusement rempli un sac en papier de fruits dodus et noirs, sous le regard perplexe et amusé de mon père, rendu curieux par tant de mystères.

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Le lendemain, frigorifiée après avoir enduré averse sur averse et coup de vent à une fête médiévale, en quête de réconfort, je passais à l’acte : farine qui vole, aller-retour du garde-manger à la cuisine, parfum envoûtant de l’amande et de la vanille, mon père qui insiste pour faire la vaisselle, rien que pour lécher la pâte qui restait dans le saladier…

Quelques vingt minutes plus tard, les délices étaient au four, le froid n’était plus que le souvenir d’une aventure un peu folle, un peu chouette, et j’avais réalisé un rêve de recette.

Comme d’habitude, je n’ai pu m’empêcher de modifier la recette selon mon bon-vouloir. Vous trouverez donc une version fantaisiste de ces muffins à la figue, ici. En espérant qu’elle vous charme autant qu’elle nous a charmé… ♥

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Muffins vanille-amande garnis d’une figue entière

Ingrédients :

Pour une dizaine de gros muffins :

  • 10 petites figures noires, bien mûres
  • 90g de farine de riz complet
  • 100g de poudre d’amande
  • 30g de farine de lupin
  • 30g de fécule de manioc
  • 250ml de lait de coco entier, nature
  • 40g de sirop de dattes
  • 80g de sucre de canne complet
  • 2 cuillères à soupe de purée d’amande blanche (ou de purée de noix de cajou)
  • 1 cuillère à café de poudre à lever
  • 1 pincée de sel marin
  • 1 pointe de couteau de vanille en poudre
  • 2 cuillères à soupe de jus de citron
  • le zeste râpé et haché d’un citron
  • 1 cuillère à café d’eau de fleur d’oranger

 

Mélanger les ingrédients secs ensemble.

Dans une jatte séparée, mélangez le sirop de datte avec le lait de coco, la purée d’amande, le jus de citron et l’eau de fleur d’oranger. Verser sur le mélange de poudre. Mélangez intimement.

Dans des moules garnis de caissette en papier, déposer une cuillère à soupe de pâte. Déposer une figue, pédoncule ôté, sur le fond du muffin.

Recouvrir la figue avec le restant de pâte.

Enfourner pour 20 à 25min de cuisson, jusqu’à ce que le dessus du gâteau soit doré.

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A peine sortis du four, les muffins ont une consistance irrésistiblement moelleuse ; la figue a caramélisé et fond au milieu du gâteau…

 A accompagner d’un thé aux épices ou d’un rooibos à la vanille et de sorbet à la pêche ♥

Tendrement vôtre,

Eve. ♥

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Un inconnu + une recette alsacienne

Est-ce que cela ne vous arrive jamais ? Vous croisez des gens, et, au fond de vous, vous savez qu’ils auront de l’importance pour vous. Vous les avez remarqués au milieu de la foule ; il doit bien y avoir une raison à cela…

Cela peut être un inconnu, aperçu au détour de l’allée d’un magasin ; quelqu’un, dans la rue. Vous ne savez pas vraiment ce qui a accroché votre regard, son apparence, les vêtements qu’il ou elle porte, ou encore la couleur de ses cheveux. Est-ce une expression, un parfum ? Sa personne toute entière ?

Plus tard, quand vous le/la recroisez, c’est comme une évidence.

C’était lui ou elle – un inconnu qui devait jouer un rôle dans votre vie. Et votre instinct vous en avait averti. Il aura suffi d’un sourire, d’un geste de bonté, d’un petit rien, qui a pourtant transformé votre humeur.

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Parfois, c’est au détour d’une conversation, un éclat de mots, une poignée de paroles saisies au vol dans la rue, dans le bus, dans une salle d’attente. Vous êtes embourbé dans le marasme de vos propres pensées ; et c’est ce mot, celui que vous attendiez, celui que vous cherchiez sans le trouver, soudain, qui vient vous sortir de cette mauvaise passe. On peut parler de pièce de puzzle : exactement celle qui manquait pour que vous compreniez le problème ou que vous le voyiez sous un autre angle, celui qui transformera l’obstacle en solution…

Alors, à tous ces inconnus qui ont contribué à notre existence, sans le savoir, à tous ces sourires qui ont sauvé notre journée, à toutes ces graines de sagesse cueillies au vent… Merci ♥

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Cette recette m’a été inspirée, non par un inconnu, mais par ma famille et par mes racines alsaciennes. J’ai grandi biberonnée aux flammenkuechen, aux gâteaux alsaciens, aux recettes qui fleurent bon la région des cigognes. Bien qu’on ne trouve pas une grande quantité de lardons et de crème dans ma cuisine (on se demande bien pourquoi, haha), j’aime à penser que quelques influences alsaciennes se glissent de temps à autre, par ci ou par là, dans les plats que je confectionne. Les feuilles de laurier, les salades de choucroute, les tartes fines de sarrasin, nappées de crème de soja et de fins lardons de tofu fumé, les potées de chou à la sauce soja, ou les petits biscuits aux amandes et à la cannelle…

Et, que voulez-vous : l’automne m’évoque irrésistiblement nos longues promenades dans la forêt alsacienne, les tourbillons de feuilles rousses, les histoires de sorcières et les tartelettes aux noix. Je reviens à mes origines, celles de mon cœur, celles de mon âme. Et je vous offre cette recette aux consonances alsaciennes, lorraines et…magiques ?

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Tarte flambée végétarienne, sarrasin – épinards – pesto :

Pour la pâte à tarte sans gluten :

  • 100g de farine de riz complet
  • 50g de farine de sarrasin
  • 30g de farine de lupin
  • 20g de farine de pois-chiche
  • Une pincée de sel
  • 3 cuillères à soupe d’huile de noix de coco désodorisée

Pour la garniture :

  • 150g de crème de soja lactofermentée (sa texture est plus onctueuse)
  • 100g de tofu lactofermenté au tamari
  • 1 cuillère à soupe de tamari
  • Noix de muscade râpée
  • Ail semoule
  • Poivre noir du moulin

Pour les légumes :

  • 200g de jeunes pousses d’épinard, de fanes de légumes, de laitue un peu défraîchie
  • 25g de jeunes feuilles d’ortie
  • 100g de pesto d’ail des ours (fait maison, ou acheté. Un pesto au basilic fera l’affaire aussi)
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive

Mélangez ensemble les farines avec le sel.

Ajoutez l’huile de noix de coco désodorisée quand elle est en pommade, puis 8 à 10 cuillères à soupe d’eau tiède. Vous devez obtenir une belle boule de pâte légèrement collante.

Abaissez la pâte entre deux feuilles de papier cuisson, et déposez-la sur une plaque de cuisson, en forme de rond.

Réservez.

Préchauffez le four à 180°C

Faites revenir les jeunes pousses d’épinards ou les fanes de légumes avec les pousses d’ortie pendant une dizaine de minutes.

Pendant ce temps, mixez tous les ingrédients de la garniture ensemble, puis étalez sur la pâte.

Versez les légumes par-dessus, puis assaisonnez avec le pesto d’ail des ours.

Mettez au four pour une trentaine de minutes, jusqu’à ce que les bords de la pâte soient dorés et croustillants.

VARIANTE : la tarte avec sa garniture et quelques feuilles d’ail des ours et de roquette saupoudrées sur cette dernière se suffit aussi à elle-même ♥

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Vous pouvez accompagner ce plat d’une belle salade de roquette et de betterave aux noix, de carottes râpées ou d’une poêlée de petits navets ♥

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Tendrement vôtre,

Eve.

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Maman, j’aime pas les pâtes

Cette phrase, jusqu’à très récemment, ma mère a souvent dû me l’entendre prononcer, à son plus grand désespoir. On dit souvent que les goûts évoluent, tout au long de la vie ; et ce n’est pas moi qui viendrait prétendre le contraire… La petite fille qui aimait tant les pâtes a fini par en être dégoûtée, quand elle a eu quinze ans. Jusqu’à ses dix-neuf ans, elle n’en mangeait que rarement, et que plus ou moins sous la contrainte.

Mais ça, c’était avant de (re)découvrir les pâtes de maïs…

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De la texture en bouche, cet irrésistible petit goût de maïs, une belle couleur ensoleillée dans l’assiette… Rien à voir avec les pâtes de blé pâlichonnes qui avaient failli me désespérer pour de bon de tous les plats pâteux du monde !

Depuis, j’ai recommencé à apprivoiser les pâtes – de toute sorte – même si ma préférence va clairement à celles au maïs. Pour les accompagner et préparer un repas à la fois simple et complet, j’aime faire revenir des aubergines et des poivrons dans l’huile d’olive, avant de les enrober d’une petite sauce à la crème de soja et au vin blanc. Promis, c’est très, très bon…

On fait le pari que cette recette vous fera apprécier les pâtes ?

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Pâtes au maïs et leur sauce magique :

pour quatre gourmands :

  • 250g de pâtes de maïs artisanales

pour la sauce :

  • 3 aubergines
  • 2 poivrons rouges déjà cuits (il suffit de les mettre, entiers, au four, pour environ 30min. Une fois cuits, vous les sortez, les pelez et les épépinez, et ils sont prêts à être utilisés ♥)
  • 3 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • une brique de crème de soja (200ml)
  • 100ml de vin blanc sec
  • deux feuilles de laurier
  • 150g de tofu fumé aux graines (facultatif)
  • poivre du moulin
  • sel marin de Guérande

pour accompagner :

  • de jeunes pousses de roquette
  • un filet d’huile d’olive

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Dans une sauteuse, faites revenir les aubergines dans l’huile d’olive, coupées en petits dés. Ajoutez le sel, le poivre, le laurier et les poivrons rouge détaillés en lamelles, ainsi que le tofu, si vous décidez d’en utiliser. Laissez cuire pendant 10minutes environ, en mélangeant régulièrement.

Mouillez avec le vin blanc, puis la crème de soja. Laissez mijoter une vingtaine de minutes, sans oublier de mélanger de temps à autre.

Pendant ce temps, faites cuire les pâtes dans une grande quantité d’eau bouillante salée. Égouttez.

Au moment de dresser les assiettes, servez les pâtes avec un filet d’huile d’olive, quelques pousses de roquette et une généreuse portion de sauce.

Mangez ! ♥

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Muffins aux amandes – Les recettes de Néphret – partie 1

A travers une série de recettes à la frontière entre fiction et réel, découvrez la cuisine de l’étrange Néphret, esclave homme à tout faire du capricieux homme aux montres, gardien et passeur de mondes. Bon voyage gustatif ! ♥

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Debout comme un homme, il tenait pourtant plus du félin que de l’humain, avec son corps souple et svelte, tacheté d’ocelles. D’une crinière cuivrée et lustrée, pointaient deux oreilles…qui se plaquèrent aussitôt sur son crâne. L’homme aux montres, furibond lui jetait un regard assassin. La longue queue de la créature battait l’air nerveusement.

Il leva une patte griffue comme pour se protéger de la colère de son interlocuteur. Sa voix avait quelque chose de souffreteux et de contrit.

 « J’ai préparé le thé, maître, et vos muffins favoris, aussi.

— Les muffins aux abricots et aux amandes, Néphret, vraiment ?

— Oui, maître. J’ai pensé que vous auriez besoin d’un petit réconfort après cette dure journée… »

Le pauvre Néphret précédait son maître d’un air inquiet, soucieux d’obtenir son pardon.

« Il y en a pour notre invité, j’espère, répliqua son « maître » d’un ton menaçant.

— Bien…bien sûr, maître… »

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Muffins aux amandes et à la confiture d’abricots :

Très moelleux et irrésistiblement parfumés à la vanille, ces gâteaux sont les favoris de l’homme aux montres, le redoutable maître de Néphret. Dégustez-les avec un thé aux épices, un chaï latte ou une petite compote de fruits de saison – poires, pommes, prunes ? Ils fleurent bon l’automne et les goûters que l’on prenait, enfant, après une longue journée d’école ou des jeux dans les feuilles mortes.

  • 100g de farine d’avoine
  • 30g de farine de noix de coco
  • 125g de poudre d’amandes
  • 100g de sucre de canne complet
  • 150g de confiture d’abricots très parfumée
  • 200ml de crème de soja liquide ou de crème d’amande/avoine
  • 100ml de lait de coco entier
  • 1 sachet de poudre à lever
  • une pointe de couteau de vanille
  • une pincée de sel
  • 15 gouttes d’huile essentielle d’orange

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Préchauffer le four à 180°C.

Mélanger les farines avec la poudre d’amande, la poudre à lever, la vanille et le sel.

Dans un second récipient, mélanger le sucre avec la confiture, la crème de soja, puis le lait de coco et l’huile essentielle d’orange.

Verser le mélange liquide sur les poudres. Bien mélanger.

Répartir la pâte dans des moules à muffins garnis de caissettes en papier. Placer au four pour environ 20min de cuisson. Sortir du four, et…

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— Néphret ! Cesse tes messes basses et sers-nous donc du thé. Et des muffins, que je vois si tes talents de cuisinier méritent mon pardon. »

L’homme se laissa tomber dans un fauteuil ; Néphret, affairé et tremblant, papillonnait autour de lui. Je fus invité à m’asseoir également. J’avais l’impression d’être en visite chez un oncle lointain et un peu fantasque.

Néphret me tendit une tasse emplie d’un breuvage ambré, puis servit mon interlocuteur. Il tremblait tellement que la tasse s’entrechoquait contre la soucoupe. L’homme soupira.

«  C’est bon, Néphret. Je n’ai pas envie que tu fasses une syncope dans mon salon. Je ne t’en veux plus – pour le moment. »

Je crus un instant que Néphret allait défaillir, en effet, mais de soulagement, cette fois. Il se reprit rapidement, nous présenta un somptueux plat de muffins dodus et dorés et s’en fut vaquer à ses occupations dans ce que je devinais être la cuisine – avais-je rêvé, ou avais-je aperçu une poule se dandiner sur le plan de travail ?

« Ce cher Néphret ! Toujours si émotif… Mais c’est un bon serviteur, heureusement. Enfin. Racontez-moi tout. »

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Les lasagnes : la cuisine de mon enfance

Petite fille, je raffolais de pâtes et de lasagnes. C’était le plat que je réclamais immanquablement à ma mère, à chaque occasion un peu spéciale, à chaque anniversaire. Sa seule pensée dessinait des étoiles dans mes yeux et convoquait une fête sur mes papilles.

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Lasagnes. J’imaginais déjà mes petits doigts racler le fond et les bords des casseroles des sauces que j’aimais tant, la « sauce blanche » et la « sauce rouge », comme la Reine Blanche et la Reine Rouge d’Alice au Pays des Merveilles, archétypes d’un conte, personnages de légende de mon bestiaire culinaire.

Les lasagnes de maman, je les aimais au thon, avec beaucoup d’oignons et de vin blanc, pas forcément gratinées. Il fallait que les pâtes aient caramélisé avec la tomate sur les bords du plat amoureusement passé au four, et que la béchamel soit bien épaisse. C’était comme un rituel, un parfum d’anniversaire et de laurier qui investissait la cuisine et me mettait le cœur en joie.

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Le temps a passé, et ma folie des lasagnes aussi.

Pourtant, quand il fait gris, que l’air fleure bon l’automne et les feuilles tourbillonnantes, j’ai toujours comme une réminiscence de lasagnes. Et, alors, il faut que je mette la main à la pâte pour mettre au point ma propre version de cette recette qui a bercé mon enfance. Plus guère de thon pour la végétarienne que je suis, des pâtes au blé complet ou sans gluten, une recette que j’essaie de penser meilleure pour la santé en termes de nutriments et de vitamines. Avec des herbes du jardin de ma grand-mère, des tomates fraîches si possible…sans sacrifier le côté réconfortant de ce plat.

Voici mes lasagnes du jardin !

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Ingrédients :

  • 250g de pâtes à lasagne (au blé complet, à l’épeautre ou sans gluten)
  • 800g de coulis de tomates
  • 2 cuillères à soupe de tamari
  • Quelques tours de moulin à poivre
  • Un peu d’ail semoule
  • Une dizaine de feuilles d’origan du jardin

  • 8 tomates très mûres
  • 200g de tofu lactofermenté au pesto
  • 100g de tofu lactofermenté au tamari

  • 250ml de crème de soja
  • 200ml de vin blanc sec
  • 3 cuillères à soupe de sauce soja (tamari)
  • 2 cuillères à soupe rases de fécule de manioc

  • Poivre du moulin
  • 3 feuilles de laurier du jardin
  • Noix de muscade fraîchement râpée (environ un quart de la noix)
  • Thym et romarin du jardin
  • Quelques branches de marjolaine
  • Huile d’olive

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Préchauffer le four à 180°C.

Mélanger le coulis de tomate avec les ingrédients de la sauce rouge. Réserver.

Mélanger les ingrédients de la sauce blanche et réserver. Le mélange obtenu est très liquide : c’est normal ; en cuisant, les pâtes vont absorber l’essentiel du liquide.

Huiler généreusement un plat, puis disposer une première couche de pâtes à lasagnes.

Couper les tomates en très fines tranches. En disposer l’équivalent de deux et demi sur les pâtes à lasagnes. Emietter les deux tofus et saupoudrer sur les tomates. Verser un tiers de la sauce rouge et un tiers de la sauce blanche sur les pâtes. Couvrir de feuilles de lasagnes.

Répéter l’opération, jusqu’à épuisement des ingrédients.

Napper généreusement le plat d’huile d’olive, saupoudrer de thym, de romarin et de marjolaine (de votre jardin ♥)

Enfourner pour environ 40 minutes (tout en sachant que les lasagnes supportent très bien les longues cuissons à feu tout doux, pour devenir fondantes et douces et délicieuses ♥)

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Vous pourrez déguster ces lasagnes toutes seules, ou bien accompagnées d’une petite salade verte croquante. Faites-vous du bien !

Tendrement vôtre,

Eve.

Chocolat & compagnie, Douceurs enchantées, Recettes magiques

Brownie/fondant minimaliste au chocolat

J’en suis à une période de ma vie où j’oscille entre neuf et ancien. D’anciennes attaches continuent de me relier au passé par d’imperceptibles filins, mes pensées recyclent de vieux schémas que j’ai répété depuis l’enfance, avec plus ou moins d’inconscience. Et puis, il y a ces habitudes nouvelles, ce sens de la liberté qui émerge peu à peu, la conscience que je répète la symphonie de la mélancolie depuis des années, et l’envie de me délivrer de tout cela… Entremonde.

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Cet état a ceci d’effrayant que je suis à la confluence de dizaines de sentiers différents. Chacun représente un avenir, des choses que l’on a imaginées pour moi, ou auxquelles je rêve moi-même. Il y a ces voies qu’on aimerait me voir embrasser, et qui paraissent…logiques, raisonnables, dirai-je, quoique infiniment ternes. Et puis, il y a les autres, plus folles, plus imprévisibles, voies du cœur, voies de l’âme, vers lesquelles je me dirige, lentement, timidement, mais sûrement. Parfois, je glisse un pas sur un de ces nouveaux chemins, pour aussitôt bondir en arrière.

Douloureux Entremonde… Poésie de l’Entremonde, aussi, où tous les choix sont encore bourgeons. Il faudra voir ce que le Temps fera de ces jeunes pousses. Lesquelles s’épanouiront, lesquelles demeureront possibles jamais éclos.

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En attendant, parce que l’attente est parfois un peu douloureuse, je m’empiffre toujours autant de chocolat.

Après avoir eu ma période crème choco-cajou, brownie cru, barres au chanvre, truffes véganes, je crois que je viens de tomber dans les bras d’une nouvelle addiction. Tout a débuté à cause d’une photo, sur le compte d’une copine d’Instagram, d’une recette qui refusait de me quitter l’esprit, et d’une matinée en cuisine… Après un attentat à la banane bien mûre, un rapt de purée d’amande, et une rançon de chocolat, une sorte de fondant absolument indécent de gourmandise et de moelleux est né. J’ignore son nom, mais j’honore sa simplicité, sa texture, ses parfums. Et je ne peux que partager la recette avec vous, d’après @veganbb13

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Fondants véganes cacao-banane-amande :

Trois ingrédients, cinq minutes de confection, 15 ou 20 de cuisson… Voici ce que j’appelle une recette paresseuse. Mais néanmoins délicieuse…

  • 4 bananes bien mûres
  • 50g de cacao en poudre
  • 150g de purée d’amande complète, ou de purée de noisette
  • 1 pincée de sel marin, ou de sel rose de l’Himalaya (facultatif)
  • 1 pincée de vanille en poudre (facultatif)
  • 50g de noix de pécan/noisettes/macadamia grossièrement concassées (facultatif)

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Préchauffez le four à 180°C.

Écrasez les bananes avec la purée d’oléagineux de votre choix, ajoutez le cacao progressivement, puis la vanille et le sel.

Versez le mélange obtenu dans un petit moule carré.

Laissez cuire 15 ou 20 minutes, selon que vous souhaitiez un résultat plus ou moins fondant, plus ou moins pâteux.

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J’ai failli tout dévorer à la sortie du four : verdict, tiède, c’est un délice. D’après @veganbb13, après quelques heures de réfrigération, le tout prend une irrésistible consistance qui évoque un flanc bien dense. A vous de voir, selon vos préférences ! Le tout étant que vous…vous régaliez ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

Beauté, Réflexion, Recettes magiques

Faut-il avoir peur du soja ?

Entre le tofu, le tempeh, le lait de soja et les protéines de soja, le marché est envahi de produits dérivés de ce petit haricot nommé soja. Il s’agit d’une plante cultivée et consommée depuis des millénaires et qui, cependant, passionne aujourd’hui les foules.

Dans le milieu de la cuisine saine, on vante les vertus du tofu ; il est décrié à la télévision, brandi comme un pâle cliché du végétarisme.

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Bref, une légumineuse sujette à de nombreuses polémiques. Glycine max, prosaïquement nommé « soja jaune » (à ne pas confondre avec le haricot mungo (Vigna radiata), la plante que l’on fait germer pour obtenir les fameuses « pousses de soja » qui…ne sont pas du soja !) était déjà considéré en Chine comme l’une des cinq plantes sacrées, près de trois millénaires avant notre ère. Soja, riz, blé, orge, millet étaient alors la base de l’alimentation chinoise.

Depuis, la petite graine a fait son chemin dans le monde entier, s’implantant peu à peu dans le reste de l’Asie, jusqu’à être introduite dans la gastronomie traditionnelle de nombreux pays. Son arrivée aux Amériques et en Europe s’avère relativement récente, car le soja n’est apparu sous forme de préparations diététiques ou de boissons infantiles qu’à l’extrême-fin du XIXème siècle (voire début XXème).

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De nos jours, une très large partie de la production de soja est destinée à nourrir le bétail, sous forme de tourteaux. Une autre partie, transformée et achetée sous forme fermentée de miso, de tempeh ou de tofu, est destinée à l’alimentation humaine. Sa richesse en protéines complètes (elles renferment les huit acides aminés que le corps ne sait pas synthétiser), en lipides (oméga 6) et sa relative pauvreté en glucides en font un aliment de choix pour remplacer les produits carnés, lorsque l’on est végétarien ou végétalien, ou simplement quand on souhaite diminuer ses apports de viande ou de poisson. Son profil nutritionnel est tout à fait équilibré ; en plus de contenir des nutriments intéressants, le soja est également riche en vitamines et oligo-éléments.

Pourquoi cette crainte de consommer du soja, alors ?

Les coupables sont une substance retrouvée dans la fève de cette légumineuse, les fameuses phyto-hormones dont vous avez forcément déjà entendu parler.

Futura-science donne la définition suivante des phyto-hormones :

« Hormone végétale. Substance biologique hautement active qui régule la croissance et le développement des plantes. Certaines agissent en tant que vecteur d’information pour réagir aux stress environnementaux (stress hydrique, attaque par des herbivores…), voire pour communiquer entre plantes. »

(Si vous souhaitez une explication plus complète et plus scientifique, rendez-vous sur http://www.universalis.fr/encyclopedie/phytohormones-hormones-vegetales/)

Parmi ces phyto-hormones, le soja renferme notamment des isoflavones, dont de la génistéine, la daidzéine et la glycitéine. Ces substances exercent une forte activité antioxydante sur le corps humain. Leur structure est similaire à celle des œstrogènes, hormones emblématiques du cycle féminin, dont elles miment l’action. Elles sont bel et bien actives sur le plan hormonal, et se fixent, au moins en partie, sur nos propres récepteurs hormonaux. Il faut préciser que leur activité hormonale est cependant de 1000 à 10 000 fois inférieure à celle de nos hormones endogènes.

C’est là que cela devient intéressant : les isoflavones entrant en interaction avec nos propres productions hormonales, elles exercent un effet régulateur sur notre équilibre hormonal. Par exemple, si votre organisme produit trop d’œstrogènes, les isoflavones vont en partie bloquer leur synthèse et leur assimilation. A l’inverse, en cas de carences, les isoflavones vont agir positivement sur le corps et permettre de combler les manques.

C’est aussi de là que sont parties les rumeurs sur la nocivité du soja en cas de cancer, et notamment de cancer du sein hormono-dépendant. Certaines hormones, dont font partie nos œstrogènes, exercent en effet une action de croissance sur les cellules cancéreuses. A l’inverse, certaines études (Nagata C., Mizoue T. et coll. Soy intake and breast cancer risk: an evaluation based on a systematic review of epidemiologic evidence among the Japanese population.) ont démontré l’action protectrice des phyto-œstrogènes, qui permettraient la destruction partielle des cellules cancéreuses.

Vous le voyez, la réalité n’est ni blanche, ni noire, mais bien plus complexe que cela…

Les allégations pro ou anti-cancer du soja sont souvent fondées sur une confusion entre œstrogènes et phyto-œstrogènes. S’y ajoute une certaine méconnaissance de leur rôle d’action dans l’organisme. Loin de moi l’idée de trancher (qui suis-je pour cela ?) et de penser à votre place. Cependant, je vous laisserai quelques utiles informations sur la fréquence de cancers du sein en Asie, pays qui est un grand consommateur de soja depuis des siècles : là-bas, les femmes ne sont pratiquement pas touchées par ce fléau.

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Pourquoi ?

Tout simplement parce que tous les produits dérivés du soja ne se valent pas.

En Asie, la consommation de soja est certes régulière, mais elle excède rarement les 50g par jour. En outre, le soja est presqu’exclusivement consommé sous sa forme fermentée : tofu, miso, tempeh. La fermentation, en effet, fait drastiquement baisser le taux d’isoflavones contenu dans le soja. A l’inverse, le lait de soja, une des formes les plus courantes sous laquelle on consomme le soja en Occident (et pour ainsi dire inconnu en Asie) est extrêmement riche en isoflavones !

Sachez en outre que le soja, sous sa forme non-fermentée, est très riche en substances anti-nutritionnelles : les lectines et l’acide phytique sont des substances produites par la graine pour empêcher sa germination en l’absence de conditions propices. Sans trempage ni fermentation, ces substances sont toujours présentes dans la graine que vous consommez. Au moment de la digestion, les lectines et l’acide phytique agissent en se collant aux oligo-éléments, type calcium et magnésium, dont l’assimilation est entravée par la muqueuse intestinale.

Comment consommer le soja ?

Comme toujours, prudence et parcimonie sont de mise. Ne pas en faire une consommation trop importante (ne pas oublier qu’en Chine, il est vu comme condiment ; en outre, les Asiatiques sont habitués à en consommer depuis des millénaires. Forcément, cet aliment est mieux adapté à leur organisme qu’au nôtre !) et, surtout, éviter de boire trop souvent du lait de soja, extrêmement riche en isoflavones et en facteurs anti-nutritionnels. Ce conseil s’applique à tous, mais plus particulièrement aux femmes enceintes, enfants et femmes souffrant de cancer hormono-dépendant.

En revanche, le soja sous sa forme fermentée (miso, tempeh, lacto-fermenté) ne présente pas de risque, la fermentation débarrassant l’aliment de ses facteurs anti-nutritionnels et d’une partie des phyto-oestrogènes ; il présenterait au contraire une action protectrice et régulatrice du système hormonal.

Paracelse ne disait-il pas déjà pas que “ Tout est poison et rien n’est sans poison; la dose seule fait que quelque chose n’est pas un poison. ” ?