Beauté, Développement personnel, Réflexion

Ayurveda – le chemin du bonheur

Ceux qui me connaissent m’ont souvent entendu prononcer ce mot : Ayurveda. Et parce que beaucoup ont été curieux de savoir ce que désignait ce terme, j’ai pensé qu’écrire un petit article à ce sujet ne serait pas une mauvaise idée ♥

Ayurveda en sanskrit signifie « science de la vie ». S’intéresser à l’Ayurveda, une des plus anciennes médecines de l’humanité, c’est faire une plongée au cœur de la vie et de son essentiel. Comprendre qu’être en bonne santé, c’est potentialiser son capital de bonheur, de beauté et d’énergie ; et ne sont-ce pas les choses les plus importantes dans une vie ?

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J’ai découvert l’Ayurveda à seize ans, un peu par hasard, sur des paquets de tisane de la marque Yogi Tea. Sur chaque boîte, on trouvait annotés ces mystérieux symboles, couplés à des « – » ou à des « + » : V, P, K. Pour moi, il s’agissait ni plus ni moins d’une sorte d’équation ésotérique. A chaque fois que je les voyais, au moment de m’emparer de ma tisane, je fronçais les sourcils, perplexe. Des maths sur ma tisane ?

L’Ayurvéda travaille beaucoup à partir des tempéraments. Postulant que toute chose dans l’univers est constituée de cinq éléments (éther, air, feu, eau et terre), cette médecine millénaire part du principe que les hommes sont pareillement faits de proportions variables de ces cinq éléments. Chaque personne possède donc une constitution de naissance (qu’on nomme Prakriti) qui lui est propre. Elle va définir ses caractéristiques physiologiques et mentaux, régir son métabolisme, le prédisposer à certaines maladies plus qu’à d’autres, mais aussi lui donner les clefs pour vivre au mieux avec lui-même.

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Les mystérieux V, P et K de mes paquets de tisane sont les initiales de Vata (air + éther), Pitta (feu + eau) et Kapha (eau + terre), les noms des trois constitutions principales (qu’on nomme les Doshas) qu’on trouve en Ayurvéda. Évidemment, chaque individu est différent et aura plus ou moins de caractéristiques de Vata, Pitta ou Kapha. Ce n’est pas le fait d’être plutôt Vata ou plutôt Kapha qui nous définit, mais bel et bien la proportion dans laquelle les éléments se manifestent en nous.

Par exemple, une personnalité Vata (combinaison air + éther) sera définie comme aérienne, versatile et changeante comme le vent, quand elle bénéficiera d’une morphologie délicate, raffinée et légère. Quelqu’un qui aura une dominante Pitta (feu + eau) aura un excellent métabolisme, doublé d’une digestion à toute épreuve ; ces individus ont un tempérament de leader et sont prompts à la colère, comme le feu. Kapha, la dernière des constitutions (eau + terre) concerne des individus plutôt pragmatiques ; ils sont calmes et attentifs aux autres personnes ; maternels et toujours prêts au dialogue, ils ont un physique un peu plus lourd et une musculature très développée. Les Kapha font les meilleurs des athlètes.

Parce que chaque personne est différente, il est rare d’être un pur Vata, un pur Pitta ou un pur Kapha. Bien souvent notre constitution est mixte : c’est-à-dire que l’on possède des caractéristiques de plusieurs Doshas, dans des proportions qui nous sont propres. Certaines personnes ont également un équilibre parfait entre Vata – Pitta – Kapha. Cette conformation dite tridoshique est extrêmement rare, mais donne des individus très équilibrés. Cela dit, il n’y a pas de constitution « idéale ».

En Ayurvéda, on travaille majoritairement à partir des constitutions des personnes pour optimiser leur santé. La santé résulte d’un équilibre des éléments et de sa propre constitution ; travailler sur sa soi exige de compenser les déséquilibres inhérents à sa constitution et à sa nature. Par exemple, les individus Vata ont souvent des problèmes d’ancrage ; les pensées dans tous les sens, ils souffrent d’insomnie ou d’anxiété quand ils sont déséquilibrés. Au niveau physique, cela se manifeste par de la maigreur ou des problèmes articulaires. Les Pitta peuvent souffrir de violentes crises de colère, contracter des ulcères, ou avoir des inflammations. Les Kapha, quant à eux, sont plutôt prédisposés à l’obésité, à l’accumulation de mucus, qui peut générer des troubles bronchiques et entraîner de l’asthme.

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A travers une alimentation saine et un style de vie personnalisé (gestion du stress, exercice physique, massages, pensée positive…), la personne est prise en charge dans sa globalité. Le patient est impliqué dans la gestion de sa santé et apprend à véritablement agir sur son bien-être. Science de prévention des maladies, l’Ayurveda permet à l’individu de vivre le plus longtemps possible dans les meilleures conditions et dans le meilleur état de santé qui soit.

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Faire connaissance avec l’Ayurveda consiste donc à apprendre à vivre avec soi, en bonne intelligence, et dans le respect de son individualité.

J’espère que ce petit article, même s’il  donne de cette science millénaire une approche très (très !) schématique, vous aura donné envie d’en apprendre plus – sachant que l’Ayurveda est une véritable médecine.

Tendrement vôtre,

Eve ♥

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Développement personnel, Réflexion

Renaissance(s)

Depuis quelques semaines, je vis au présent, uniquement au présent. Le fameux instant présent, ce fragment d’éternité, la promesse de tout le bonheur du monde. Tout le monde en parle, si bien qu’il en semble presque banal. Chaque jour a acquis la substance d’une semaine entière ; je me lève le matin à la conquête d’une aventure nouvelle. J’ignore ce que l’heure prochaine me réservera ; je ne sais quand j’irai me coucher, à quel moment je déciderai de me lever, de quoi seront faits mes matins et mes après-midis.

Cela m’a ramené quelques années plus tôt, lorsque je me suis réveillée d’une longue maladie, que j’ai cligné des paupières, et qu’il m’a semblé voir le monde pour la première fois – toutes les couleurs brillaient avec une intensité surprenante ; les parfums, les odeurs et les saveurs me semblaient incroyables de sensualité. J’avais quinze ans, et l’impression que je vivais, vraiment, pour la première fois de mon existence. Au cours de l’hiver, j’avais tout brûlé, tout consumé, et certains craignaient que l’oiseau y laisse toutes ses plumes. Au lieu de quoi, j’ai décidé de me ressaisir. J’ai découvert que tout être était un peu phénix, au fond de lui, et pouvait renaître de ses cendres.

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La deuxième renaissance, je l’ai vécue lorsque, en mars dernier, j’ai accepté de laisser sortir mon cœur de sa coquille.

L’hiver avait été noir, assombri par la maladie et la souffrance de ma mère, la fatigue et des responsabilités nouvelles. En février, j’étais exsangue d’avoir trop vécu et d’avoir trop éprouvé. J’étais seule. J’avais besoin d’un soutien que je me refusais, en m’enfermant dans un isolement affectif presque total.

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Juste comme je fêtais le premier anniversaire de La Couleur de la Magie, le 9 février, et comme j’angoissais de me retrouver sans rien, sans projet d’écriture, Argyll et Declan sont arrivés. Là. Au milieu des salles glacées d’un temple, un amour interdit, un amour dangereux, une histoire improbable. En quelques jours, j’étais tombée amoureuse d’un roman. J’ai vécu une relation très fusionnelle avec cette histoire. J’y pensais sans cesse ; elle hantait mes nuits, faisait battre mon cœur, quand elle n’exigeait pas de moi des réveils précoces, bien avant l’aube. Pendant trois semaines, j’ai vécu au rythme propre de cette aventure. Et quand elle s’est achevée, quelques jours après l’équinoxe du printemps, je me suis retrouvée, un peu vide, un peu épuisée, un peu désorientée, à regarder la vie d’un autre œil. A travers mes personnages, j’avais connu l’amour, la sensualité, la passion, la maladie et la mort ; et le quotidien me semblait soudain d’une banalité affligeante. Il fallait que je porte le deuil de ce qui m’avait transfigurée, illuminée et animée de l’intérieur. Je m’y suis longtemps refusée. Passer de tout – la vie – à rien, c’était trop difficile. J’ai joué à l’équilibriste et dansé sur un fil, sans véritable nouveau projet, incapable d’abandonner celui-ci. J’en suis presque tombée malade. En particulier, je me souviens d’une après-midi au jardin botanique, où j’ai commencé à frissonner au soleil, à sentir mon corps et mes membres être parcourus de fourmillements ; je ne parvenais plus à avancer sans avoir l’impression que j’allais tourner de l’œil. Autant dire que j’ai eu très peur. Ce soir-là, je me suis effondrée sur mon tapis de yoga avec un bol-doudou et une tisane, et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Enroulée dans un plaid, je me suis endormie très tôt, le corps et l’esprit exténués.

Mon organisme a exigé son tribut de repos, de nourritures affectives et de considération. Je suis tombée malade d’avoir trop donné – à une histoire.

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Pourquoi parler de renaissance malgré tout ? Parce qu’un événement (en l’occurrence, ce roman) avait chamboulé ma vie ; une voix criait en moi, avec le printemps qui épanouissait ses fleurs : « Il est temps de vivre, petite Eve, temps de laisser tomber les barrières pour faire corps avec l’existence. »

C’était une période étrange, une époque de transition et de transformation. Je marchais de longues heures durant, dans la nature, dans la ville ; et je pensais. A la vie. Au sens potentiel de l’existence. A ce que je voulais et ne voulais pas faire de tout ce temps qui m’était imparti. A la mort. A la maladie, un peu, qui vient chambouler tous nos projets et bouleverser qui nous sommes. Et au milieu de tout cela, une intuition, une intuition formidable et merveilleuse venait me réconforter dans les pires moments. Je sentais, confusément, qu’il allait se passer quelque chose de beau et d’un peu magique. Quoi, je l’ignorais, mais mon instinct palpitait de joie et d’allégresse à l’idée de l’avenir.

L’anorexie et un roman : deux renaissances, parce qu’elles m’ont apprise d’autres manières d’être vivante, de puiser dans mes capacités et m’ont enseigné d’autres points de vue sur l’existence. A quinze ans, je me voyais comme une guerrière – parce que la malade, c’était moi, et qu’il me fallait surmonter mes propres démons. J’étais ma pire ennemie. A vingt ans, j’ai compris que j’avais été malade de mon propre désamour pour moi-même. Je crois avoir saisi que j’étais ma meilleure amie et ma meilleure alliée – même s’il me reste maintenant à l’intégrer.

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Je ne sais pourquoi j’ai repensé à tout cela. Peut-être parce que les longues heures brumeuses du voyage de retour de la baie de Somme m’ont offert un luxe que je dédaignais depuis des mois et des mois, bien que j’en ai eu un cruel besoin : me poser. Juste me poser, ne rien faire, avec de la musique dans les oreilles, les mains sur les genoux et le regard flottant sur les merveilles offertes par le paysage des Ardennes belges. Me poser, penser, digérer, métaboliser les événements des jours, des semaines, des mois précédents.

Regarder un peu le chemin parcouru.

Celui qui reste à parcourir. Sourire à la Eve d’autrefois.

Se poser, pour mieux replonger dans le tourbillon de la vie. Les runes me l’ont pourtant mille fois dit ; et, mille fois, j’ai dédaigné ce conseil.

Deux renaissances… C’était à chaque fois le début de quelque chose de beau et de neuf – même si j’ignorais jusqu’où cela me mènerait.

Oui, j’ignorais, en ce jour gris du 28 février 2017, que tout cela n’était que le prélude d’un été un peu magique, un peu fou, complètement incroyable.

Au fond de nous tous, gît un phénix, un oiseau aux ailes de flammes, qui n’attend que les circonstances propices pour s’éveiller.

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Lectures, Réflexion

Nourrir sa muse

Vous allez sans doute m’accuser de pratiquer la nécromancie ou de me livrer à une dangereuse pratique du spiritisme, mais voilà que j’ai ressuscité la Muse, que j’avais assassinée dans un précédent article. Telle le phénix, elle renaît de ses cendres, le temps que je vous parle de son régime alimentaire si particulier.

Sur la montagne de l’Hélicon, la Muse dans son habitat naturel a l’habitude de faire des agapes d’ambroisie ou de nectar de fleurs. C’est qu’elle est exigeante ! Même une fois apprivoisée, Madame continue d’avoir ses lubies. Sauf que vous, auteur, disposez rarement d’un stock d’ambroisie dans votre sellier. L’artiste moderne est un être pressé, qui, lui-même, se nourrit très mal, de choses qui traînent, qu’il grignote, faute de temps, happé par son écriture et les revendications de ses personnages et créatures de papier.

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Dans ces conditions, la Muse a tôt fait de se sentir négligée, abandonnée. C’est alors qu’elle commence à vous bouder. Elle proteste, elle lambine, elle menace de vous quitter, alanguie dans un fauteuil, cheveux défaits et petit air inaccessible. Vous la suppliez de rester, lui rappelez que, sans elle, vous n’êtes rien. Son sourire se renforce ; elle sait éperdument que vous êtes à sa merci. Elle poursuit ses menaces  pour vous faire céder. En retour, elle vous promet les nuits d’insomnie, la page blanche, la fin de toute inspiration. Elle vous dérobera votre génie ; puis, perfidies accomplies, elle ne se gênera pas pour aller vous faire des infidélités, ailleurs, là où on la nourrira un peu mieux.

Eh oui, la Muse est volage. Pour la garder, il convient d’être vigilant…

Et puisqu’il est interdit, à nous, pauvres mortels, de toucher à la divine ambroisie, mieux vaut rapidement trouver autre chose pour contenter cette Muse aux goûts luxueux…

Nourrir sa muse est une tâche cruciale, qui prend du temps. C’est une besogne pour laquelle on a souvent peu d’intérêt (justement parce que ça prend du temps !)

Mais qu’entendons-nous par nourrir sa Muse, exactement ?

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Il est entendu dans la tradition grecque et dans le monde des Arts, que des entités immatérielles hantent l’esprit des artistes pour leur souffler de nouvelles idées, des passages de leurs œuvres  particulièrement inspirés. C’est ainsi qu’on assiste à d’étranges phénomènes : certains  écrivains témoignent de textes qui semblent s’être écrits tout seuls ; les peintres parlent de paysages jaillis du néant, d’inspirations fulgurantes.

Votre Muse personnelle est ce petit génie qui vous chuchote des choses à l’oreille, assemble pour vous des idées prometteuses et renouvelle votre imaginaire – et a cette propension à vous laisser tomber au pire moment. C’est à partir de vos expériences et de l’atmosphère dans laquelle vous baignez (émotionnellement comme physiquement), de ce que vous vivez et voyez, que vous allez lui apporter un aliment pour qu’elle serve votre Art. Quoi que vous souhaitiez écrire/peindre/inventer, vous ne partez jamais de rien. Prenons l’exemple de l’écriture : vous pouvez compter sur le socle de vos lectures ; et c’est ce qui va vous tenir lieu de point de départ. Si vous êtes un grand amateur de dark fantasy et d’humour Pratchettien (je pense que le résultat aurait de quoi être détonnant xD), il est naturel que vous ayez profité de ces deux grandes influences pour bâtir votre propre style et trouver votre voie.

Une fois que vous avez les fondations et votre style de départ, vous n’êtes qu’au début du voyage. Votre inspiration, pour rester vive, claire et affûtée, a besoin d’être entretenue régulièrement, choyée – nourrie.

Pour nourrir sa muse, il n’y a pas d’autre choix que de fréquenter d’autres auteurs, décortiquer leur style, se fixer mille petits défis pour s’améliorer toujours davantage et tendre dans telle ou telle direction : plus de fluidité, plus de vocabulaire, plus d’humour, etc.

Dans l’idéal, il devrait y avoir des moments que vous consacrez uniquement à l’alimentation de votre Muse, où vous posez la plume pour vous recharger et faire le plein d’idées nouvelles. L’écriture est une alchimie, un art de la lenteur et de la maturité.

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Une chose que j’aime faire, c’est prendre un de mes livres fétiches et lire, lire, lire et encore lire une phrase ou un paragraphe que j’ai apprécié, pour sa musique, les mots employés, l’ambiance qu’il véhicule… Je prends simplement du temps pour lire de manière critique. Pour me poser les bonnes questions : qu’est-ce qui me plaît, chez cet auteur ? Qu’est-ce qui rend sa plume aussi fluide ? De quelle façon construit-il ses phrases ? Comment traite-t-il les scènes d’émotion ou de combat, avec quel rythme dans les phrases, quel type de vocabulaire ?

Lisez. De tout. Aussi bien des articles de botanique que des traités de philosophie ou de psychologie. Sortez de votre zone de confort littéraire. Lisez sur la religion, osez découvrir des auteurs ou des genres que vous n’aimez pas. En écriture comme dans la vraie vie, connaître ses ennemis est un atout. Dévorez tout ce qui passe à votre portée. Oui, tout est utile pour nourrir votre créativité !

Mais parce que l’écriture est aussi un art profondément graphique (écrire un roman, c’est peindre avec des mots), n’hésitez pas à observer autour de vous, à boire la mise en scène des films que vous visionnez, à visiter les musées. J’aime beaucoup lire certains auteurs qui sont également scénaristes ou metteurs en scène : on sent à leur façon de décrire les événements qu’ils ont une conception très visuelle de leur écriture. Chaque scène prend vie d’une manière inédite ; vous vous la représentez très clairement.

Parfois, vous ne trouverez la matière de votre texte que dans la réalité. En sortant la tête de votre livre, en quittant votre bureau enténébré et encombré de miettes de pizza (et vous croyez vraiment que la muse va vous aimer si vous lui offrez une aussi piètre nourriture ?), en marchant dans la nature ou dans la foule, en vous imprégnant de tout ce qui vous entoure : voilà comment vous renouvèlerez votre créativité. Dehors devient une aventure. Ouvrez les yeux et laissez-vous surprendre par…ce que vous voyez ! Cela peut être un immense vol d’étourneaux qui plane au-dessus des champs, un rayon de soleil qui traverse un vitrail avec indolence, le rire d’une petite fille dans la rue, une vieille femme qui se met à danser au son des violons dans le Marais de Paris, un sourire échangé au hasard des rues…

Votre vie devient votre pratique – et votre pratique est une partie de votre vie, dans le sens où elle s’en nourrit.

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Une promenade en forêt ? Notez la luminosité, les ombres qui se brodent sur le sol. Un coucher de soleil ? Observez la façon dont le ciel se diapre de nuances, le liséré bordeaux qui colore les vagues, les reflets de pourpre et d’or qui jouent sur les eaux d’un lac…

Une journée en famille ? Un moment entre amis ? Je sais que certains auteurs rechignent à délaisser leur feuille et leur plume, ne serait-ce que l’espace d’une journée. C’est comme s’arracher une partie de soi-même.

Pourtant, ce n’est pas du temps perdu…

Nous avons aussi besoin de recharger les batteries émotionnelles ; d’éprouver et de vivre des émotions authentiques et brutes pour les retranscrire de la manière la plus juste possible dans nos récits.

Je sais que la musique joue chez moi beaucoup ce rôle de « nourriture émotionnelle ». J’ai déjà vécu des expériences quasi-mystiques, lors de concerts, où il me semble « disparaître » dans la musique, le temps d’une chanson. Quand je rouvre les yeux, j’ai un moment d’étourdissement et de surprise : je ne me rappelai plus être au milieu de la foule, sur cette place, devant la scène, ni de la présence de mon cousin à mes côtés.

J’ai été transportée dans un autre monde.

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Le lendemain de ces concerts, même si j’ai peu dormi, je suis en général emplie d’une saine et puissante énergie. Toute mon écriture, notamment si elle s’était faite un peu laborieuse les jours passés, redevient fluide et aisée. Quel bonheur !

Alors, si la muse vous déserte et vous boude… Maintenant, vous avez trouvé votre ambroisie : buvez le monde tout autour de vous, apprenez à (oser)  puiser en vous, et la Muse deviendra votre meilleure amie !

L’écriture est un constant va-et-vient entre intériorité, celle de votre univers personnel, et extérieur, celle du vaste monde et de la société.

Que votre plume reste affûtée ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

Contes & histoires, Développement personnel, Lectures, Réflexion

Les huit commandements de l’auteur heureux et productif

Pourquoi est-ce que ce maudit projet n’avance pas ? Vous avez le scénario en tête, des pages et des pages de notes préparatoires. Ce n’est même pas le temps qui vous manque ; si vous étiez de bonne foi, vous sauriez qu’au lieu de traîner trois heures par jour sur Internet, vous pourriez écrire davantage et vous sentir plus satisfait. La vérité, c’est que vous persistez à vous fuir. Pourquoi ? Pourquoi tout processus créatif est-il si douloureux et nous met face à mille craintes qui ressortent soudain : suis-je doué ? Est-ce que ce ne sera pas du temps perdu ? Quelle est ma légitimité pour écrire une histoire/nouvelle/roman ?

Et, pire que tout : à quoi bon ?

Je ne prétends pas répondre à ces questions, lesquelles ont forcément une réponse personnelle (en tout cas, sachez que tout Art, quel qu’il soit, vaut la peine d’être déployé. C’est votre moyen d’expression, votre manière d’être au monde ; n’ayez pas honte de prendre du temps pour vous et pour vous exprimer !), mais voici quelques humbles conseils pour éviter les écueils de l’écrivain torturé qui se fuit lui-même – parce qu’il se juge sans cesse.

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Voici 8 les commandements de l’auteur productif et heureux !

 

A chaud, tu ne te reliras point :

Vous venez d’écrire deux pages sous le coup d’une brusque flambée d’inspiration. A priori, vous êtes plutôt content de la moisson du jour…jusqu’à ce que vous vous relisiez. Vous grimacez. Bon sang, mais qu’est-ce que cette tournure est mauvaise… Cette phrase ne veut rien dire. Le manque de vocabulaire vous afflige. Vous pataugez dans un marécage d’expressions sans queue ni tête. Et soudain, tous vos efforts se retrouvent engloutis sous une vague de découragement. A quoi bon l’inspiration, si tout ce que vous écrivez est aussi mauvais ?

C’est ce que j’appelle le piège de la relecture. Nous y sommes tous soumis, je pense, à des degrés divers. Et il n’y a rien de pire pour la confiance en soi qu’une relecture qui vous décourage de l’écriture… Votre esprit critique s’empare du moindre défaut, qu’il grossit démesurément.

Nous ne sommes jamais plus mauvais juges qu’à chaud, directement après l’écriture d’un passage. Au lieu de nous laisser aller à la critique impitoyable, mieux vaut laisser tomber la relecture, rester sur notre première impression (la meilleure, celle que nous avions pendant que nous écrivions) et laisser passer un peu de temps ; idéalement quelques jours. Le mieux serait presque d’enterrer le texte. Et d’y revenir après l’avoir pour ainsi dire oublié – avec un regard neuf. Ainsi, vous serez constructif, et non piégé par des critiques contre-évolutives.

Tu ne te jugeras point :

Nous avons tous des mentors en écriture, plus ou moins assumés. Si vous voulez tout savoir, les miens se nomment Barjavel, Oscar Wilde et Charlotte Brontë. Nous avons tous des idoles, des auteurs dont nous jalousons un peu le style et la tournure aisée… Le piège est le suivant : vouloir se comparer aux grands auteurs. En comparaison de leur maîtrise de l’écriture, nos propres productions apparaissent soudain bien pâles. C’est le malaise, la honte, le découragement. A quoi bon écrire si on n’est pas Victor Hugo ?

(comme il n’y a eu qu’un seul Victor Hugo, plus personne ne devrait plus jamais rien écrire. Imaginez, avant lui, que Victor Hugo se soit désespéré de ne pas égaler le génie de Virgile et qu’il n’ait jamais rien produit… ?)

Justement, vous n’êtes pas Victor Hugo : vous êtes vous. Et c’est tant mieux. Source d’inspiration plus que source de malaise, nos mentors en écriture ne devraient jamais nous complexer.

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Le critique intérieur tu renverras :

Même combat. La petite voix insidieuse qui soupire en vous que vous manquez de talent et qui vous bride… Appelez-le comme vous voulez, je le surnomme pour ma part « le critique intérieur ». En l’occurrence, je trouve que l’expression s’applique très bien à la situation. Il s’agit de cette instance de votre être qui commente tout ce que vous accomplissez, souvent sans une ombre de bienveillance (et sans objectivité non plus…). Au lieu de vous servir, ses remarques vous découragent et vous détournent de votre tâche. Parce que nous y sommes toujours vulnérables, parce qu’on n’y est jamais complètement immunisés, parce qu’il y a des jours où il reprend le dessus, écrivez sur un post-it de votre bureau, en lettres capitales : VOUS N’ÊTES PAS VOS PENSEES. Imprimez-le. Faites-vous-en un mantra. Chantez-le sur tous les tons… Le critique intérieur ne devrait jamais triompher, justement parce que…il ne vous sert à rien. La critique d’un ami, les reprises d’un bêta-lecteur : elles sont précieuses. Mais les geignements incessants de cette petite voix qui vous fait douter de tout, à commencer par vous… Non !

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La page blanche ta meilleure amie sera :

Ah, la fameuse page blanche. Quintessence du vide, de la peur de n’être plus bon à rien, de ne plus savoir qu’écrire, d’avoir le poignet rouillé, de… Ah, ça vous dit quelque chose ?

Nous avons tous des moments de passage à vide. Où rien ne vient. La tension monte. Les phrases raturées s’enchaînent les unes aux autres. L’esprit s’emballe. Pourquoi est-ce que j’écris, au fait ? Qu’est-ce que je fais-là ? Et si je n’y arrivais plus jamais ? Et si… Stop.

Et si cette brave page blanche devenait votre meilleure amie ? Rien ne vient ? Quelque chose vous bloque. Ou alors, la scène que vous voulez écrire refuse de se matérialiser sur le papier. Très bien. Partant du principe que le vide est fécond, détournons cette maxime bouddhiste à notre avantage. Revenez aux basiques. Laissez tout tomber, sortez inhaler quelques bouffées d’air frais puis, la plume comme l’emblème d’un guerrier des mots, reprenez votre poste.

Ecrivez tout autre chose. En général, quand on n’arrive à rien, c’est qu’on se bloque soi-même. Pour ce faire, rien de tel que l’écriture au fil de la plume. Ecrivez tout ce qui vous vient à l’esprit qui pourrait faire suite à ce début d’histoire, le plus basique et le plus ouverte possible : « Alors que vous vous promenez dans la forêt, vous entendez soudain des sanglots. Vous vous approchez pour découvrir… » Et laissez parler l’imagination, sans prise de bec avec vous-même ou votre critique stylistique intérieur. Juste laissez couler.

D’ici un quart d’heure, vous vous serez sans doute débloqué et pourrez peut-être envisager la scène qui vous bloquait avec un œil nouveau, reposé.

Tu ne te disperseras point :

Ah, Internet. Les mille onglets ouverts. Les stimulations permanentes. Les notifications qui s’enchaînent. Les sms. Le téléphone qui sonne. Le chien qui vous supplie de sortir… Les tentations pour vous détourner de votre chemin d’auteur sont innombrables. Le péril est d’y céder, trop souvent, trop fréquemment. Vous pensez que votre cerveau peut assumer plusieurs tâches à la fois, répondre au téléphone, écouter de la musique, discuter avec untel et rédiger telle ou telle scène en même temps. En vérité, il ne cesse de sauter d’une activité à l’autre. Résultat : vos pensées défilent, se mélangent, vous manquez de concentration. Votre cerveau déteste ça. Et comme cette scène ne vous emballe pas des masses, vous partez discutailler avec untel à la place. Résultat ? Vous avez écrit 30min sur les deux heures initialement prévues. Pas très bon pour l’estime de soi, ça non plus. Si vous voulez être efficace et au meilleur de vos capacités, il est important de vous mettre à écrire et rien qu’à écrire pendant un temps consacré à cela. Si c’est une demi-heure, tenez-vous-y. Deux heures aussi. Plongez dans le texte, immergez-vous dans les mots. Vivez ce que vous écrivez. Et si le critique intérieur frappe à votre porte, renvoyez-le comme vous le feriez d’un démarcheur téléphonique.

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L’inspiration tu revaloriseras :

Voilà un parti pris de ma part, sans doute, mais je pense que l’écriture sans une part de folie, d’inspiration, de quelque chose de créatif et d’un peu inexplicable, ressemble à un gâteau au chocolat sans chocolat. Il manque quelque chose ; vous vous demandez quoi (un peu, beaucoup, passionnément, à la folie), mais vous mangez quand même. Je pense qu’on ne peut pas tout contrôler, dans le processus d’écriture. J’en parlais dans un article sur le flow, mais si vous tentez de tout maîtriser, vous passerez à côté de l’essentiel. De temps en temps, pratiquez en vous détachant de vos notes, laissez-vous transporter ou surprendre au détour d’une phrase… Ré-enchantez votre pratique !

Du plaisir tu y prendras :

Tout est dit, non ? Jouez avec les mots ! Jouez avec vos personnages ! Peaufinez votre histoire et votre monde ! Si votre pratique est un jeu, vous ne vous ennuierez jamais. Tant que vous êtes passionné, vous risquez moins de souffrir d’un manque d’inspiration. Une scène vous ennuie ? Essayez de la voir sous un jour nouveau. Envisagez-la autrement. Amusez-vous avec les clichés !

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Se jeter dans les mots tu devras :

La première phrase, celle qui déterminera du reste de votre texte… Vous passez des heures à la chercher, à la faire aussi parfaite que possible… Les ébauches s’accumulent avec les ratures. Rien à faire, elle ne vous satisfait pas.

Je crois qu’en matière d’écriture, il faut se résigner à l’imperfection du début, jusqu’à la fin. Comme les premiers chapitres d’un roman sont ceux qu’on retouche le plus, les premières lignes d’un texte sont pareillement soumises à la merci de vos critiques. Soyez doux avec vous-même. Ne vous focalisez pas trop là-dessus ; de toute manière, vous y reviendrez, à ce début. Alors, plongez dans le texte. Le début étant susceptible d’évoluer avec l’histoire/le texte, faites-vous violence pour n’y revenir qu’à la fin du chapitre. Là, vous saurez vraiment où vous souhaitez en venir ; vos corrections et retouches seront alors efficaces.

Si vous avez du mal avec les débuts, un conseil qui est une méthode partagée par pas mal d’auteurs : sautez à pieds joints dans une scène. Dispute, conversation, voyage… Laissez les impressions se déployer autour de vous et planter le décor.

 

Voilà, j’espère que ces petits « commandements » vous auront plu/éclairé de la lumière de votre muse !

En attendant, je vous souhaite à tous une délicieuse soirée ♥

Tendrement vôtre,

Eve.

Beauté, Réflexion, Recettes magiques

Faut-il avoir peur du soja ?

Entre le tofu, le tempeh, le lait de soja et les protéines de soja, le marché est envahi de produits dérivés de ce petit haricot nommé soja. Il s’agit d’une plante cultivée et consommée depuis des millénaires et qui, cependant, passionne aujourd’hui les foules.

Dans le milieu de la cuisine saine, on vante les vertus du tofu ; il est décrié à la télévision, brandi comme un pâle cliché du végétarisme.

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Bref, une légumineuse sujette à de nombreuses polémiques. Glycine max, prosaïquement nommé « soja jaune » (à ne pas confondre avec le haricot mungo (Vigna radiata), la plante que l’on fait germer pour obtenir les fameuses « pousses de soja » qui…ne sont pas du soja !) était déjà considéré en Chine comme l’une des cinq plantes sacrées, près de trois millénaires avant notre ère. Soja, riz, blé, orge, millet étaient alors la base de l’alimentation chinoise.

Depuis, la petite graine a fait son chemin dans le monde entier, s’implantant peu à peu dans le reste de l’Asie, jusqu’à être introduite dans la gastronomie traditionnelle de nombreux pays. Son arrivée aux Amériques et en Europe s’avère relativement récente, car le soja n’est apparu sous forme de préparations diététiques ou de boissons infantiles qu’à l’extrême-fin du XIXème siècle (voire début XXème).

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De nos jours, une très large partie de la production de soja est destinée à nourrir le bétail, sous forme de tourteaux. Une autre partie, transformée et achetée sous forme fermentée de miso, de tempeh ou de tofu, est destinée à l’alimentation humaine. Sa richesse en protéines complètes (elles renferment les huit acides aminés que le corps ne sait pas synthétiser), en lipides (oméga 6) et sa relative pauvreté en glucides en font un aliment de choix pour remplacer les produits carnés, lorsque l’on est végétarien ou végétalien, ou simplement quand on souhaite diminuer ses apports de viande ou de poisson. Son profil nutritionnel est tout à fait équilibré ; en plus de contenir des nutriments intéressants, le soja est également riche en vitamines et oligo-éléments.

Pourquoi cette crainte de consommer du soja, alors ?

Les coupables sont une substance retrouvée dans la fève de cette légumineuse, les fameuses phyto-hormones dont vous avez forcément déjà entendu parler.

Futura-science donne la définition suivante des phyto-hormones :

« Hormone végétale. Substance biologique hautement active qui régule la croissance et le développement des plantes. Certaines agissent en tant que vecteur d’information pour réagir aux stress environnementaux (stress hydrique, attaque par des herbivores…), voire pour communiquer entre plantes. »

(Si vous souhaitez une explication plus complète et plus scientifique, rendez-vous sur http://www.universalis.fr/encyclopedie/phytohormones-hormones-vegetales/)

Parmi ces phyto-hormones, le soja renferme notamment des isoflavones, dont de la génistéine, la daidzéine et la glycitéine. Ces substances exercent une forte activité antioxydante sur le corps humain. Leur structure est similaire à celle des œstrogènes, hormones emblématiques du cycle féminin, dont elles miment l’action. Elles sont bel et bien actives sur le plan hormonal, et se fixent, au moins en partie, sur nos propres récepteurs hormonaux. Il faut préciser que leur activité hormonale est cependant de 1000 à 10 000 fois inférieure à celle de nos hormones endogènes.

C’est là que cela devient intéressant : les isoflavones entrant en interaction avec nos propres productions hormonales, elles exercent un effet régulateur sur notre équilibre hormonal. Par exemple, si votre organisme produit trop d’œstrogènes, les isoflavones vont en partie bloquer leur synthèse et leur assimilation. A l’inverse, en cas de carences, les isoflavones vont agir positivement sur le corps et permettre de combler les manques.

C’est aussi de là que sont parties les rumeurs sur la nocivité du soja en cas de cancer, et notamment de cancer du sein hormono-dépendant. Certaines hormones, dont font partie nos œstrogènes, exercent en effet une action de croissance sur les cellules cancéreuses. A l’inverse, certaines études (Nagata C., Mizoue T. et coll. Soy intake and breast cancer risk: an evaluation based on a systematic review of epidemiologic evidence among the Japanese population.) ont démontré l’action protectrice des phyto-œstrogènes, qui permettraient la destruction partielle des cellules cancéreuses.

Vous le voyez, la réalité n’est ni blanche, ni noire, mais bien plus complexe que cela…

Les allégations pro ou anti-cancer du soja sont souvent fondées sur une confusion entre œstrogènes et phyto-œstrogènes. S’y ajoute une certaine méconnaissance de leur rôle d’action dans l’organisme. Loin de moi l’idée de trancher (qui suis-je pour cela ?) et de penser à votre place. Cependant, je vous laisserai quelques utiles informations sur la fréquence de cancers du sein en Asie, pays qui est un grand consommateur de soja depuis des siècles : là-bas, les femmes ne sont pratiquement pas touchées par ce fléau.

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Pourquoi ?

Tout simplement parce que tous les produits dérivés du soja ne se valent pas.

En Asie, la consommation de soja est certes régulière, mais elle excède rarement les 50g par jour. En outre, le soja est presqu’exclusivement consommé sous sa forme fermentée : tofu, miso, tempeh. La fermentation, en effet, fait drastiquement baisser le taux d’isoflavones contenu dans le soja. A l’inverse, le lait de soja, une des formes les plus courantes sous laquelle on consomme le soja en Occident (et pour ainsi dire inconnu en Asie) est extrêmement riche en isoflavones !

Sachez en outre que le soja, sous sa forme non-fermentée, est très riche en substances anti-nutritionnelles : les lectines et l’acide phytique sont des substances produites par la graine pour empêcher sa germination en l’absence de conditions propices. Sans trempage ni fermentation, ces substances sont toujours présentes dans la graine que vous consommez. Au moment de la digestion, les lectines et l’acide phytique agissent en se collant aux oligo-éléments, type calcium et magnésium, dont l’assimilation est entravée par la muqueuse intestinale.

Comment consommer le soja ?

Comme toujours, prudence et parcimonie sont de mise. Ne pas en faire une consommation trop importante (ne pas oublier qu’en Chine, il est vu comme condiment ; en outre, les Asiatiques sont habitués à en consommer depuis des millénaires. Forcément, cet aliment est mieux adapté à leur organisme qu’au nôtre !) et, surtout, éviter de boire trop souvent du lait de soja, extrêmement riche en isoflavones et en facteurs anti-nutritionnels. Ce conseil s’applique à tous, mais plus particulièrement aux femmes enceintes, enfants et femmes souffrant de cancer hormono-dépendant.

En revanche, le soja sous sa forme fermentée (miso, tempeh, lacto-fermenté) ne présente pas de risque, la fermentation débarrassant l’aliment de ses facteurs anti-nutritionnels et d’une partie des phyto-oestrogènes ; il présenterait au contraire une action protectrice et régulatrice du système hormonal.

Paracelse ne disait-il pas déjà pas que “ Tout est poison et rien n’est sans poison; la dose seule fait que quelque chose n’est pas un poison. ” ?

Contes & histoires, Développement personnel, Réflexion

L’art du flow dans l’écriture

Lorsqu’on écrit, on explore ses mondes intérieurs, on crée une réalité qui n’appartient d’abord qu’à nous. On la met au monde ; et, alors, libre à nous de la partager (ou non), avec des lecteurs. A partir du moment où les mots ont été déposés dans leur écrin de papier, ils ne nous appartiennent déjà plus vraiment. Je ne sais pas si vous avez déjà éprouvé cette sensation, vous qui créez ou écrivez : au bout d’un moment, vous faites corps avec votre stylo, votre pinceau, ou votre outil. Votre conscience et votre volonté se dérobent ; les personnages prennent consistance. Soudain, ce sont eux qui décident de leurs actes à votre place, et vous les observez évoluer, un peu surpris de ce que votre esprit a enfanté.

Cet état dans lequel l’esprit s’efface, d’heureuse communion avec la tâche que l’on effectue, porte un nom ; la psychologie positive l’a nommé le « flow ». A ne pas confondre avec le « stream of consciousness » (parfois appelé « flow » ou « flood of consciousness ») ! Cette technique littéraire popularisée par Virginia Woolf ou James Joyce consiste, dans un récit, à adopter un point de vue interne qui se veut la retranscription fidèle de toutes les pensées et états d’âme qui absorbent un personnage.

Qu’est-ce le flow ?

Non, le flow est un état découvert par le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi (à vos souhaits). Pour la petite histoire, ce terme est apparu en 1975, suite à des recherches menées par le professeur sur la créativité. Décrit comme le sentiment de se laisser porter « par une rivière », le flow exprime cette capacité à s’immerger complètement dans une activité. Joie de vivre, expérience suprême, concentration intense, sentiment d’accomplissement, distorsion de la perception du temps… Voilà quelques termes utilisés pour qualifier le flow. Toutes les ruminations disparaissent ; vous laissez une énergie douce mais puissante vous porter, et la créativité afflue alors en vous.

Les personnes qui parviennent le plus souvent à susciter cet état quasi-méditatif disent retirer plus de satisfaction de leur vie de tous les jours. En instaurant un sain détachement avec leurs pensées, elles parviennent à se libérer des schémas de pensées négatives ou des vieilles habitudes obsolètes. Aide thérapeutique contre la dépression ou le chagrin ? Nous savons tous que l’Art nous reconnecte à nous-mêmes et ensoleille notre vie…

Mais ce fameux flow, même s’il décrit un état souvent vanté par les philosophies orientales, est un état de conscience à la portée de tous. Naturellement, nous sommes tous happés par notre propre flow, au cours de la journée. Nous ne nous en rendons pas compte, la plupart du temps.

Vous l’aurez compris, le flow ne concerne pas que les disciplines artistiques. Vous l’éprouvez en faisant le ménage, la vaisselle, en courant ou au milieu de vos asanas, en chantant, en conduisant…

En revanche, il existe quelques petites techniques pour parvenir à cet état de bienheureuse « transe artistique ».

Je sais qu’il n’est pas toujours possible de se créer un endroit dévoué à sa pratique, quelle qu’elle soit (peinture, écriture, sculpture, yoga… Toute pratique créative qui met en lien avec la source de sa créativité). En revanche, vous pouvez faire de votre pratique un moment sacré. Et tel est mon premier conseil :

  1. Rendre sa pratique sacrée :

Qu’il s’agisse d’un instant pour vous recueillir en vous-mêmes, de quelques profondes respirations, ou même d’un Pranayama (celui de la respiration alternée, qui équilibre cerveau gauche et cerveau droit, me paraît tout à fait conseillé avant un exercice d’écriture), commencez toujours par poser une intention. Comme au début de votre séance de Yoga. Pourquoi travaillez-vous, aujourd’hui ? Pourquoi prenez-vous la plume ? Ne laissez pas la routine s’installer dans votre pratique. Gardez l’esprit clair, affûté, sur vos objectifs ; entretenez l’esprit curieux et ouvert du débutant. Et laissez-vous surprendre… Les moments où vous écrivez, peignez, jouez de la musique sont sacrés, parce qu’ils sont vôtres : un espace d’expression, où vous êtes vous-même. Chérissez-les. Alors, l’espace et le temps-mêmes de votre pratique deviennent un sanctuaire dans lequel se plonger.

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  1. Prendre le temps :

Tout Art demande du temps et de la patience pour s’épanouir. Les grands maîtres yogis ou ceux qui pratiquent les arts martiaux le savent : il n’est jamais trop de toute une vie pour apprendre à connaître son Art. Pour maîtriser les codes d’une cérémonie du thé, on dit qu’il faut quinze ans de pratique. Dans notre société où tout va trop vite, cette persévérance est loin d’être une valeur attendue. On recherche avant tout la rapidité, la productivité, la superficialité. C’est faux. L’écriture est un art de la maturité. Le style demande des années pour se forger, et il évolue sans cesse, avec vous. Il se nourrit de vos lectures, de vos rêves, de votre quotidien, de votre expérience. Chaque jour, prenez un peu de temps, ne serait-ce que vingt minutes, pour tenir un journal, de vos rêves, de votre quotidien, noter quelques idées, des impressions, un texte. C’est votre fil, votre lien avec votre pratique d’écriture ; ce qui fait de vous un Artiste. Même au milieu du quotidien, vous êtes relié à votre nature créative, toujours. Alors, ce temps, prenez-le, avec le sourire, avec rigueur – pour vous.

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  1. Instaurer une habitude :

L’être humain aime les rituels. Ce que je vais dire ici peut sembler contradictoire avec ma première entrée ; et pourtant ! Si vous écrivez chaque jour à la même heure, en conscience, votre cerveau finit par se mettre en condition à ce moment de la journée. Il sait – et vous savez – qu’il s’agit de votre moment, à vous. Les habitudes nous permettent tout simplement de gagner du temps, et de l’énergie. Au lieu de remettre en question votre emploi du temps, de trouver une demi-heure bancale entre une lessive et une séance de sport, qui sera tronquée par des coups de fil ou les obligations du quotidien, instaurez-vous un moment dans la journée, une plage libre, qui sera dévouée à l’écriture. Pendant ces vingt minutes, vous pénétrez dans votre monde ; les contingences matérielles n’existent plus. Vous déconnectez de tout le reste. Dans ces conditions, vous atteindrez plus facilement votre flow que si vous êtes préoccupé par mille choses, sans cesse.

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  1. Se laisser surprendre :

Dans notre monde, nous avons l’habitude de tout prévoir et tout planifier à l’avance. Les menus sont épinglés sur le réfrigérateur pour la semaine ; notre emploi du temps est rigoureusement fixé, rythmé par l’inflexible pendule ; nos vacances sont organisées avec une rigueur qui interdit la flânerie. Cette obsession du contrôle peut se retrouver dans notre pratique…et complètement nous empoisonner. Pour peu que vous écriviez un roman, une nouvelle, ou que vous travailliez sur un projet structuré, il est logique (et même préférable) d’avoir un plan, un scénario, des événements définis à l’avance. Cependant, de grâce, ne cherchez pas à tous prix à tout faire rentrer dans les limites froides et bornées d’un plan ! Laissez-vous surprendre ! Laissez-vous des moments pour vous exprimer et écrire au fil de la plume ! Renouez avec votre créativité, sa folie, son chaos. Elle est imprévisible, et merveilleuse ainsi. Prévoyez des exercices où vous vous soustrayez de ces contraintes scénaristiques. Juste pour le plaisir d’écrire. N’importe quoi ; une scène, un poème, une pièce de théâtre. Ce qui vous fait du bien.

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  1. Créer une ambiance d’écriture :

Je crois que c’est une expression que l’on m’entend souvent prononcer « une ambiance d’écriture ». Mais qu’est-ce que cela désigne exactement ?

Ecrire, c’est créer une ambiance et un monde. Pour mieux vous immerger dans votre petit univers, je vous recommande de vous créer toute une ambiance. Promis, tisane, bougie, musique accordée aux émotions que vous souhaitez transmettre dans votre passage ont toute une influence sur le résultat de votre création. En agissant sur vous, vous agissez sur ce que vous créez… Certains préféreront le silence, sans fioritures ; d’autres aimeront glisser une petite musique en fond. D’autres, encore, auront besoin de susurrer une mélodie, de s’en imprégner, ainsi que de tout ce qu’elle dégage, avant de se mettre au travail. N’oubliez pas : tout ce que vous êtes ou tout ce que vous faites nourrit votre pratique…

Si le sujet vous intéresse, je parlerai plus amplement des « ambiances d’écriture » dans un autre article – c’est un Art à part entière, un moyen de rejoindre réel et mondes intérieurs !

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  1. Ne pas se juger :

Être bienveillant envers soi. Voilà une phrase que l’on entend souvent, et qui rejoint le conseil donné par Fabrice Midal, comme une formule ou un mantra détonnant : « fichez-vous la paix ». Dans le sens où vous cessez de chercher la petite bête, de vous mettre en mode « autocritique sévère » pendant que vous pratiquez. Evidemment que votre texte sera toujours perfectible. En revanche, sans cesse reformuler, se désespérer parce que vous ce paragraphe ne ressemble à rien, parce que vos formulations patinent et s’enlisent…ne servira qu’à vous détourner de votre pratique. Ecrivez. Faites. Et, seulement quand vous avez terminé, prenez un petit moment pour vous relire. Regardez avec des yeux bienveillants le fruit de votre travail du jour – en toute honnêteté. Peut-être qu’en effet, vous n’étiez pas très en forme, qu’il faudra retravailler ci ou cela…mais cela fait partie de la pratique. Cela vous donne une idée de ce sur quoi vous devrez travailler ou vous concentrer le lendemain. Vous êtes dans une perpétuelle évolution. Mais ne vous dites jamais que ce que vous faites est nul. Demandez des avis extérieurs, focalisez-vous sur des objectifs, concentrez-vous sur les bienfaits de votre pratique. Partez de là où vous êtes. Chaque texte est un voyage. Concentrez-vous sur l’essentiel et ne vous jugez pas trop sévèrement.

Le « flow » est un moyen de prendre soin de son intériorité et de son esprit. Cette technique est considérée comme une thérapie – à la façon d’une méditation créative. Ne vous sentez pas frustré, si votre « flow » n’est pas parfait. C’est comme la méditation : plus vous cherchez à atteindre cet état, plus il vous échappe, comme une poignée de sable dans les mains d’un enfant. Ne le cherchez pas. Soyez ; œuvrez, créez, glissez de la joie dans votre pratique…et vous en ressortirez ressourcé, tout simplement.

Voilà, j’espère que ces quelques conseils vous motiveront dans votre pratique de l’écriture, ou dans votre Art ♥

Si vous avez d’autres habitudes, des moyens d’atteindre votre « flow », je serai heureuse de les connaître !

Que votre matinée soit douce ♥

Eve.

Forêts & nature, Nature & balades, Réflexion

Trésors d’Imbolc

Je l’ai pour la première fois rencontrée il y a des années. Son teint avait encore la pâleur de l’hiver, mais dans ses yeux, brillait une lueur douce et précieuse ; une promesse de verdure et de bonheurs à cueillir.

Dans les bois, il arrive qu’elle se laisse apercevoir entre deux troncs, sourire taquin, silhouette alanguie contre un chêne. Elle aime, quand elle est sûre d’avoir capté l’attention, s’enfuir par des sentiers indiscernables, qu’aucun humain ne peut connaître. Le son de ses pas est étouffé par la mousse et la couche de feuilles déposée par la morte saison. Et pourtant, sous ses pieds menus, on discerne de tendres pousses vertes, crocus, perce-neiges, fleurs précoces, qui percent le sol gelé. Dans les arbres autrefois muets, retentissent des froissements d’ailes, des pépiements, une symphonie qu’on avait cru perdue.

Chaque année, le monde sait comment renaître. Et chaque année, notre émerveillement est intact.

Chaque année, Imbolc aux joues de printemps paraît et sème la vie sur son chemin. Suivez-la, suivez les flambeaux de sa lumière. Vous pourriez être surpris du résultat…

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Elle a nom Imbolc. C’est à peine une enfant, vêtue de guenilles et cependant aussi belle et fraîche que le jour. Sa courte chevelure danse dans le vent ; ses mains sont tièdes et guérissent les crevasses de l’hiver. Elle apporte le printemps dans ses bras. Lorsque la belle saison des danses et des prairies fleuries sera venue, Imbolc deviendra Beltane, une jeune fille au déhanché séduisant. Elle sait qu’à l’été, moissons dorées dans les champs, pour Lugnassad, elle enfantera la prochaine récolte, et qu’à Samhain, elle devra s’allonger dans sa clairière dans la forêt, sous sa couche d’humus, et patienter tout l’hiver, jusqu’à ce que la lumière se fraie chemin jusqu’à elle. Mourir, car chaque sommeil est une petite mort. Puis renaître.

Danse de la vie, cycle immuable.

Enfant, jeune fille, mère et vieille femme.

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Pour nous, le monde dort encore. Pourtant, le mois de janvier, aussi froid a-t-il été, apporte déjà de sensibles changements dans l’atmosphère. Il y a cette lumière qui se prolonge chaque soir un peu plus ; le bleu des ciels ; et les oiseaux qui semblent crier aux citadins, trop pressés pour remarquer ces modifications : « Regardez ! Tendez l’oreille ! Mais n’entendez-vous pas ? N’entendez-vous pas nos chants ? Nous célébrons les prémisses du printemps, de la vie qui revient ! »

Pour les Celtes, le printemps était précoce et débutait dès le premier février ; on appelait cette date Imbolc, mot qui signifie « lait de brebis », car c’était la période à laquelle les premiers agneaux naissaient ; mais on l’appelait aussi Brigantia, en référence à Brigid, la Grande Déesse aux Trois Visages du panthéon celtique.

Cette journée est toujours pour moi un peu spéciale. Ce matin, j’ai passé un long moment sur mon tapis de Yoga, puis à promener un bâton d’encens et ses volutes de fumée bleue, dans ma chambre enténébrée. J’ai murmuré au ciel indigo des envies de bonheur, de changement, j’ai posé de nouvelles intentions pour le mois à venir. Même si la grisaille règne et que les arbres sont nus, j’admire le ballet des oiseaux. Je guette les premières pousses, caresse les bourgeons sur les branches des arbres. Je respire…

Et surtout, je cuisine un petit quelque chose… Des pains dodus à l’avoine pour évoquer le retour prochain du soleil. Et le lendemain, le 2 février, parce que la Chandeleur a une ascendance celte, nous cuisinons toujours des crêpes. A demain pour une recette de crêpes pour ensoleiller votre cuisine ? Et enchanter votre palais…

En attendant, prenez du temps pour vous, pour vous reconnecter à la nature et à la force de vie assoupie en vous, qui s’éveille lentement de l’engourdissement hivernal. Offrez-vous le temps de rencontrer la mystérieuse Imbolc…

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